Joannie Rochette revient dans l’univers du patin pour une raison spéciale
Valérie Guibbaud
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En mars 2024, Montréal sera enfin l’hôte des Championnats du monde de patinage artistique, après une occasion manquée quatre ans plus tôt. Les amateurs de patinage artistique seront accueillis par deux des plus grands athlètes canadiens: les médaillés olympiques Patrick Chan et Joannie Rochette. La future anesthésiste est sortie de son cocon afin de nous parler de sa nouvelle réalité.
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Ayant tout donné à sa première passion pendant près de trois décennies, Joannie Rochette a fait le choix d’une toute nouvelle voie à l’aube de ses 29 ans. Celle qui a reçu son diplôme de médecine de l’Université McGill au printemps 2020 est actuellement dans sa troisième année de résidence afin de poursuivre ses apprentissages qui la mèneront, d’ici deux ans, à porter fièrement le titre d’anesthésiste. Pourquoi a-t-on l’impression que plus le défi est grand, plus Joannie accepte de le relever? «Il y a des journées qui sont plus difficiles que d’autres, mais j’ai toujours fonctionné en ayant des objectifs à atteindre. Je n’y peux rien, c’est plus fort que moi.»

Au service de ses patients
Il y a assurément un parallèle à faire entre sa carrière d’athlète et celle qui l’a menée vers la médecine. Les objectifs à long terme lui ont permis de forger son caractère et d’apprendre à être patiente dans l’atteinte des résultats. «Un cycle olympique se construit sur quatre années. On doit travailler au jour le jour et il faut se rappeler qu’on est en train de courir un marathon et non un sprint. C’est exactement la même chose en médecine». À 37 ans, Joannie est excitée par le nouvel avenir qu’elle se dessine tout doucement, et ce, même si le travail demeure colossal. «C’est vrai que la médecine exige beaucoup plus de moi que le sport ne pouvait le faire. Mon corps m’imposait ses propres limites, mais pas là. Les journées sont parfois très longues et, malgré la fatigue, on se doit de continuer.» Vêtue de son uniforme, elle apprécie son nouvel anonymat. «À l’hôpital, je suis un humain comme les autres et ça fait mon bonheur. Je n’ai pas choisi la médecine pour être reconnue pour mon passé, au contraire. Je suis à présent au service de mes patients.» Introvertie de nature, elle n’a jamais aimé avoir la lumière sur elle. «J’adore avoir ce contact quasi intime avec ceux que j’accompagne, dit-elle. Pouvoir les rassurer et surtout les soulager me donne un sentiment de fierté.»
Sa mère toujours présente
Depuis le départ soudain de sa maman, décédée d'un infarctus en 2010, Joannie a dû apprendre à se faire confiance autrement. «Ma mère est toujours présente et je sais à quel point elle serait fière de me voir aller dans ce monde qui a déjà été le sien. Elle était préposée aux bénéficiaires en CHSLD.» Durant toutes ses années passées à patiner, sa présence était essentielle à l’équilibre de Joanie. Elle connaissait tellement bien l’univers du patinage artistique que ça rassurait la championne de la savoir à ses côtés. C’est même avec émotion que la jeune femme avouera qu’elle cherche encore parfois le regard de sa mère avant de prendre une décision importante. «Elle a tellement été présente pour moi que d’apprendre à marcher sans elle demande une certaine adaptation.»
Heureuse d’accueillir «le monde entier chez nous»
Même si Joannie a un jour décidé d’accrocher ses patins, elle accepte parfois de revenir dans cet univers qui a longtemps été le sien. «J’avais besoin de me trouver une autre identité, chose que je crois avoir accomplie.» C’est pour cette raison qu’elle a accepté d’emblée de devenir ambassadrice des prochains Championnats du monde. «Je suis ravie que les Championnats reviennent à Montréal. C’est excitant de pouvoir enfin assumer pleinement mon rôle d’ambassadrice de l’événement et d’accueillir le monde entier chez nous. En plus, je me retrouve aux côtés de Patrick Chan, que je n’avais pas vu depuis plusieurs années. Je crois qu’on aura beaucoup de choses à se raconter.»

La présentation des mondiaux en sol québécois constitue une fierté pour l’ancienne athlète olympique qui aurait tellement aimé vivre des Championnats du monde à Montréal, ville qu’elle adore. Ce sont plus de 200 athlètes venus de 50 pays qui se donneront rendez-vous au Centre Bell, en mars prochain, pour des compétitions qui pourront être vues par 300 millions de téléspectateurs.
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