«Je pense que ce sera le plus grand combat féminin de l’histoire»

Benoit Beaudoin
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Valentina Shevchenko n’est pas devenue l’une des plus grandes championnes de l’UFC par hasard. L’athlète originaire du Kirghizistan possède une volonté et une confiance hors du commun, qui se reflètent même en entrevue. D’ailleurs, elle n’hésitera pas à vous interrompre pour vous corriger, si elle le juge nécessaire.
Lorsque questionnée sur le fait qu’elle a battu toutes les meilleures combattantes à 125 livres (poids mouches), elle précise qu’elle a AUSSI vaincu les plus grandes à 135 livres (poids coqs).
C’est noté.
Lorsque questionnée sur une éventuelle retraite, elle qui a maintenant 36 ans, elle répond poliment, mais directement, qu’elle DÉTESTE cette question.
C’est noté également. (Je retirerai cette question de ma liste pour mes prochaines entrevues).
Mais on ressent surtout l’aura de la championne lorsque vient le temps de parler de son prochain combat, le 10 mai, lors de l’UFC 315 à Montréal. Shevchenko défendra alors son titre des poids mouches de l’UFC contre la Française Manon Fiorot.
«Chaque combat de championnat est un défi immense. Je défendrai mon titre, peu importe qui se retrouvera devant moi. Je me concentre entièrement sur ma préparation et non pas sur mon adversaire.»
Visiblement, Shevchenko ne se préoccupe guère de sa prochaine rivale. Elle prend d’ailleurs soin de ne jamais la nommer! La championne n’a clairement pas apprécié les récentes attaques de Fiorot sur les médias sociaux.
You lose - you retire 👊 Deal ?!!
— Valentina Shevchenko (@BulletValentina) November 8, 2024
ill-mannered first-grader https://t.co/ni4YIGXDjg
La Française a urgé Shevchenko d’accepter le duel afin de pouvoir l’envoyer à la maison de retraite.
«J'attends ce combat depuis plus d'un an», rétorque Fiorot, pour expliquer cette sortie intempestive.
«Chaque fois qu'on demandait à Valentina quel était son prochain combat, elle ne disait jamais clairement mon nom. Alors je voulais juste lui dire que j'étais là, que je l'attendais. Et apparemment, ç’a marché.»
La bête a effectivement été réveillée.
«Manon vient du monde du karaté où l’on prêche le respect, le dévouement et l’honneur, explique Shevchenko. Avec ses commentaires, on dirait plutôt qu’elle vient du monde de la savate», en référence à la boxe française, inventée par les marins du 17e siècle et reconnue pour son manque de finesse.
«Je ne sais pas qui est la personne qui lui a conseillé de me provoquer de la sorte. Honnêtement, ça sonnait un peu faux.»
La joie de se battre au Canada
Il y a quand même une chose sur laquelle les deux rivales s’entendent : leur reconnaissance d’avoir été sélectionnées pour faire partie de l’événement montréalais.
Pour la championne, la raison est purement sportive.
«J’ai de bons souvenirs du Canada, relate Shevchenko. J’ai gagné mon titre à Toronto en 2018 et je compte bien le défendre un fois de plus ici.»
Pour Fiorot, l’attrait est plutôt culturel, elle qui ne parle pratiquement pas anglais. Elle se sent comme à la maison à Montréal, même si elle vient d’y mettre les pieds pour la toute première fois.
Un de ses hommes de coin a toutefois un attachement profond avec la ville.
«Un de mes entraîneurs, Kristof Midoux, a été un pionnier ici.»
Effectivement, le Français a combattu sur la réserve mohawk de Kahnawake avant que les arts martiaux mixtes soient officiellement légalisés au Québec. Mais Midoux est surtout connu pour avoir été un important mentor pour Georges St-Pierre.
(Kristof Midoux, à droite sur les photos)
«Pour moi, c'est vraiment symbolique qu'il soit dans mon coin pour ce combat, ajoute Fiorot. Je veux lui procurer une deuxième ceinture en tant qu'entraîneur.»
Les deux combattantes retournent maintenant dans leurs quartiers généraux respectifs afin de peaufiner leur préparation en vue de leur duel du mois de mai, au Centre Bell.
Shevchenko et Fiorot seront alors prêtes à en mettre plein la vue aux amateurs qui n’ont pas eu la chance d’assister à un événement de l’UFC depuis 10 ans.
«Je sais que les Canadiens sont des passionnés d’arts martiaux mixtes. À Toronto, l’atmosphère était incroyable, ce qui m’a donné énormément d’énergie. En tant qu’athlète, on veut toujours en donner plus pour une foule en délire», estime la championne.
Et Fiorot d’ajouter : «Je pense que ça va être l'un des plus grands combats féminins de l’histoire. J'en suis convaincue».