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Je vais enfin comprendre pourquoi on les appelle «les Glorieux»

Ce que ma génération a connu du Canadien, c’est tout sauf glorieux

Photo MARTIN CHEVALIER
2025-10-04T04:00:00Z

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Pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression que je vais enfin comprendre pourquoi on surnomme le Canadien «les Glorieux».

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J’avais 5 ans quand Patrick Roy a levé la coupe avec le CH. Je ne m’en souviens pas. Là, c’est un grand-papa, ce monsieur.

Photo PIERRE-YVON PELLETIER
Photo PIERRE-YVON PELLETIER

Ce que ma génération a connu du Canadien, c’est tout sauf glorieux.

J’ai plutôt vu:

  • Oleg Petrov être le meilleur pointeur du club avec 47 points;
  • Le meilleur pointeur de l’équipe, Saku Koivu, qui était 117e dans la ligue;
  • Martin Rucinsky être le meilleur buteur avec 17 buts;
  • Jan Bulis qui faisait virer tout le monde en marquant quatre buts dans un match;
  • Travis Moen sur le premier trio;
  • Jordan Weal sur l’avantage numérique.

Quand j’étais plus jeune et je collectionnais les cartes de hockey de McDonald’s, c’était bien rare qu’il y en ait une du Canadien qu’on voulait avoir, mes amis et moi.

À 60 ans et à 30 ans

Si vous avez 60 ans, de votre vivant, le Canadien a remporté 11 coupes Stanley et a raté 14 fois les séries.

Si vous avez 30 ans, de votre vivant, le Canadien n’a remporté aucune coupe Stanley et a raté les séries 13 fois.

Je comprends que le nombre d’équipes a augmenté. Mais pour les plus jeunes, la gloire est accrochée au plafond. Et ce qu’on a vu de cette formation, c’est tout ce qu’elle a fait de plus mauvais dans sa longue histoire.

En passant, la fois de plus où le CH n’a pas fait les séries, c’était en 1970. La troupe de Claude Ruel avait obtenu 38 victoires et 22 défaites, mais avait terminé cinquième de son association.

Photo JOURNAL DE MONTRÉAL
Photo JOURNAL DE MONTRÉAL

Dans l’autre association, le meilleur club, les Blues avaient récolté moins de victoires que Montréal. C’est donc plutôt loin de se comparer aux 22 victoires en 82 matchs de 2022.

Le bon bouton

Il y a eu quelques beaux moments, mais ç’a souvent été des mirages. Car somme toute, ma génération a tout vu ce que cette équipe a essayé pour retrouver son lustre: reconstruction, déconstruction, redémarrage, plein de Québécois, pas trop de Québécois, des gros bonhommes, des petits rapides, des gars d’expérience, des jeunes, des Biélorusses, des Lettons, un coach doux, un coach méchant, un directeur général froid, un directeur général émotif, un joueur exubérant, un capitaine sévère...

Et finalement... on y est. Quelqu’un a trouvé le bon bouton. C’est le fruit de quelques excellents échanges de Marc Bergevin, de quelques merveilleux choix de repêchage de Trevor Timmins et du brio de l’ère Gorton-Hughes-St-Louis.

Nick Suzuki a terminé au 14e rang des meilleurs pointeurs de la ligue l’an dernier. Ça faisait 16 ans que ce n’était pas arrivé à Montréal. Les chances que ça ne se produise pas durant autant d’années étaient de 0,00000599%. Le dernier était Alex Kovalev.

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

Cette équipe est prête à décoller et on peut enfin imaginer qu’elle connaisse sa destination. On ne sait pas quand, mais on ne voit pas l’avion s’écraser.

Le spectacle

Au-delà des victoires et des défaites, ce qui rend cette équipe spéciale, c’est qu’elle sera spectaculaire. Les amateurs de hockey seront heureux quand le CH sera dans leur télé. Et pour les fans du CH, ce sera 82 fois Noël.

Car Nick Suzuki a un troisième œil en arrière de la tête.

Car Lane Hutson est la plus belle invention depuis les burritos déjeuner.

Car Ivan Demidov pourrait être un jour la plus belle invention depuis Lane Hutson.

Car Cole Caufield peut marquer 40 buts.

Car Juraj Slafkovsky, que je trouve plutôt ordinaire, a fait 51 points à 20 ans l’an dernier. C’est quand même fou.

Car Owen Beck, Joe Veleno, Samuel Blais, Filip Mesar, Oliver Kapanen, Adam Engstrom arriveraient en sauveurs à Montréal si on était en 2001. Mais on s’en fout un peu, car on a déjà un pas pire club.

Car Noah Dobson, Mike Matheson et Kaiden Guhle... ce sont des batinse de solides défenseurs.

J’aimais bien Richard Zednik et Dainius Zubrus. Mais on est ailleurs là.

Allez à la patinoire du coin cet hiver. Vous remarquerez des jeunes avec des chandails de joueurs du Canadien. Ça fait longtemps que je ne voyais plus beaucoup ça.

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

Les séries ou pas?

Les séries, maintenant. Le CH pourrait être bien meilleur que l’an dernier et ne pas participer aux séries. Et ça ne m’inquiéterait pas vraiment pour l’avenir.

On peut essayer de prédire ce qui arrivera. Mais le CH a été l’équipe la plus imprévisible de la LNH l’an dernier. Essayez de le placer dans la section Atlantique! Je les mets cinquièmes et en séries. Mais je n’en ai aucune idée.

Est-ce que le CH sera moins fort que la Floride sans Barkov et Tkachuk? Sûrement, mais je ne suis pas certain à 100%.

Est-ce que le CH se battra dans la cave avec Detroit et Boston? Sûrement pas. Mais je ne suis pas certain à 100%.

Toronto fait moins peur. Tampa aussi. Les Sénateurs risquent d’être plus redoutables.

La différence entre la première place et la quatrième dans la section, l’an dernier, c’était sept victoires, pas 16.

Vers l’infini et plus loin encore?

Est-ce que tout est possible? Non, ça reste du hockey, pas un film de Disney. Tous les espoirs ne sont pas permis. Il y a encore trop de trous dans la formation du Canadien. Mais on passe tout de même de peu d’espoir à beaucoup d’espoir si on recule de quelques années, et avec raison.

Juste d’imaginer que peut-être (avec beaucoup de chance et si les astres s’alignent) le CH pourrait miraculeusement se battre pour la première place dans la section, c’est quand même spécial pour ma génération.

Et pas avec un club plate de vétérans qui excellent seulement dans leur zone. Pas avec un club juste travaillant et responsable. Avec un club jeune, rapide, spectaculaire et prêt à décoller.

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