Jeux olympiques: «Je ne pense pas que j’aurais gagné sans Antoine» – Christa Deguchi


Richard Boutin
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PARIS | Christa Deguchi a rendu hommage à son entraîneur, Antoine Valois-Fortier, après sa victoire historique.
«Sans Antoine, je ne pense pas que j’aurais gagné l’or, a-t-elle déclaré. Il se sacrifie et fait tout pour ses athlètes. Je ne devrais pas dire ça, mais il a pleuré quand j’ai gagné.»
Deguchi a développé une plus grande relation avec Valois-Fortier depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe canadienne. «En 2017 quand je suis arrivée avec l’équipe canadienne, je parlais à Antoine qui était encore un athlète, mais nous n'étions pas proches, a souligné celle qui portait les couleurs de l’équipe nationale japonaise avant de profiter de sa double citoyenneté pour se greffer au Canada. On s’est depuis rapproché et il fait tout pour nous.»
Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Londres en 2012, Valois-Fortier a renvoyé l’ascenseur à Deguchi. «C’est cool d’entendre ça, mais tout le crédit de sa victoire lui revient. Elle a été mise de côté par le Japon; elle a démontré beaucoup de courage en faisant le saut au Canada ce qu’aucune Japonaise n’avait fait dans le passé; et elle a raté sa qualification pour les Jeux de Tokyo. Tous ces efforts ont culminé avec sa victoire olympique. Christa est une personne et une athlète exceptionnelle.»
Moment magique
Parce qu’il baigne dans le programme de l’équipe nationale depuis une quinzaine d’années, Valois-Fortier est en mesure de saisir l’ampleur de l’exploit de Deguchi. «C’est un moment incroyable, a-t-il résumé. C’est fou d’avoir pu vivre et partager ce moment avec Christa. J’ai vieilli de dix ans pendant la journée.»
Valois-Fortier balaie du revers de la main l’affirmation de Deguchi qui prétend avoir été chanceuse de remporter ses deux derniers combats en ayant tiré profit du fait que ses adversaires ont écopé d’une troisième pénalité.
«Il n'y a pas de mauvaise façon de gagner, mais elle n’a pas été chanceuse, a soutenu son entraîneur. Elle a conservé la même attitude et elle a continué de se battre. Avec des adversaires de cette qualité, ça se joue de peu. Elle est demeurée calme dans les moments importants. Elle a bien géré ses combats et elle n’est pas tombée dans le jeu de ses adversaires.»
Pendant les combats, Valois-Fortier transmettait ses consignes à Deluchi par de grands gestes où il plaçait ses mains autour de son cou et un thème revenait plus souvent. «Je voulais qu’elle respire. C’est comme sur un lac quand ça brasse, tu dois rechercher le calme.»