Jeux olympiques: une médaille très significative pour Félix Auger-Aliassime et sa partenaire


Richard Boutin
Partager
PARIS | En plus de partager une médaille olympique qu’ils ont remportée en double mixte, vendredi à Roland-Garros, Félix Auger-Aliassime et Gabriela Dabrowski ont un autre point très important qui les unit et qui explique leur grand amour pour les Jeux.
Enfants de pères immigrants arrivés au Canada dans l’espoir d’offrir une meilleure vie à leur famille, les membres de la paire canadienne ont grandi en rêvant aux Jeux. Cette victoire de 6-3 et 7-6 (2) face au duo néerlandais Wesley Koolhof et Demi Schuurg avait une grande signification pour les Canadiens.
«Mon père est arrivé du Togo à la fin de la vingtaine et son amour pour le Canada est encore plus important que des gens qui sont nés ici, a confié Auger-Aliassime. C’est une grande fierté pour lui et la famille que je représente le Canada. Plus jeune, je regardais les cérémonies d’ouverture des Jeux et tous les sports. J’ai ressenti une grande joie quand nous avons gagné. Derrière notre visage sérieux sur le terrain, on vit de grandes émotions.»
«Mon père est Polonais et il n’y a rien de plus important que les Jeux olympiques pour les personnes de l’Europe de l’Est, de renchérir la gagnante du US Open 2023. Quand le tennis est devenu plus sérieux pour moi, c’était un rêve pour mon père que je représente un jour le Canada. Il n’y a pratiquement rien de meilleur que de gagner une médaille olympique.»
Entraîneur de Félix pendant longtemps, Sam Aliassime n’était pas présent comme ce fut le cas à Tokyo en 2021, mais il le sera à Montréal lors de l’Omnium Banque nationale. Présente en février 2022 lors de la première victoire de Félix à Rotterdam dans un tournoi ATP 500, sa mère n’a rien manqué de l’action dans la Ville lumière.
Remontée des Néerlandais
Dans un match qui s’est avéré plus compliqué qu’il aurait dû l’être, la paire canadienne affichait une bien meilleure mine que lors de sa défaite en demi-finale face à la République tchèque, jeudi.
«Je voulais gagner pour Gab parce que je n’ai pas été capable d’offrir ma meilleure performance en demi-finale en raison de la fatigue et de crampes aux jambes, a-t-il expliqué. Elle connaît une belle et longue carrière et elle méritait une médaille. Avec l’aide de l’équipe médicale, j’étais dans une bien meilleure forme pour le match pour la médaille de bronze.»
- Écoutez le segment d’actualité Tout savoir en 24 minutes où Francis Gosselin et André-Sylvain Latour reviennent sur les moments marquants de l’actualité via QUB :
Touchée par l’attention de son partenaire, Dabrowski a dit comprendre ses sentiments de vouloir obtenir l’opportunité de se racheter. «Je peux le comprendre parce que j’ai eu l’impression d’avoir laissé tomber Leylah [Fernandez] en double. J’aurais été satisfaite même si nous n’avions pas gagné le bronze parce que nous avons fourni un bon effort.»
Malade, il s’en est fallu de peu pour que Dabrowski ne soit pas en mesure de disputer la finale pour le bronze.
Effet boule de neige
En avance 3-0 en deuxième manche et 40-30 au 4e jeu, le Canada a bousillé une opportunité de creuser davantage l’écart et les Néerlandais ont ensuite connu leurs meilleurs moments pour prendre les devants 5-4 en vertu de deux bris.
«À 3-0, nos adversaires ont eu une réaction normale et ne voulaient pas se laisser faire, a expliqué Auger-Aliasime. De mon côté, j’ai été malchanceux quand une volée qui aurait fait 4-0 a touché le filet. Nos adversaires se sont battus jusqu’à la fin, mais nous sommes restés calmes.»
Dabrowski a fermé les livres avec une volée pour permettre au Canada de savourer la deuxième médaille olympique de son histoire après l’or de Sébastien Lareau et Daniel Nestor en 2000 à Sydney.
«C’est la plus belle volée que j’ai vue de ma vie», a lancé Auger-Aliassime avec son plus beau sourire. C’est la première fois que je joue autant de matchs aussi rapprochés et ça va me donner confiance pour le futur. C’est rare d’être récompensé pour notre travail.»