Jeux olympiques: des gènes d’espadon peuvent-ils avoir avantagé Summer McIntosh?


Jean-Nicolas Blanchet
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PARIS | Summer McIntosh présente-t-elle un taux anormalement élevé de gènes d’espadon?
C’est la question que je me pose après l’avoir vue, de mes yeux, remporter sa troisième médaille d’or aux Jeux de Paris. Elle en a aussi une d’argent.
L’espadon est considéré comme le poisson le plus rapide au monde. Ça pourrait expliquer les performances d’exception de la nageuse canadienne.

Je fais de petites blagues évidemment. Je voulais essayer de vous exposer à quel point c’est insensé ce que fait Summer McIntosh. Ce n’est pas humain. C’est plus poissonneux.
Surtout pas pour une adolescente qui pourra seulement avoir l’âge d’acheter une bière et un gratteux dans deux ans dans son Ontario natal.
Pour sa troisième médaille d’or et ainsi terminer ses Jeux, elle a jugé opportun aussi de battre le record olympique. Son nom restera à jamais retenu parmi les athlètes les plus dominants de ces Jeux.
Tout ça, déjà
Pour ceux qui étaient en camping, voici, à 17 ans, c’est quoi la domination de Summer McIntosh:
- Elle est devenue la 102e athlète de l’histoire de jeux modernes à obtenir trois médailles d’or lors des mêmes jeux. Elle est la première de l’histoire de notre pays.
- Elle a battu deux records olympiques avec ses deux médailles d’or.
- Elle détient maintenant 6 records canadiens.
- À 15 ans, elle avait déjà battu 50 records canadiens dans son groupe d’âge.
- En cinq compétitions internationales en carrière, jusqu’ici, c’est 18 médailles, dont 11 individuelles.
- Son épreuve chouchou, c’est le 400 mètres quatre nages. Si vous ne l’avez pas vue, allez réécouter ça. On dirait qu’elle donne des cours de natation aux autres. Elle est arrivée 6 secondes avant les autres, comme si les autres avaient pris une pause pour jouer au ballon.
Et je vous le rappelle, elle a 17 ans. C’est inhumain. Il faut être mi-humain, mi-espadon.
Les comparaisons
Les Français capotent sur notre Summer. Ça brassait à l’Arena Paris La Défense quand elle a été présentée. Le Figaro a titré hier: Summer McIntosh, la «Léon Marchand» version féminine. La torpille française a gagné quatre médailles d’or.
Les comparaisons entre Summer McIntosh et Michael Phelps étaient peut-être démesurées il y a quelques semaines. Mais là, ça commence à être irrésistible.

Je sais, je sais... McIntosh crée sa propre légende et ça ne sert à rien d’essayer de les comparer. Mais je m’en fiche, on jase là, entre nous, là.
À leurs premiers Jeux, les deux n’ont pas remporté de médaille. Phelps avait 15 ans. Summer en avait 14.
À 15 ans, Phelp gagnait sa première médaille d’or aux mondiaux aquatiques. Même chose pour Summer.
À ses deuxièmes Jeux, Phelps a gagné 5 médailles individuelles, dont 4 d’or. Summer, c’est 4, dont trois d’or. Mais Phelps avait 19 ans. McIntosh en a 17.
Depuis 2022, la nageuse torontoise a remporté 12 médailles sur la scène internationale. Au même âge, Phelps en avait gagné 18.
Bref, je ne les compare pas. Je fais juste comparer leur historique. Bon, bien sûr que je les compare.
Et si je le fais, c’est pour tenter d’exposer l’impact que peut avoir Summer McIntosh partout dans le monde. Je veux exposer comment elle a commencé et continuera longtemps d’écrire l’histoire de la natation sur tout le globe.

En personne
Je suis allé rencontrer la nageuse samedi après sa victoire. J’étais curieux. On me disait que ce n’était pas la plus expressive. Ce n’était pas la fête foraine, disons. Elle est très calme et posée.
Elle s’est dite fière, a remercié ses coéquipiers, parents et entraîneurs.
Elle a dit qu’elle n’était jamais satisfaite et en voulait encore plus, mais qu’elle est contente du résultat.
Bref, désolé chers lecteurs. Il n’y a pas beaucoup de surprises dans ces réponses.
Ça m’a beaucoup impressionné. Ce n’est qu’une ado et elle comprend parfaitement comment bien répondre aux médias, ne pas tomber dans un piège en répondant quelque chose qui la ferait passer pour trop confiante, ou trop individualiste, ou pas reconnaissante, ou irrespectueuse pour les autres nageuses.
Comme si ça faisait 20 ans qu’elle faisait ça.
Je ne sais pas jusqu’où va s’arrêter Summer McIntosh. Mais les enfants de nos enfants de nos enfants vont sûrement connaître son nom.