Jeux olympiques: entrée fracassante pour Audrey Leduc à l’épreuve reine du 100 m


Richard Boutin
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PARIS | Audrey Leduc a amorcé sur les chapeaux de roues sa première expérience olympique en battant son record canadien au 100 m.
Dans un Stade de France rempli au bouchon, vendredi midi, la sprinteuse de Gatineau n’a pas été intimidée. Après un bon départ, Leduc a franchi le fil d’arrivée en 10,95 s pour remporter la victoire dans sa vague et retrancher 0,01 s à son record.
Leduc affichait son plus beau sourire en se pointant dans la zone mixte. «C’est malade que vous soyez tous ici, a-t-elle lancé aux journalistes de la presse écrite. J’avais vraiment hâte de courir et de tester la piste olympique. Elle est vraiment rapide.»
Détentrice du record canadien avec un chrono de 10,96 s réalisé le 20 avril en Louisiane, Leduc avait de grands objectifs en se pointant dans la Ville Lumière.
«Je ne suis pas vraiment surprise de mon temps, a-t-elle affirmé. Je visais un record personnel. C’est seulement par un 0,01 s, mais c’est quand même bien et en plus j’ai remporté la victoire.»
Son chrono de 10,95 s est le sixième meilleur parmi les sprinteuses des huit vagues.
Expérience à Londres
À l’occasion d’une épreuve de relais de la Ligue de diamant à Londres au début juillet, Leduc avait eu un avant-goût des Jeux olympiques. «Il y avait beaucoup de monde et ça m’a préparée pour les Jeux, a-t-elle expliqué. Je n’étais pas nerveuse. Ça s’est passé comme au mondial intérieur à Glasgow cet hiver.»
Leduc peut-elle retrancher encore quelques centièmes à sa marque personnelle? «Je suis convaincue que j’ai encore de meilleures courses en moi, a-t-elle déclaré. J’ai travaillé mes départs les dernières semaines et on a vu les résultats.»
De son côté, la médaillée d’argent des Essais olympiques Jacqueline Madogo a raté sa qualification par des poussières. Elle a terminé au quatrième rang de sa vague et son temps n’a pas été suffisant pour se retrouver parmi les meilleures troisièmes.
«C’est plate de passer aussi près de me qualifier, mais je suis vraiment contente d’avoir pu m’aligner avec ces filles. Je pensais que mon chrono de 11,27 s allait tenir et je me croisais les doigts, mais chaque vague était de plus en plus vite.»
Madogo gardait néanmoins le sourire. «Il y a peu d’athlètes qui peuvent dire que les parents les ont vus en action sur place aux Jeux olympiques. Je regarde vers l’avant alors que je vais participer au 200 m et au relais 4 x 100 m.»
Madogo a louangé sa coéquipière. «Audrey m’a impressionnée. Elle va vite. C’est encourageant pour le relais.»
Philibert-Thiboutot devra passer par le repêchage
Charles Philibert-Thiboutot n’a pas connu le départ escompté au 1500 m et il devra passer par le repêchage, un nouveau format cette année aux Jeux olympiques qui accorde une deuxième chance, mais qui limite l’accès direct à la ronde de demi-finale.
En bonne posture après 800 m alors qu’il se trouvait dans le top 5, l’olympien de Rio en 2016 a peiné dans les 200 derniers mètres pour conclure en 14e place parmi les 15 coureurs au départ.
Les six premiers de chaque vague accédaient directement à la demi-finale alors que les autres se retrouveront au repêchage, samedi, dans une course de la dernière chance.
«C’est certain que c’est décevant de ne pas passer, mais j’ai exécuté parfaitement mon plan de course et j’ai été dans le top 3 ou 4 pendant toute la course, a mentionné Philibert-Thiboutot. J’ai toutefois manqué de jus dans le dernier 150 mètres, sinon j’aurais été dans le top 6. Je vais me reposer et rectifier le tir samedi soir.»
Philibert-Thiboutot a été incommodé par le brasse-camarade dans le peloton. «Il y avait entre 12 et 15 gars dans la même seconde et c’est la première fois que je vois ça en dix ans sur le circuit international, a-t-il raconté. Ça joue du coude et ça brasse. Dans ces conditions, ça devient difficile de rester détendu et d’accélérer.»