«Je veux juste me poser un peu et renouveler l’acteur en moi»: La finale d’«Avant le crash» met fin à un cycle de création de 8 ans pour Éric Bruneau


Guillaume Picard
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La série Avant le crash tire sa révérence dans un épisode où les personnages règlent leurs comptes et ne voient pas le danger qui guette l’un d’entre eux, une finale-choc où Éric Bruneau défend encore une fois des scènes bouleversantes.
Celui qui porte la série comme comédien principal, coauteur – avec sa conjointe Kim Lévesque-Lizotte – et producteur associé tourne ainsi la page sur huit ans de sa vie professionnelle.

«Artistiquement parlant, j’écris la série, je joue dedans et je la coproduis, alors il y a quelque chose d’emballant là-dedans. Ça va faire 20 ans que je suis comédien, c’est comme ajouter de nouvelles cordes à mon arc», a dit Éric Bruneau.
Il décrit le crash de la dernière heure «comme la fin de l’espoir et de la lucidité», lui qui savait quel drame secouerait tout le monde avant même d’avoir écrit une seule ligne de cette troisième et ultime saison.
Il avait aussi été convenu, dès que le tournage du deuxième chapitre fut bouclé, à qui son personnage, Marc-André, s’adresse au début et à la fin de chaque épisode. Dans la finale, il dit à cette personne: «Je veux pas que ça finisse comme ça».

Au sujet de son cheminement comme créateur, Éric Bruneau se réjouit d’avoir découvert et exploité de nouvelles facettes du métier, cette exploration faisant de lui un créateur mieux bardé encore dans chacune des disciplines qui l’intéressent.
«Tu découvres où va l’argent, comment se monte une émission de télé, comment le montage peut aider un acteur. Ça prend une tout autre dimension, une, deux et trois dimensions, en fait», a-t-il dit, parlant d’une expérience «très formatrice» pour la suite de sa carrière.
«D’être présent au montage, ça me permet d’écrire et de jouer différemment.»

Éric Bruneau et Kim Lévesque-Lizotte, aidés par les images de Stéphane Lapointe ainsi que les enjeux des intrigues – la souveraineté culturelle liée aux centres de données, l’environnement à travers les éoliennes versus la capture de carbone ainsi que l’intelligence artificielle – ont proposé un dernier chapitre très contemporain.
Toujours avec la prémisse que le fric mène le monde.
«C’est une série sur l’argent, l’ego et le pouvoir», a rappelé Éric Bruneau, qui n’écarte pas d’emblée une «réunion» à l’écran de Marc-André, François et Évelyne – joués respectivement par lui, Émile Proulx-Cloutier et Karine Vanasse –, bien qu’il ait trouvé ça «plus difficile» de «réinventer les personnages» au fil des saisons.

«Ils ne guérissent pas, mais ils ont des trajectoires où ils continuent toujours de grandir et d’avancer. Patrick, le personnage de Mani Soleymanlou, était le comic relief et il est rentré dans quelque chose de plus dramatique cette année. François, quand on le voit être menaçant avec le fils de sa blonde au début de la saison, je voulais juste montrer qu’il n’est pas guéri.»
«Même Marc-André, il est dans un 3 et demi au départ et il finit tout seul dans un jet privé. C’est le cynisme qui finit par l’avaler. Au début de la série, c’est un gars de gauche qui a renoncé à ce métier pour ne pas devenir un monstre, mais qui en est devenu un en y revenant. Il a une blessure d’orgueil, il est en colère et se radicalise.»
Pendant que l’univers de certains protagonistes s’effondre ou est incertain dans cette dernière ligne droite, Dominique (Marie-France Marcotte), elle, voie son expertise être enfin reconnue et par les plus hautes instances, par-dessus le marché.

Jouer tout simplement
Avant de s’engager dans tout autre projet semblable à Avant le crash, sur lequel il ne compterait à nouveau pas les chapeaux à porter, Éric Bruneau souhaite jouer. Tout simplement.
«Je veux juste me poser un peu et renouveler l’acteur en moi».
La finale d’Avant le crash sera diffusée le lundi 10 novembre, à 21h, sur ICI Télé. L’épisode est disponible en primeur sur l’extra de Tou.tv.
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