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«Là, tab..., dites rien» : le jeu de coulisses qui a attiré Arseny Radkov chez l'Armada

Photo MARTIN ALARIE
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-09-08T16:00:00Z

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«Je n’étais pas content quand les Canadiens de Montréal ont repêché Arseny Radkov», confie candidement le directeur général de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Olivier Picard, lors d’un entretien privilégié avec TVA Sports.

Avant que vous ne tiriez une quelconque conclusion, l’Armada maintient de très bonnes relations avec son voisin un peu plus au sud. Il n’y avait rien de personnel. Seulement un léger syndrome post-traumatique doublé d’hypervigilance.

Bien avant que le Canadien ne jette son dévolu sur l’intrigant Radkov au troisième tour du dernier repêchage, l’Armada de Blainville-Boisbriand préparait en coulisses la venue du gardien russe.

«Nous, on avait un deal avec [son camp] depuis le mois de janvier», révèle Picard.

L’ennui, c’est qu’une entente verbale avec un joueur étranger est toujours conditionnelle à sa sélection au repêchage européen de la Ligue canadienne de hockey (LCH).

«Quand le CH l’a repêché, ça le mettait sous le radar, explique le DG de la flotte. Toutes les équipes de la ligue se disaient: “Peut-être qu’il y a une chance qu’on réussisse à le convaincre”.»

Il y a un peu plus d’un an, le codirecteur du recrutement amateur du Tricolore Martin Lapointe avait annoncé de façon précipitée que le gardien Mikus Vecvanags s’en allait chez l’Armada. Sans intention malveillante, bien entendu. Lapointe s’était malencontreusement échappé comme tout le monde peut le faire après une grosse journée de travail dans le corps.

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Résultat: Picard et l’Armada ont vu le Titan d’Acadie-Bathurst leur damer le pion au repêchage européen.

Lorsque Radkov a été réclamé par le CH, Picard a envoyé un message texte en boutade au dépisteur des gardiens Vincent Riendeau.

«Là, tab..., dites rien.»

Jeu de coulisses

Comment se fait-il que l’Armada était sur la piste du cerbère russe avant tout le monde? Une combinaison de deux facteurs a souri à la formation de la couronne nord: une réputation enviable en vertu des ressources que le club a les moyens d’offrir et de bons contacts.

Cette conversation à bâtons rompus avec l’architecte de l’Armada nous permet une incursion dans le processus de recrutement des équipes de la LCH à l’étranger.

«En janvier, l’agent de Radkov [Jessy Morin, de Quartexx], m’a dit qu’il pouvait nous aider: “Il fit dans votre groupe d’âge. On pense que ça va être une bonne situation pour lui avec l’équipe que vous allez avoir.”»

L’Armada a par la suite fait ses devoirs pour en avoir le cœur net, mais on ne s’est pas éternisé.

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«Ça n’a pas été long, souligne Picard. On voyait déjà son côté athlétique. On a discuté avec lui par Zoom et il voulait vraiment venir jouer ici.»

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«Dans certains matchs que j’ai regardés, il recevait 65 tirs et n’accordait qu’un but. J’étais soufflé. Il dégageait quelque chose de spécial», s’emballe l’entraîneur des gardiens de l’Armada, Nathan Craze.

Toutes ces belles démarches auraient pu tomber à l’eau en raison du microscope sous lequel Radkov s’est retrouvé après sa sélection par le Tricolore.

«Tu as une entente avec lui, mais si quelqu’un le sélectionne avant toi, il n’y a rien qui empêche l’équipe d’aller le voir [et de le convaincre de venir]», rappelle Picard, qui détenait le 33e choix de l’encan européen.

Nerveux, le DG a songé à effectuer une transaction pour améliorer son rang de sélection.

«On peut à nouveau échanger des choix euros, mentionne Picard. Mais il faut que ça se fasse lundi avant le repêchage, pas durant la séance.

«Ça fait que... je te donne un exemple: je m’avance à 12, je paye un certain prix et il n’y a rien qui me dit qu’il ne sortira pas à 7.»

Picard a finalement fait confiance à son instinct. «J’avais des doutes qu’il allait être encore là.»

Et le Canadien, lui, était ravi d’apprendre que Radkov prenait le chemin de la Rive-Nord. Cette volonté du jeune homme de poursuivre son développement dans le grand Montréal a sans doute conforté le CH dans son choix, d’ailleurs.

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