Jeux olympiques: les Américaines vont massacrer les Canadiennes? Un instant!

Jean-Nicolas Blanchet
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MILAN | Le chemin était encore tracé pour ça. C’est la journée du choc entre le Canada et les États-Unis pour la médaille d’or au hockey féminin. Je vous écris ce texte alors que je suis déjà à ma place dans l’aréna, quatre heures avant le match. J’ai hâte.
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J’ai hâte parce que je refuse de croire comme plusieurs que ce sera un match à sens unique, que les Américaines vont nous écraser comme ce fut le cas il y a neuf jours. Ç’a fini 5-0. Le Canada n’est même pas passé proche de passer un peu proche.
Les Américaines sont à un autre niveau.
Elles ont gagné les sept derniers affrontements contre le Canada.
De jeunes machines
Regardez aller la jeune défenseure Caroline Harvey, des États-Unis. Ce serait insultant de dire que c’est la Cale Makar du hockey féminin. C’est plus logique de dire que Cale Makar est la Caroline Harvey du hockey masculin.

Elle fait tout sur la glace. Comme mon collègue Kevin Dubé l’a écrit hier, c’est elle, la prochaine meilleure joueuse du monde après notre Beauceronne du nom de Poulin. Harvey est la meilleure pointeuse du tournoi. Je vous rappelle qu’elle joue encore au niveau universitaire.
Une autre joueuse qui vaut le billet d’entrée chez les Américaines, c’est Hannah Bilka, qui a l’air d’avoir une tête de moins que les autres. C’est une machine. Il y a Abbey Murphy également, une autre qui est encore à l’université et qui domine aux Olympiques.

Pour le Canada, il y a 12 joueuses qui sont au-dessus de la trentaine d’années... et qui avancent moins vite.
Bon, là, je vous écris tout ça et vous vous demandez pourquoi j’ai commencé mon texte en vous expliquant que je ne croyais pas que les Canadiennes allaient se faire écraser.
Voilà pourquoi :
Les Américains sont meilleurs que le Canada sur le plan international depuis quelques années. Mais quand c’est le gros match, par exemple aux Olympiques, les Canadiennes leur jouent un tour et les battent.
À Turin, Vancouver, Sotchi, Beijing... le Canada a eu le dessus et a gagné l’or. Ce n’est qu’en Corée du Sud, en 2018, que le Canada s’est incliné.
Un fait à ne pas oublier
Est-ce que les Canadiennes devaient gagner aussi souvent ? Non. Les Américaines étaient solides. Mais le Canada a trouvé le moyen de gagner.
Entre 2015 et 2019, elles ont gagné l’or à toutes les compétitions internationales possibles. Personne ne parlait de la fin de la puissance de notre hockey féminin. Et le Canada a rebondi avec une médaille d’or olympique et un championnat du monde en revenant de la pandémie.
Et c’est un cliché horrible, mais c’est vrai que ça se joue sur la glace. Personne ne pensait que ça allait être serré entre la Tchéquie et le Canada chez les hommes hier. Ou entre la Suède et les Américains. La patinoire a des dimensions atypiques. C’est seulement un match, tout peut arriver.
Ah, j’oubliais. La meilleure joueuse de l’histoire est dans notre club. Un petit but en partant pour jouer dans la tête des Américaines et on ne sait pas ce qui peut arriver. C’est l’une des belles rivalités sur la planète, ça ne peut pas être à sens unique.
Bref, bon match.

Mais n’allez pas parier sur le Canada à cause de ce que je vous ai écrit, là ! C’est peut-être plus un souhait qu’une analyse...
En chiffres*
- C’est le 198e affrontement entre les deux équipes ;
- Le Canada en a remporté 108 ;
- Marie-Philip Poulin compte 74 points en 108 matchs contre les Américaines.
*Source : Hockey Canada