Jeux olympiques: une progression fulgurante rapproche un coureur québécois de Paris


Richard Boutin
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De retour de Bruxelles depuis moins de 24 heures, où il a livré la meilleure performance de sa carrière, le coureur de demi-fond Thomas Fafard peine toujours à réaliser ce qui lui arrive.
Auteur d’une marque personnelle de 13 min 05 s 07 au 5000m, ce qui représente le 4e meilleur temps dans l’histoire canadienne et un record du Québec, Fafard n’est maintenant qu’à une autre bonne performance d’obtenir son billet pour les Jeux olympiques de Paris.
«Je suis encore un peu sur un nuage, a-t-il imagé. C’est exceptionnel d’être si près de réussir mon standard olympique. 0 s 07 ce n’est absolument rien sur 5000m. Au retour, dans l’avion, je me questionnais [à savoir] où j’aurais pu retrancher ces quelques centièmes.»

La progression de Fafard est phénoménale et rien n’aurait pu laisser imaginer, au début de l’année, qu’il aurait des chances de se qualifier pour les Jeux. «C’était inimaginable de rêver aux Jeux en janvier, a-t-il reconnu. Quelques mois plus tard, ça me crèverait le cœur de ne pas être à Paris parce que je suis tellement près.»
Progression fulgurante
Ses performances en Allemagne le 19 mai, où il a remporté la victoire en vertu d’un temps de 13 min 22 s 93, et sa deuxième place en Belgique, samedi, ont complètement transformé le portrait. Son meilleur chrono avant ces deux dernières performances était de 13 min 31 s, réussi à Vancouver, il y a deux ans. Sa progression a été fulgurante.
«C’est complètement énorme comme progression, a-t-il souligné. L’an dernier, je croyais être capable de réussir des temps entre 13 min 22 s et 13 min 25 s, mais j’ai été ennuyé par des blessures. Je savais que j’étais dans une bonne forme, mais le chrono de 13 min 05 était impensable dans le passé. Je pense maintenant être en mesure de descendre sous les 13 minutes.»
Standard olympique ou top 42
Les 42 meilleurs au classement mondial au 30 juin obtiendront leur billet pour la Ville lumière. Les trois meilleures performances seront retenues dans le calcul et un maximum de trois coureurs par pays sera sélectionné.
Une bonne performance le 15 juin à Vancouver lors du 3000m de la Classique Harry Jerome pourrait sceller sa participation aux Jeux. Pour ce faire, il pourra compter sur la présence de son ami et olympien Charles Philibert-Thiboutot, qui lui servira de lièvre pendant la première moitié de la course.
«La clé sera de ne pas me prendre la tête, a illustré le nouveau détenteur du record québécois au 5000m, détenu justement par Philibert-Thiboutot. Je dois éviter de trop penser aux Jeux. Ma nouvelle situation amène un stress qui n’existait pas auparavant.»
«Avec Charles qui va me donner le rythme jusqu’à 1800m, ça va me procurer un bon coup de pouce et il restera trois tours, de poursuivre le coureur de 25 ans du club de l’Université Laval originaire de Repentigny. Je pourrais viser un temps de 7 min 40 s, mais ça serait un peu gourmand. Ça ne sera pas mieux si je casse et que je fais 7 min 50 s. Viser 7 min 45 s serait plus réaliste.»
Une victoire lui assurerait 70 précieux points dans la course au top 42. Fafard et son entraîneur, Félix-Antoine Lapointe, ont déjà commencé à identifier les chronos susceptibles d’assurer sa qualification pour Paris.