«Je serais fier d’être le premier depuis 2009»: Justin Carbonneau pourrait succéder à Louis Leblanc


Nicolas Cloutier
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Jamais depuis la sélection de Louis Leblanc en 2009, le Canadien de Montréal n’a osé repêcher un Québécois au 1er tour. Au lendemain de sa rencontre avec l’état-major du Tricolore, Justin Carbonneau a proposé une vision très pragmatique de ce scénario qui placerait la pression d’une province sur ses épaules.
«Je ne suis pas un Québécois, je suis un joueur de hockey, a lancé le jeune homme avec prestance, sans broncher, accoudé au bar du lobby du Marriott Harborcenter pour notre entrevue. Le Québécois ne change rien. J’arrive dans le coin contre un Suédois, je vais gagner la bataille. Ça ne change pas grand-chose.»
On peut en douter. Dans les faits, un Québécois qui joue à Montréal, ce n’est jamais pareil. N’empêche, ces paroles ont été prononcées avec une conviction difficilement ébranlable.
Comme si le travail de préparation était déjà entamé, Carbonneau a reprogrammé son cerveau pour ne voir que le positif rattaché à un tel scénario.
«Au contraire, je serais heureux et fier d’être le premier depuis 2009. Je ne connaissais pas vraiment la statistique. Pour moi, ce serait un peu comme un rêve de pouvoir dire que je suis rentré dans la LNH avec eux», a affirmé l’imposant gaillard.
Jouant à l’équilibriste, il prend bien soin de préciser que «ce serait un rêve avec toutes les équipes»... tout en avouant avoir ressenti une petite émotion quand il s’est assis pour répondre aux questions de l’équipe qu'il a observée en grandissant.
«C’est sûr que ça faisait un petit feeling. Je pense que ça s’est bien passé, a-t-il évalué. C’est une organisation classe. Il y a du bon monde et de bons penseurs là-dedans.»
Peu importe le rang, peu importe l’équipe, celle qui daignera le repêcher «fera le meilleur choix», a-t-il assuré avec confiance.
«Mon désir de gagner et ma volonté de m’améliorer, je pense que personne ne veut passer par-dessus ça.»
Le meilleur résultat
Les questions loufoques comme celles de l’animal étaient de retour au programme au Combine.
«J’étais le requin, a confié Carbonneau avec le sourire. Je me suis fait niaiser par mes chums. J’attaque comme un requin. Je flaire le sang comme un requin.»
Mais au-delà des bizarreries usuelles, on note cette année un test cognitif particulier mené auprès des espoirs: celui de la «feuille de papier».
L’espoir doit tourner la feuille et placer dans l’ordre le plus rapidement possible des chiffres de 1 à 100 qui ont été répartis pêle-mêle.
«Quand je l’ai fait, je pensais que j’avais été vraiment mauvais. Puis je me suis fait dire que j’ai eu le meilleur score. J’étais sûr que je n’avais pas été assez bon, et tout le monde dans la salle est parti à rire.»
C’est un peu ça, Carbonneau. Les attentes qu’il s’impose sont dans le tapis. Et ça lui pose parfois problème.
Le gros bonhomme veut tellement bien faire. Il soulève toutes les pierres pour améliorer le moindre aspect de son jeu, que ce soit les séances de patinage avec Barbara Underhill ou l’entraînement neuropsychologique.
Le problème, c’est quand il veut trop en faire. Lorsque le match ne se déroule pas comme prévu, ça se ressent parfois dans son non-verbal. Il en est pleinement conscient.
«J’ai beaucoup de fire, ça brûle en dedans de moi, a-t-il admis. Je veux toujours être le meilleur, je veux toujours gagner. J’ai travaillé beaucoup là-dessus cette année, réaliser que tout ne sera pas parfait. Le feu que j’ai, faut que je le contrôle, faut que je le gère.»
L’introspection n’est jamais loin de la soif d’apprendre, et c’est un thème avec Carbonneau. Quoi qu’on puisse lui reprocher, il veut toujours être meilleur. Au bout de cette quête, il espère devenir une sorte de mélange entre Adrian Kempe et Travis Konecny.
«J’ai encore beaucoup à apprendre, je suis conscient. Moi, je le vois comme du positif. Je me dis que je suis un bon joueur et si je me développe, je vais être un maudit bon joueur. Un power forward.»