«Je n’échangerais mes Jeux avec personne»


Benoît Rioux
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Le Québécois David Pelletier défile ses souvenirs des Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002, et on croirait entendre Forrest Gump, le personnage du film oscarisé du même nom, tellement tout semble irréel.
En l’espace de quelques jours, le légendaire Wayne Gretzky demande à le rencontrer, puis l’ancienne gymnaste Nadia Comaneci l’arrête dans la rue pour une photo. Quelques mois seulement après les attentats du World Trade Center, il vient à partager une loge avec le maire de New York, Rudy Giuliani. De son côté, l’animateur Jay Leno, du «Tonight Show», met un avion privé à disposition de sa partenaire Jamie Salé et lui afin que les patineurs se retrouvent sur son plateau.
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«Cette expérience olympique a été la mienne et je ne l’échangerais pas avec personne d’autre», tranche Pelletier, 20 ans plus tard, rappelant l’énorme scandale vécu par le couple canadien à l’épreuve de patinage artistique en couple.
Le 11 février 2002, Salé et Pelletier croient bien avoir remporté la médaille d’or à la suite d’un sans-faute au programme libre. Une magouille impliquant la Fédération française des sports de glace et cette désormais célèbre juge nommée Marie-Reine Le Gougne entraîne toutefois une deuxième place pour le couple canadien. Ils terminent derrière les Russes Elena Berejnaïa et Anton Sikharulidze. Salé et Pelletier, victimes d’une injustice, deviennent soudainement le principal sujet des Jeux.
«Pour moi, ces Jeux olympiques, ça demeure extrêmement positif, dit Pelletier. Mais aujourd’hui, je regarde ça avec un certain détachement. C’était un autre chapitre de ma vie, je ne reconnais pas ce gars-là qui est sur la glace quand je vois les images.»
Gérer la controverse
En deux décennies, la vie de Pelletier a effectivement beaucoup changé. Établi à Edmonton, il occupe désormais un poste d’instructeur en patinage chez les Oilers, dans la Ligue nationale de hockey.
«Professionnellement, j’ai changé de trajectoire, mais ça demeure une expérience de vie incroyable, indique-t-il à propos des Jeux de Salt Lake City. Les gens s’en souviennent parce que notre performance était bonne, oui, mais peut-être surtout par la façon dont nous avions géré la controverse.»
«Une chose que je voulais faire aux Jeux olympiques, c’était d’aller admirer les autres athlètes pendant les compétitions, mais je n’ai pas vraiment eu la chance... Nous avions tellement d’entrevues.»
Rencontrer Gretzky
Il y a d’abord eu le scandale puis, une deuxième vague de rencontres avec les médias, quand le président de l'Union internationale de patinage, Ottavio Cinquanta, et le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, ont annoncé, à peine cinq jours après la compétition, que le couple canadien obtiendrait aussi une médaille d'or, tout comme le couple russe.
Maintenant détaché du monde du patinage artistique, Pelletier n’en conserve que du positif. Et d’innombrables anecdotes...
«L’équipe canadienne de hockey masculin était à Salt Lake City et on m’a dit que Gretzky [NDLR : directeur exécutif de la formation] souhaitait nous rencontrer au village olympique, raconte l’athlète. C’était invraisemblable pour moi qui ai grandi en adorant le hockey. On nous avait aussi invités à assister à un entraînement. Je me souviens d’avoir également été très impressionné de croiser Mario Lemieux.»