«Star Académie» : Comment Romie a aidé Joël Vogt à composer une chanson sur son premier album country
L'album «Pour me trouver» de Joël Vogt sera disponible à compter du 4 juin, avec le magazine hors série country d'«Échos Vedettes».
Samuel Pradier
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Après une année de bouleversements dans sa vie, Joël Vogt a choisi de se raconter sans filtre dans son premier album, Pour me trouver. Il révèle des chansons profondément intimes et personnelles, écrites avec plusieurs collaborateurs, dont son amoureuse, Romie, qu’il a rencontrée à Star Académie.
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Joël, à quoi peut-on s’attendre avec ce premier album ?
Je suis un gars qui écoute tous les styles de musique country. C’était un peu difficile pour moi d’aller dans une seule direction pour un premier album. J’aime le folk country, mais j’ai aussi une chanson à la Chris Stapleton, plus blues rock. J’en ai une autre dans le style honky tonk. Je reste dans le country, mais je touche un peu à plusieurs styles.
Avec le recul, que t’a apporté ton expérience à Star Académie?
Je faisais des spectacles dans les bars en tant que chansonnier depuis 2 ou 3 ans. J’aimais beaucoup ça. Je travaillais à la ferme et, dès que j’avais fini mon train du soir, je prenais mon char pour aller faire un spectacle. Je revenais le matin tôt pour travailler. Je devais tout le temps entrer ça dans mon horaire. Mes parents voyaient la musique comme un passe-temps ; ce n’était pas sérieux pour eux. Mais j’ai toujours voulu faire ma propre musique. Je savais qu’un jour, j’allais faire un album, il me manquait juste le petit coup de pied dans le derrière. Star Académie m’a sorti de ce cycle. Je me suis dit que c’était le bon moment pour le faire.
Comment ont réagi tes parents à ce changement ?
En fait, ils ne me voyaient jamais faire de la musique. Ils me voyaient partir de la ferme pour aller en faire ailleurs, mais ils n’en étaient pas témoins. Lors des galas de Star Académie, ils ont vu ce que je vivais, ils m’ont vu évoluer là-dedans. On gère la ferme ensemble, encore maintenant, même si je me suis un peu retiré. Mais j’habite encore en face et je trouve ça important d’être là pour eux. Ils m’ont finalement encouragé à essayer la voie de la musique. Que mes parents me disent que je devais essayer, ça m’a touché ; il n’y a personne d’autre qui pouvait me convaincre davantage. Je leur ai dit que j’étais là pour les aider au besoin, mais ils veulent que je me consacre à lancer ma carrière.
Comment sont nées les chansons de cet album ?
J’ai travaillé avec différents collaborateurs, comme Fred Dionne, Vince Lemire ou Jay Kutcher, par exemple, pour la chanson titre. Je dis souvent que je n’ai pas vécu grand-chose, parce que je suis toujours resté sur la ferme. Je connaissais juste la routine de travailler et travailler. Le gros changement dans ma vie s’est fait dans la dernière année. Je raconte donc des histoires personnelles sur la manière dont je vis ça, où j’en suis rendu.

Pourquoi ce titre, Pour me trouver ?
Je me suis beaucoup cherché dans la dernière année, autant émotionnellement que physiquement. J’ai toujours eu un chemin tracé, mais finalement j’en prends un autre complètement différent. Je ne sais pas si je me suis trouvé ; je pense qu’on n’a jamais la réponse. Disons que je me suis trouvé pour le moment, mais j’habite encore en face de la ferme et, chaque jour, je vois les activités continuer. Je me demande toujours si j’ai fait le bon choix. Ce n’est pas un regret, parce que je suis vraiment content de me lancer dans la musique, mais il y a toujours un sentiment de culpabilité. Je l’ai toujours eu. Dès que je n’étais pas chez nous en train de travailler, ce sentiment revenait. Je pense que tous les agriculteurs l’ont dès qu’ils sortent de chez eux.
Tu as aussi écrit une chanson importante au sujet de ton père...
Oui, je fais le parallèle entre le patron et le père. Toute ma vie, j’ai trouvé cette situation difficile à vivre, parce que je travaille depuis que je suis jeune. Je considère mon père presque plus comme mon patron. Le texte est très personnel et assez frontal ; je dirais que c’est certainement la chanson la plus personnelle et celle qui me stresse le plus. (N.D.L.R.: Au moment de l’entrevue, le père de Joël n’avait pas encore écouté Hey p’pa, et il anticipait sa réaction.) Je pense que les fils d’agriculteurs vont se reconnaître en écoutant cette chanson.
Romie et toi formez maintenant un couple, mais vous avez aussi écrit plusieurs chansons ensemble pour cet album. Comment cela s’est-il passé ?
Avant, je gardais mes émotions pour moi. Je n’avais pas besoin de dire comment je me sentais, ce n’était pas important. Star Académie m’a débloqué sur ce plan-là. Avec Romie, je suis totalement ouvert. Il n’y a rien qu’elle ne sait pas. On se parle 24 heures par jour et on se dit tout. Elle comprenait tout ce que je vivais et ce que je voulais dire. C’était facile pour elle d’écrire sur des sujets personnels, parce qu’elle était au courant de mes réflexions et de mes questionnements.

On va découvrir le 22 mai prochain Sous le même ciel, une chanson que vous avez écrite ensemble et que vous chantez en duo. Pourquoi était-ce important pour toi ?
Je suis un grand fan de Chris Stapleton, qui chante en harmonie avec sa femme. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que ces deux-là qui chantent ensemble. Je voulais une chanson dans le même esprit. Musicalement, je savais un peu où on s’en allait, et on voulait faire une chanson d’amour au départ. Pour tout révéler, on était dans le lit, j’avais ma guitare et c’est venu naturellement. Romie commençait les phrases — ça sortait tout seul —, et je les continuais. On était vraiment en symbiose dans notre processus d’écriture. On dirait que c’est une toune qui fait mal. C’est la première qu’on a écrite ensemble et qu’on chante ensemble, mais elle ne représente pas du tout notre relation.
Est-ce que la chanson Vers toi parle plus de votre relation ?
Romie habite à Sherbrooke et je suis souvent sur la route pour aller la rejoindre ou pour revenir chez moi, à la ferme. Je dis qu’il n’y a pas de meilleure place que d’être à la maison, mais cette maison-là, c’est juste elle. C’est la chanson que je trouve la plus quétaine de l’album, mais je l’aime beaucoup. (rires)
Cet été, tu vas faire la tournée des gros festivals country. Vis-tu un rêve ?
C’est comme une version de ce que je faisais avant, mais en dix fois plus gros et plus gratifiant. Je faisais des spectacles à une heure et demie de chez nous, et personne ne me connaissait. J’étais juste un chansonnier qui jouait, et la moitié du monde n’écoutait pas. Cette année, je vais pouvoir présenter mes propres chansons aux gens. Je suis vraiment content et motivé. Ce sont vraiment de belles opportunités. C’est sûr que je vais aussi faire quelques reprises dans le spectacle ; ça va me permet d’inviter les gens dans mon univers, mais chaque chanson sera adaptée à mon style.