«Je ne vais jamais prendre ma position pour acquise»: Édouard Julien est fier de sa première saison avec les Twins, mais veut continuer de s’améliorer

Stéphane Cadorette
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À peine une semaine après l’élimination des Twins, Édouard Julien est de retour à la maison, animé de sentiments partagés. Déçu de la sortie de son équipe en séries éliminatoires, mais fier de sa première saison dans le baseball majeur, il entend consacrer les prochains mois à bûcher pour solidifier sa place dans la grande ligue.
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Que d’émotions pour le joueur de 24 ans de Québec dans les derniers mois! Un premier match dans les majeures le 12 avril, un premier coup de circuit au Yankee Stadium dès le lendemain, une présence en séries éliminatoires, un balayage face aux Jays, puis un autre mémorable circuit contre les Astros de Houston avant de subir l’élimination fatidique. Ouf!
Il est facile de comprendre qu’au terme d’un tel tourbillon, à peine retombé sur terre, Julien se sente encore quelque peu étourdi.

«Je n’ai pas encore eu vraiment le temps d’y penser. Ça fait une semaine que c’est fini et je suis encore déçu de la défaite qu’on a connue. Quand je regarde vers l’arrière, j’ai bien aimé ma saison, j’ai eu beaucoup de plaisir et j’ai appris tellement d’affaires.
«La saison a été plus qu’à la hauteur de mes attentes. C’est quelque chose dont je rêvais, mais je n’avais aucune idée c’était quoi les Ligues majeures. Il y a plein de nouvelles choses que j’ai expérimentées. Connaître du succès sur la plus grande scène, c’est positif pour moi, mais j’ai beaucoup à apprendre», a commenté le cogneur de Québec, en renouant avec les médias de sa ville.
Une place à garder

La poussière n’est pas encore retombée que Julien songe déjà à la prochaine campagne. Après tout, c’est la réalité d’une recrue du baseball majeur.
Même quand cette recrue a terminé au premier rang des siens pour la moyenne de présence sur les sentiers (,381), au troisième pour la moyenne au bâton (,263), au sixième pour les coups de circuit (16) et au deuxième pour les points comptés (60).
Ce serait bien mal connaître Julien que d’imaginer qu’il se complaît avec ses performances et de belles statistiques.
«Mon but est de travailler toute la saison morte pour arriver au camp prêt et démontrer aux Twins que j’ai ma place et la solidifier. Je ne vais jamais prendre ma position pour acquise.
«Je veux montrer que je peux aider l’équipe à gagner une Série mondiale. Quand tu as goûté à la vie d’un joueur des ligues majeures, de voir comment tout le monde te traite comme joueur professionnel, tu ne veux pas vraiment retourner en bas», s’est-il exprimé.
Une belle ascension
L’ascension a été fulgurante pour celui qui a été le choix de 18e ronde, le 539e au total du repêchage de 2019, par les Twins.
Après une période d’adaptation en début de saison, Julien a pris son erre d’aller et n’a plus jamais regardé en arrière. Il affirme qu’à compter de la pause du match des étoiles, il a vraiment commencé à se sentir davantage dans ses pantoufles.
«J’ai compris que j’avais vraiment des chances de rester et que j’avais ma place dans les majeures. Je sentais que les gars me respectaient. Ce qui est le plus gros pour moi, c’est d’avoir le respect de mes coéquipiers», a-t-il dit.
Un jeu à peaufiner

Évidemment, se sentir bien à sa place ne signifie pas que Julien se croit parvenu. Celui qui a principalement patrouillé le deuxième coussin a d’ailleurs plus la tête à la tâche qui est devant lui qu’à tout ce qu’il a vécu cet été au Minnesota.
«Je ne suis pas quelqu’un qui aime parler de moi-même et de ce que j’ai accompli. Je suis fier de ce que j’ai fait, mais quand je reviens en arrière, je pense avant tout à ce que je pourrais mieux faire et dans quoi je pourrais m’améliorer. C’est ça qui me pousse dans la saison morte.
«J’aimerais améliorer toutes les facettes de mon jeu. Dans les trois dernières années, on a parlé de ma défensive. Aujourd’hui, je veux être meilleur pour frapper les changements de vitesse, les courbes et les rapides hautes. Je veux arriver en forme au camp d’entraînement et travailler sur toutes mes petites blessures pour pouvoir être en santé quand la saison va commencer», a-t-il résumé.
Un passage marquant en séries éliminatoires

Si la saison d’Édouard Julien a été ponctuée de moments inoubliables, aucun n’a été plus marquant que le coup de circuit réussi aux dépens des Astros, en sixième manche du quatrième match de la série de division de la Ligue américaine.
À cette occasion, Julien est d’ailleurs devenu le premier joueur recrue canadien de l’histoire à catapulter une balle de l’autre côté de la clôture dans un duel éliminatoire.
«Il y avait toute la pression, dans un moment qui compte. Tu ne peux pas vraiment décrire ça. Quand j’ai frappé la balle au champ opposé, je ne savais pas si elle allait sortir, mais j’avais une bonne idée.
«De voir les fans se lever dans les estrades et crier ton nom pendant que tu cours autour des buts, tu n’es pas vraiment capable de penser à rien. Quand ça arrive, c’est surréel. En même temps dans ma tête, tout ce que je pensais c’est que c’était 3-2, on perdait encore par un point et ma prochaine apparition au bâton allait être la plus importante de l’année», a-t-il raconté en revenant sur l’exploit.
Difficile à accepter
D’ailleurs, il est facile de constater que Julien n’a toujours pas digéré l’élimination des Twins, même s’il a connu un brillant parcours en séries sur le plan individuel.
«C’est difficile à prendre quand tu es si proche. Tu es à un point ou un coup sûr d’égaler la partie ou de prendre les devants. On ne s’attend pas à perdre quand on est là. On pense qu’on va gagner la Série mondiale. Quand je vois en ce moment les Astros qui jouent à la télé contre les Rangers, c’est difficile parce que je sais qu’on a eu du succès contre eux en saison et qu’on croyait en nos chances», a-t-il fait remarquer.
Cela dit, il se réjouit du fait que les Twins aient raflé les honneurs de la division Centrale avec 87 victoires et croit que ce n’est que partie remise pour un plus long parcours en octobre.
«Je suis très optimiste par rapport au fait que les Twins vont gagner une Série mondiale dans les prochaines années», a-t-il assuré. On est très jeunes et je crois que nos jeunes joueurs ont démontré qu’ils pouvaient jouer dans les Ligues majeures. On a aussi un très bon mélange de vétérans qui vont rester avec nous pour longtemps.»
Face aux Jays
Autre fait saillant de la saison de Julien, il a vécu son baptême des séries face à l’équipe qu’il a adulée en grandissant, les Jays de Toronto.
«J’ai grandi en regardant les Jays, avec Jose Bautista qui fait le bat flip. C’est un peu ça qui m’a fait jouer au baseball en me donnant le désir de jouer au prochain niveau. De dire qu’on a battu les Jays en deux parties et que ça faisait longtemps que les Twins n’avaient pas gagné, c’est incroyable pour moi», a-t-il souri.
EN BREF...
Un contrat à long terme?
Après avoir touché le salaire minimum de 720 000 $ dans le baseball majeur cette saison, Édouard Julien ne perd pas le sommeil quant à l’idée de signer un contrat à long terme, mais évidemment, si les Twins l’approchent pour une entente plus lucrative, il ne se fera pas tordre un bras. «J’appartiens à l’équipe pendant six ans. Puisque je n’ai pas joué une année complète, l’équipe a encore les droits sur moi pendant six autres années. Dans deux ans, je pourrai négocier mon contrat à l’année, mais si les Twins veulent m’offrir un contrat à long terme, c’est sûr que je ne fermerai pas la porte», a-t-il indiqué.
Une nouvelle célébrité
Discret de nature, Édouard Julien apprend tranquillement à jongler avec la célébrité qui vient avec son statut, même si pour l’instant, il peut encore facilement mener une vie privée. «Je suis une personne normale qui se fond dans la population. Je ne suis pas encore la personne la plus connue. Je suis juste un petit joueur de baseball et ce n’est pas le sport le plus populaire au Québec. Je le vois un peu dans les rues de Québec ou du Minnesota, que je me fais reconnaître un peu plus. Il faut dealer avec ça et être respectueux avec tout le monde», a-t-il mentionné.
Trop, c’est trop!
Édouard Julien, surnommé le God of Walks (le dieu des buts sur balles), a souvent été louangé pour son approche patiente au bâton. Il n’hésite pas à dire qu’à ses débuts dans les majeures, on lui procurait tellement d’informations sur les lanceurs adverses qu’il a vite compris que trop, c’est comme pas assez. «Tu as tellement d’idées dans ta tête et tu arrives au bâton un peu perdu. Les premières semaines, c’était ça qui me donnait de la misère. Je pensais un peu trop et le lancer était déjà passé. Quand je suis remonté la deuxième fois dans les majeures, je me suis ajusté en me disant que c’était la même game que je joue depuis que je suis tout jeune et j’ai pris seulement les statistiques qui m’aidaient», a-t-il expliqué.
LES STATISTIQUES D’ÉDOUARD JULIEN
En saison régulière
Moyenne au bâton : ,263
Moyenne de présence sur les sentiers : ,381
Moyenne de puissance : ,459
Coups sûrs : 89
Doubles : 16
Triples : 1
Coups de circuit : 16
Points produits : 37
Points comptés : 60
Buts volés : 3
Buts sur balles : 45
Retraits sur des prises : 128
En séries
Moyenne au bâton : ,294
Moyenne de présence sur les sentiers : ,455
Moyenne de puissance : ,588
Coups sûrs : 5
Doubles : 2
Triples : 0
Coups de circuit : 1
Points produits : 2
Points comptés : 2
Buts volés : 0
Buts sur balles : 5
Retraits sur des prises : 8