Joe Biden entend enfin raison: mieux vaut tard que jamais


Luc Laliberté
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Il ne s’agissait plus de savoir si Joe Biden abandonnerait, mais de déterminer quand il le ferait.
Une décision évidente, mais difficile
Dès le cycle électoral de 2020, Joe Biden a dû composer avec une perception tenace au sein de l’électorat. On le trouvait diminué, moins énergique et souvent confus.
Avantagé par une campagne électorale menée en période de COVID, le candidat démocrate, souvent confortablement installé à la maison avec ses proches, avait économisé ses forces.
Candidat de compromis au terme des primaires démocrates, il avait su calmer le jeu en laissant clairement entendre qu’il ne serait qu’un pont, un président de transition pour «l’après-Trump», se contentant d’un seul mandat.
Après avoir vaincu son rival en effectuant des percées majeures dans des États comme la Georgie, il a cumulé un bilan positif malgré une farouche résistance républicaine.
Des résultats inespérés lors des élections de mi-mandat en 2022, on prédisait une vague républicaine, semblent avoir contribué à brouiller son jugement. Plutôt que de confirmer qu’il céderait sa place en 2024, il a préféré annoncer sa candidature.
Joe Biden a ainsi commis sa pire erreur, devenant le principal artisan de son malheur. Son équipe peinait de plus en plus à dissimuler ses faiblesses.
Même si dans l’histoire récente il est le président qui a le moins accordé d’entrevues et dont on limitait le nombre de conférences de presse, le premier débat l’opposant à Trump a révélé ce que tous craignaient.
Depuis cet échec désastreux, ils étaient nombreux à ne plus écouter ce qu’il disait, mais plutôt à attendre la bourde ou le lapsus dont les médias s’empareraient par la suite.
Les mauvais sondages, surtout dans les États pivots, se multipliant, des ténors du parti, de nombreux élus et donateurs ont été, avec raison, pris de panique. Il aura fallu deux semaines de tourmente pour que le président entende finalement raison.
Le camp Trump doit être déçu
Si les républicains ont attaqué Joe Biden sans relâche depuis trois ans, Donald Trump était étrangement discret au sujet de son adversaire depuis deux semaines. Un brin de sympathie pour un rival au sol?
Pas le moins du monde. On espérait que le président se remette de sa performance catastrophique parce que c’est lui qu’on voulait affronter. Toute la stratégie reposait sur la représentation d’un Joe Biden faible qu’on opposait à un Donald Trump énergique et, surtout depuis la tentative d’assassinat, invincible.
La course est relancée et les démocrates mettront rapidement leurs divisions de côté. Si Donald Trump demeure le favori à court terme, n’engagez pas de trop généreuses mises dans vos paris pour l’issue du scrutin du 5 novembre. Ce sera très serré.