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La Seine toujours trop polluée: là, les Parisiens commencent à avoir l’air fous

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-07-30T05:36:36Z

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PARIS | Pour la troisième journée consécutive, l’organisation des Jeux de Paris a empêché les athlètes de nager dans la Seine. C’est encore trop pollué. L’épreuve de triathlon a donc été remise à mercredi.

Dimanche, les entraînements de triathlon ont été annulés. Lundi, même chose. Mardi matin à 8h, heure de Paris, c’était l’épreuve officielle de triathlon masculin qui devait être lancée sous un soleil radieux sur le pont Alexandre III, entre les Champs-Élysées et les Invalides dans un décor spectaculaire.

Le seul problème, c’est que l’eau de la Seine est dégueulasse.

C’est la gestion de crise pour le comité olympique, car l’annonce a été faite seulement quatre heures avant le début de l’événement.

«Après une rencontre sur la qualité de l’eau qui s’est tenue à 3h30 du matin impliquant le comité organisateur, les représentants de World Triathlon et ses médecins, Météo France et la Ville de Paris, le comité international olympique [...] a décidé de reporter l’épreuve de triathlon masculin», a publié le comité organisateur dans un communiqué mardi matin.

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En plein milieu de la nuit, des tests d’eau ont été réalisés et la décision a été rendue à 4h55.

L’épreuve sera donc remise à mercredi, en même temps que celle des femmes.

Mais visiblement, le problème risque d’être le même demain et le comité organisateur rappelle même dans son communiqué que la tenue des triathlons, mercredi, dépendra de l’analyse des prochains tests d’eau.

Le comité organisateur tente de s’expliquer en soulignant que les précipitations des derniers jours à Paris ont altéré le niveau de qualité de l’eau.

Visiblement, le message ne semblait pas avoir fait le tour de Paris, car des centaines de spectateurs s’étaient levés aux petites heures, mardi, pour venir assister à l’événement.

Le triathlon est la première discipline olympique qui doit se tenir dans le fleuve, avant la natation en eau libre la deuxième semaine des JO.

Report possible vendredi

Si la qualité de la Seine était encore insuffisante, un nouveau report serait possible vendredi, autre «jour de contingence», précisent les organisateurs, dont la «priorité est la santé des athlètes».

Or, Météo France prévoit mardi soir des orages entraînant des pluies sur plusieurs heures, ce qui pourrait de nouveau dégrader la qualité de l’eau en milieu de semaine.

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Les organisateurs, qui n’ont pas précisé les taux des bactéries E.Coli et entérocoques, les deux prises en compte pour autoriser ou non la baignade en environnement naturel, soulignent une «amélioration de la qualité de l’eau au cours des dernières heures».

Insuffisante toutefois pour lancer la première épreuve le jour J.

Part de «l’héritage»

Ce n’est pas le premier report de ces Jeux en raison de la mauvaise météo, à laquelle a dû s’adapter la cérémonie d’ouverture vendredi: les épreuves de skateboard street hommes, initialement prévues samedi, place de la Concorde, ont dû être reportées à lundi.

Mais les épreuves en Seine donnent des sueurs froides aux organisateurs depuis des mois. En août 2023, une partie des répétitions des épreuves olympiques prévues dans le fleuve, les test events, avait dû être annulée en raison d’une qualité de l’eau insuffisante.

L’État et les collectivités franciliennes ont investi 1,4 milliard d’euros (2,1 milliard de dollars) pour rendre la Seine et son principal affluent, la Marne, baignables en vue des JO et ensuite pour le grand public.

Cette dépollution est un pan important de «l’héritage» vanté de l’événement olympique.

La mairie de Paris a notamment fait construire, pour un budget final d’environ 100 millions d’euros (150 millions de dollars), un gigantesque bassin de rétention pouvant recevoir jusqu’à 50 000 m3 d’eaux usées et pluviales de la capitale en cas de fortes pluies.

«C’est parce qu’il y a tous ces investissements que le rétablissement de la situation se fait très vite», avait assuré lundi la mairesse de Paris, Anne Hidalgo.

Le 17 juillet, après un report lié en partie à la mauvaise météo, Anne Hidalgo, qui a promis aux Parisiens qu’ils pourraient se baigner dans le fleuve l’été prochain, et le président du comité d’organisation Tony Estanguet s’étaient baignés pour montrer l’exemple.

Les résultats des analyses de l’eau connus a posteriori ont montré que, ce jour-là, le taux de bactérie fécale E.Coli frôlait le seuil des fédérations internationales pour les compétitions, mais dépassait celui de la baignade pour le grand public.

–Avec AFP

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