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«Je vois une femme que je ne croyais pas devenir» : Pierrette Robitaille renoue avec la scène après près de 10 ans d'absence

En vedette de la pièce «Parachute libre»

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2026-05-14T12:00:00Z

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Pierrette Robitaille retrouve les planches du Théâtre du Rideau Vert dans la nouvelle comédie dramatique Parachute libre, après près de 10 ans d’absence. 

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Elle y joue Alice, une femme amère, malcommode, qui maîtrise l’art de se faire haïr par les autres résidents de sa maison pour aînés. Mais sa nouvelle cochambreuse, Marilyn, incarnée par Muriel Dutil, refuse de se laisser avoir par son mauvais caractère. Contrairement à elle, Marilyn est une femme pétillante, joueuse et optimiste.

Puis, les choses dérapent quand elles se lancent dans une guerre de territoire où tous les coups sont permis, même les bassesses. L’une doit réussir à faire peur à l’autre pour avoir son lit près de la fenêtre, tandis que l’autre tente par tous les moyens de faire fâcher sa cochambreuse pour qu’elle aille s’établir ailleurs.

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
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« C’est rare que j’aie joué ces personnages-là. C’est vraiment un anti-casting pour moi, mais j’étais vraiment attirée par ce personnage-là », a raconté Pierrette Robitaille en entrevue à l’Agence QMI, soulignant la profondeur de son personnage qui, en plus d’avoir du caractère, est capable de passer du rire aux larmes.

« Au départ, on m’a approchée pour faire l’autre personnage, mais moi, c’est elle que je voulais jouer. Par chance, l’autre rôle n’était pas encore distribué. Je l’ai demandé et ils me l’ont accordé », a-t-elle dit, enchantée de retrouver Muriel Dutil, avec qui elle avait échangé la réplique lors de sa toute première pièce jouée à Montréal, au milieu des années 1970.

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT

« L’intérêt de la pièce, selon moi, c’est de rentrer dans la vie de ces femmes-là, puis aussi de voir que ces personnes âgées-là ont eu des vies antérieures importantes qu’on ne voit pas nécessairement au premier regard. On les voit dans leurs vies actuelles et on les juge », a-t-elle indiqué.

La comédienne de 76 ans, qui compte 50 ans de métier, a également confié en entrevue que ce retour sur les planches lui avait appris énormément sur elle-même.

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
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« J’ai toujours été à fond de train dans tout. Mais c’est comme si, pendant ma “retraite”, quelque chose s’était installé en moi. J’avais tendance à devenir silencieuse, introvertie, à observer beaucoup, à me comparer à d’autres », a-t-elle confié.

« De me voir revenir, travailler de façon acharnée, me battre contre moi-même, mes insécurités, tout ça, je pense qu’il y aura un avant Parachute libre et un après Parachute libre », a poursuivi la comédienne, qui a admis être encore aussi exigeante envers elle-même dans le travail.

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
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50 ans de carrière 

Pierrette Robitaille souligne cette année ses 50 ans de carrière. En regardant dans le rétroviseur, elle ne peut s’empêcher d’admirer le travail accompli.

« Quand je regarde mon passé, je vois une femme qui s’appelle Pierrette évoluer dans un milieu complètement déjanté. J’ai fait de la tournée, beaucoup de théâtre, de cinéma et de télévision. J’ai touché à tout. Je trouve que j’ai eu une belle carrière sans avoir été carriériste. Je vois une femme que je ne croyais pas devenir », a-t-elle dit avec fierté.

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT
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« La chose dont je suis le plus fière, c’est d’avoir créé le Théâtre de la Bordée à Québec, qui lui aussi souligne son cinquantième anniversaire. On a créé un théâtre qui est maintenant là pour longtemps encore. On a réussi à passer à travers toutes les difficultés et c’est comme un miracle, cette affaire-là », a-t-elle ajouté.

Traduite par Maryse Warda et mise en scène par Martin Faucher, Parachute libre est une adaptation de la pièce Ripcord de l’Américain David Lindsay-Abaire. Elle sera présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 13 juin.

Ce spectacle est le tout dernier programmé par Mme Denise Filiatrault à titre de directrice artistique.

Mardi prochain s’amorcera la toute première saison de son successeur, Benoît McGinnis.

Notre critique 

Parachute libre propose une trame intéressante, découpée en plusieurs tableaux, permettant de passer de la chambre d’une résidence à une maison hantée ou même à un saut en parachute. Les deux comédiennes principales, Muriel Dutil, 82 ans, et Pierrette Robitaille, 76 ans, sont excellentes dans leurs partitions respectives, tout comme Geneviève Allaire, Éric Robidoux et Mathieu Gosselin, qui se greffent à la distribution.

Malheureusement, les deux heures et quart, avec entracte, que dure la pièce portent atteinte à son rythme. Les pointes bien envoyées, parfois très grinçantes, parviennent (de justesse) à rattraper les nombreux silences qui s’étirent. Les changements de ton sont, quant à eux, bien maîtrisés.

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