«C’est très préoccupant»: le Québec fraudé pour plus de 230 M$

Élizabeth Ménard
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Les autorités policières mènent actuellement près de 200 enquêtes pour des fraudes totalisant au moins 230 M$ commises envers des ministères et organismes publics du Québec.
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Hameçonnage, faux fournisseur, compromission de boîte courriel : ces arnaques qui font des victimes partout au Québec n’épargnent pas l’État. À cela s’ajoutent aussi celles qui impliquent des stratagèmes complexes d’évasion fiscale, entre autres.
« C’est très préoccupant », reconnaît la capitaine Marie-Hélène Poulin, responsable du Service des enquêtes sur les crimes économiques et la cybercriminalité à la Sûreté du Québec.
Ce corps policier mène présentement plus d’une cinquantaine d’enquêtes pour des fraudes à l’égard de l’État estimées à plus de 200 M$.
« Tout ce qui est fraude est en grande augmentation partout sur le territoire québécois. Donc, l’État, qui en est victime, ne fait pas exception à cette tendance à la hausse », précise-t-elle.
« Je vois tout l’argent qui sort de l’État et qui va vers des fraudeurs, des gens criminalisés, et je suis un peu découragé », déplore son collègue, l’inspecteur Charles Hudon, directeur adjoint de la Direction des enquêtes criminelles.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
L’UPAC enquête aussi
Les fraudes contre l’État sont également devenues une priorité pour l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a 132 enquêtes ouvertes à ce sujet pour des montants estimés à plus de 30,5 M$.
« On travaille beaucoup sur des stratagèmes qui vont toucher des subventions gouvernementales », explique l’inspecteur Maxime Tremblay, directeur adjoint de la direction du renseignement et des enquêtes.

Ces fraudes se font parfois avec la complicité d’employés gouvernementaux, affirme-t-il.
« Il faut penser qu’il y en a qui cherchent juste les occasions pour venir faire de la malversation », ajoute son collègue, l’inspecteur Jean-François Pelletier.
Les enquêtes étant toujours en cours, ni la SQ ni l’UPAC n’ont voulu nommer les institutions victimes de fraudes. L’émission J.E a donc tenté d’obtenir ces renseignements directement auprès de celles-ci par demandes d’accès à l’information.
Seule une poignée d’entre elles ont répondu aux demandes. Ces réponses nous ont tout de même permis de constater qu’au moins cinq organisations ont été victimes de fraudes, dont le CIUSSS de l’Estrie - CHUS, qui a perdu près de 150 000 $ (voir encadré et autre texte).
Des fonds publics dilapidés
La SQ assure que ces enquêtes portent fruit, citant en exemple le démantèlement d’un réseau de fraudeurs de prêts et bourses pour plus de 3 M$ d’argent public qui a mené à des condamnations, l’an dernier.
« Lorsque des fraudeurs s’attaquent à ces fonds-là, ils dilapident des sommes qui pourraient être réutilisées dans le système de la santé ou autre. Pour moi, c’est un problème majeur auquel on doit s’attarder et qui est prioritaire », insiste la capitaine Marie-Hélène Poulin.
Elle rappelle que l’intervention des autorités peut permettre de récupérer des sommes ou, du moins, de faire cesser la fraude.
Si vous détenez de l’information à ce sujet, écrivez-nous au je@tva.ca.