«Je ne pense pas avoir déjà vu ça»: personne ne s'entend sur l'identité du meilleur espoir en vue du repêchage de la LHJMQ


Kevin Dubé
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La LHJMQ tiendra sa loterie en vue du prochain repêchage de son circuit, jeudi. Qui est donc le meilleur jeune joueur né en 2008, celui que l’équipe qui remportera cette loterie aura la chance de réclamer au tout premier rang? Personne ne le sait vraiment.
Il existe un consensus en vue de ce repêchage qui se tiendra à Moncton les 7 et 8 juin prochains et c’est qu’il n’y a pas de consensus.
Aucun joueur ne ressort du lot comme étant le meilleur espoir de la cuvée 2024 et un choix consensuel pour entendre son nom au tout premier rang.
Au fil de nos conversations avec plusieurs intervenants, les noms des attaquants Tynan Lawrence (Shattuck St-Mary’s), Jayden Plouffe (Esther-Blondin), Romain Litalien (Séminaire Saint-François), Dylan Rozzi (Lac Saint-Louis), Chad Lygitsakos (Trois-Rivières) et Maddox Dagenais (Quinte, Ontario), ainsi que des défenseurs Benjamin Cossette-Ayotte (Trois-Rivières), Jacob Gouchie et Cameron Chartrand (Bishop Kerney Selects) ont été nommés comme de potentiels premiers choix ou, à tout le moins, comme les meilleurs de la cuvée.
Mais personne ne s'entend sur le premier de classe.
«Il y a plusieurs bons joueurs qui ont besoin de développement, mais pas d’Alexis Lafrenière», nous a-t-on illustré.
Sans compter qu’un autre des meilleurs espoirs du bassin de la LHJMQ, l’attaquant de Cole Harbour Aiden O’Donnell, a préféré se rapporter à la Ligue de l’Ontario (OHL), où son père a brièvement joué à l’époque, évoquant des raisons de « voyagement ». Il a été un choix de première ronde des Bulldogs de Brantford, récemment.
Pas de consensus
Selon ce qui nous a été raconté, des équipes se sont même retrouvés avec un joyeux problème lors de rencontres entre recruteurs alors qu’aucun intervenant autour de la table n’avait le même nom comme premier de liste.
«Il n’existe pas de consensus cette année, confirme le directeur du Centre de soutien au recrutement de la LHJMQ, l’équivalent de la Centrale de recrutement de la LNH, Pierre Cholette. Je ne suis même pas capable de te nommer un groupe de cinq joueurs et te dire que c’est sûr que le tout premier choix va être là-dedans. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais plus parce qu’il n’y en a pas un qui se démarque des autres. Je ne crois pas avoir déjà vu ça.»
La menace des États-Unis
Ce qui complexifie la situation, encore une fois cette année, est la menace de certains des meilleurs espoirs de poursuivre leur route vers les États-Unis. En ce moment, Lawrence, Chartrand et Dagenais laissent notamment planer le doute sur leurs intentions.
«Tu n’as pas de réponse claire à 100% de leur part», confirme le directeur général des Remparts de Québec, Simon Gagné, à qui le choix des Islanders de Charlottetown donnera 10% des chances de repêcher premier à la loterie.
Ces incertitudes changent aussi le portrait global, nous ont pointé certains intervenants.
Par exemple, si les Foreurs de Val-d’Or remportent la loterie (ils possèdent 15 des 21 boules dans le boulier), plusieurs s’attendent à ce qu’ils ne repêchent pas de joueurs des Maritimes, comme Lawrence, par exemple alors que ça pourrait être une autre histoire si ce sont les Sea Dogs qui devaient l’emporter, eux qui ont convaincu son frère, Josh, de jouer dans la LHJMQ en 2018, après qu’il eut brandi la menace des États-Unis.
«Je veux repêcher 1 et 2» – Maxime Desruisseaux
Qu’il n’y ait pas de consensus ne change pas grand-chose pour le directeur général des Foreurs de Val-d’Or, Maxime Desruisseaux: «je veux repêcher 1 et 2, c’est un luxe.»
La formation abitibienne a souffert la saison dernière, terminant au dernier rang du classement général de la LHJMQ avec un maigre 35 points, ce qui lui donne les meilleures probabilités à la loterie avec neuf boules sur 21, soit 43% des chances de repêcher premier. Les Foreurs détiennent aussi le choix de première ronde de la deuxième pire équipe en saison régulière, les Remparts de Québec, acquis dans la transaction qui a envoyé Justin Robidas dans la Vieille Capitale la saison dernière.
C’est donc dire que Val-d’Or possède 15 des 21 boules qui seront placées dans le boulier et un total de 71% des chances de repêcher au premier rang.
Une différence
À ses yeux, repêcher aux premiers et deuxièmes rangs serait un avantage non négligeable.
«Je pense qu’il y a une différence entre les joueurs qu’on a premier et deuxième sur notre liste et ceux qui sont trois, quatre ou cinq. On a identifié des joueurs qui se démarquent et qui, lorsqu’ils auront 18, 19 ou 20 ans, vont mener la ligue.»
D’ailleurs, pour ceux qui pensent que les Foreurs, ou toute autre équipe qui rempotera la loterie, pourraient opter pour un récalcitrant avec le tout premier choix afin d’obtenir un choix compensatoire du même rang la saison prochaine et s’assurer des services d’Alexis Joseph, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Le choix compensatoire offert aux équipes qui parlent parmi les cinq premiers est le sixième du repêchage de l'année suivante.
Après le top-5, l’équipe reçoit en compensation un choix du même rang que le joueur qu’elle a sélectionné, au repêchage de l’année suivante.
Le pourcentage à la loterie de jeudi
- Foreurs de Val-d’Or: neuf boules sur 21 donc 43% des chances de repêcher premier
- Foreurs de Val-d’Or (choix de Québec): six boules sur 21 pour 28%
- Eagles du Cap-Breton (choix de Saint-Jean): trois boules sur 21 pour 14%
- Remparts de Québec (choix de Charlottetown): deux boules sur 21 pour 10%
- Sea Dogs de Saint-Jean (choix de Gatineau): une boule sur 21 pour 5%