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Jean-Sébastien Giguère a vécu une pause de 10 jours en séries: «J’aimerais bien mieux être les Hurricanes»

REUTERS/Mike Blake
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2026-05-20T13:00:00Z

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Le 16 mai 2003, Jean-Sébastien Giguère et les Mighty Ducks d’Anaheim complétaient le balayage en quatre matchs contre le Wild du Minnesota. C’est seulement 10 jours plus tard, le 27 mai 2003, que « Jiggy » et ses coéquipiers avaient repris le collier pour amorcer la finale de la Coupe Stanley contre les Devils du New Jersey.

Une journée de moins, donc, que les 11 congés dont les Hurricanes de la Caroline auront joui lorsqu’ils amorceront la finale de l’Est contre le Canadien de Montréal, jeudi. Une pause record dans l’ère contemporaine de la LNH.

La finale de 2003, Giguère ne l’a pas oubliée. En fait, on n’a même pas osé lui poser la question. Ç’aurait été impoli. Il s’en souvient trop bien parce qu’il l’avait perdue au bout de sept matchs et qu’il avait dû faire la pose avec le Conn-Smythe avec un air de dépit. Un cliché qui est resté dans les annales.

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Cette longue pause, même si elle n’était pas idéale, avait donné du gaz aux Mighty Ducks. C’est ce que conclut Giguère avec le recul.

« Le scénario idéal, c’est un repos de 5-6 jours, nuance-t-il. Tu recommences à jouer tout de suite et tu ne perds pas ta forme de match. »

N’empêche, « aujourd’hui, j’aimerais bien mieux être les Hurricanes », poursuit l’ex-gardien, à l’approche de la série de troisième tour.

« Pour jouer en demi-finale ou en finale, la motivation vient toute seule. Si tu t’es rendu là, tu as une équipe avec de bons leaders », ajoute Giguère.

Le problème, à l’époque, c’est que les Devils étaient excellents à leur domicile et qu’ils avaient tout de même bénéficié de trois jours de repos après avoir éliminé les Sénateurs d’Ottawa au bout de sept matchs.

« [Malgré le résultat], le congé qu’on avait eu, rendu au match numéro 7, ça nous avait aidés », retient Giguère.

Un coup à jouer en 1re période

Le Canadien a tout de même un coup à jouer lors du premier match à Raleigh, particulièrement en première période, au moment où les joueurs des Hurricanes se délieront les jambes. 

Les Mighty Ducks avaient d’ailleurs connu la défaite lors des matchs numéro 1 et 2 à Newark.

« Je pense que la première période risque d’être difficile pour la Caroline, prédit celui qui a fini par gagner la coupe Stanley en 2007 avec les Ducks. Le Canadien va sauter sur la glace avec ses jambes de “game”. Pour une période, une période et demie, ça peut sourire au CH.

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« Après, ça redevient un avantage pour les Hurricanes. »

Les Hurricanes sont dirigés par un entraîneur-chef qui n’est pas né d’hier en Rod Brind’Amour. Cet ancien guerrier saura sans doute bien préparer sa troupe.

« Les gars ne sont pas sur le party en attendant. Tu n’es pas en vacances pendant deux semaines, rappelle Giguère. Brind’Amour est l’un des meilleurs entraîneurs de la LNH. J’ai aucun doute qu’ils vont être prêts. En deuxième ronde, ils avaient le couteau entre les dents dès qu’ils ont sauté sur la glace. »

L’arme du repos

Guy Boucher en avait fait son mantra durant le périple des Sénateurs d’Ottawa en 2017 : le repos est une arme. Boucher avait limité les séances d’entraînement de ses joueurs pour les garder frais et dispos.

Selon la durée de chaque série, disons que certaines équipes doivent être plus créatives que d’autres pour ménager leurs effectifs.

« Le repos est vraiment bénéfique, admet Giguère. C’est important de passer du temps avec ta famille et de faire d’autres activités que le hockey. Le repos mental et physique est important. »

Après avoir été battus sèchement par les Hurricanes, les Flyers de Philadelphie ont publié une liste plutôt exhaustive de blessures qui embêtaient leurs joueurs. On se doute bien que, chez le CH, certains joueurs traînent des blessures de guerre après 14 matchs.

« Disons que Slafkovsky est un peu magané, avoir une journée de congé, c’est sûr que ça aide », plaide Giguère.

La bonne mentalité

Ce dernier a trouvé de bon goût les propos de Jakub Dobes, qui jurait avoir l’énergie pour jouer « 40 autres matchs » en entrevue avec Sportsnet lundi soir.

« Probablement que ce n’est pas vrai et que ça finirait par le rattraper, reconnaît Giguère. En même temps, j’aime mieux un gars qui a cette mentalité. Si tu dis que tu es fatigué, tu vas être fatigué. Ça va te rentrer dans la tête. »

Alors que plusieurs redoutent une baisse de régime du jeune Tchèque après deux séries âprement disputées jusqu’à la limite, Giguère croit, lui, que Dobes en a encore dans le réservoir.

« À 24 ans, je crois qu’il est capable, se prononce-t-il. Ce ne serait pas le premier à passer par là. C’est éreintant, les séries, surtout quand tu fais deux séries en sept matchs. Mais c’est ça, gagner la coupe Stanley. C’est éreintant pour tous les clubs. »

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