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«Je n’aime pas le Canada»: mon entretien fascinant avec (le personnage de) Dominik Mysterio, un méchant de la WWE comme dans le temps

Éternellement détesté de la foule dans les dernières années, Dominik Mysterio a surpris en remportant le titre de champion intercontinental de la WWE à WrestleMania et semble désormais s’attirer les faveurs de ses anciens détracteurs.
Éternellement détesté de la foule dans les dernières années, Dominik Mysterio a surpris en remportant le titre de champion intercontinental de la WWE à WrestleMania et semble désormais s’attirer les faveurs de ses anciens détracteurs. Getty Images via AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-06-15T04:00:00Z

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Les mordus de lutte du bon vieux temps se souviennent des méchants qui, pour entretenir le mythe autour de leur personnage, s’assuraient de ne jamais sortir de leur rôle. Dominik Mysterio, détestable mais charismatique champion intercontinental de la WWE, qui sera de passage au Centre Vidéotron pour Raw, le 11 août, sort tout droit de cette vieille école. Résumé de mon entrevue délirante avec le lutteur... ou plutôt, son personnage.

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Difficile de savoir sur quel pied danser quand on s’assoit pour une visioconférence avec l’une des étoiles en pleine ascension de la WWE. Celui qui, à l’écran, se plaît à jouer l’éternel arrogant crasse avec sa bande de malfrats du Judgement Day, se présente avec le sourire, me salue et me demande même en français: «Comment tu t’appelles?»

Une fois l’introduction d’usage terminée, il reprend vite son air hautain et ne manque surtout pas de me flasher sa grosse ceinture de champion, remportée sur la plus gigantesque scène qui soit en avril dernier, à WrestleMania 41.

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Rapidement, Mysterio jette les bases d’un entretien qui s’annonce à la fois loufoque, hilarant et, quand il le veut bien, approfondi.

Tout dépend du moment avec celui qui se proclame «le plus grand Mysterio de tous les temps», qui est aussi le fils du légendaire membre du Temple de la renommée Rey Mysterio.

Au diable, le Canada!

Le 11 août, Mysterio en sera à une deuxième présence à Québec. En août 2023, il avait fait les frais du combat final de la soirée avec sa bande de Judgement Day contre les héros locaux Kevin Owens et Sami Zayn, avec le vénéré Cody Rhodes.

«Ce dont je me souviens, c’est qu’en étant au Québec, Kevin et Sami ont eu toute une ovation de bienvenue à la maison! Je ne suis plus certain, mais j’ai probablement reçu un stunner, un Helluva Kick et un Cross Rhodes», a-t-il dit en référence aux prises de finition des trois adversaires.

Ce n’était toutefois pas la seule expérience de Mysterio en sol canadien. En plus de nombreux spectacles de la WWE, il s’est entraîné pendant quelques mois à Calgary, bien avant de devenir célèbre, en compagnie de l’ancien lutteur canadien Lance Storm. En garde-t-il un chaleureux souvenir?

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«Tu veux mon opinion honnête? Je n’aime pas le Canada», me lance celui qui se nourrit des huées du public.

«La seule chose positive qui est sortie du Canada, c’est Trish Stratus», clame-t-il, en référence à la pulpeuse lutteuse et mannequine canadienne qui a connu la gloire au début des années 2000.

«À bien y penser, j’ai déjà goûté à une poutine aux chicken tenders qui était vraiment bonne, je dois l’admettre», prend soin d’ajouter cet incorrigible aficionado des doigts de poulet.

Un «beau latino»

Avant de devenir une vedette de la WWE, Dominik Mysterio s’était entraîné pendant quelques mois à Calgary.
Avant de devenir une vedette de la WWE, Dominik Mysterio s’était entraîné pendant quelques mois à Calgary. Getty Images via AFP

On comprend bien que Dominik Mysterio, dans la vraie vie, n’est pas le «Dirty Dom» qu’il incarne avec aplomb. C’est toutefois plus fort que lui. Le lutteur de 28 ans carbure au dédain du public.

«Les gens qui me huent n’ont pas mon mulet et ma moustache. Ils n’ont pas cette ceinture. C’est le prix à payer parce que je suis un beau latino qui n’a pas à porter un masque pour se cacher (comme les fameux luchadores). Ces gens n’ont pas mon visage, donc je comprends leur mépris», lance-t-il, presque le plus sérieusement du monde.

Dans les dernières années, les amateurs de lutte se sont amusés à le détester, au point où la WWE a cru bon de vendre du papier de toilette à l’effigie de Dirty Dom. Un rouleau pour la modique somme de 12,99$ américains, si le cœur vous en dit!

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«Trouve-moi quelqu’un qui a du papier de toilette à son nom... à part le président des États-Unis en ce moment», balance-t-il, tout sourire, en clin d’œil à un certain Donald Trump.

Changement de cap...

Reste que le truand semble se frayer un chemin dans le cœur des gens. La victoire inattendue de Mysterio à WrestleMania a suscité une réaction positive monstre de la foule. Un immense «pop», en langage de lutte.

Depuis, le méchant a parfois été applaudi et les spectateurs se plaisent à chanter des «Dirty, dirty Dooooom» à tue-tête.

«C’était étrange parce que je ne m’attendais clairement pas à cette réaction», a-t-il dit dans un rare moment sérieux, avant de se ressaisir.

«En bout de ligne, tu ne peux pas détester l’excellence. J’ai hâte de voir de quelle façon les fans vont me traiter dans les prochains mois», laisse-t-il miroiter.

Entre fiction et réalité

Mysterio et ses compères de «Judgement Day» seront de passage à Québec dans le cadre de l’émission «Raw», qui sera enregistrée au Centre Vidéotron, le 11 août.
Mysterio et ses compères de «Judgement Day» seront de passage à Québec dans le cadre de l’émission «Raw», qui sera enregistrée au Centre Vidéotron, le 11 août. MEGA/WENN

Tout au long du reste de la discussion, Mysterio danse finement sur la mince ligne entre fiction et réalité.

Quand je lui demande de réagir à la mise à pied décriée par les amateurs des populaires lutteurs Carlito et R-Truth (qui est revenu deux jours après notre entretien, sous la pression populaire), il alterne encore entre ses émotions réelles et le script.

«C’est triste. Ils font partie des grands... Mais à la fin de la journée, ce sont des fossiles! Je suis payé pour lutter et pas pour parler d’individus qui sont 50 ans plus vieux que moi», tranche-t-il, tout en pointant son chandail pour qu’il s’assure que je le vois bien en levant le pouce en l’air.

Et qui est en évidence sur ce chandail? R-Truth, évidemment!

En fait, la seule et unique fois de l’entrevue où Mysterio a délaissé complètement son personnage, c’est lorsqu’il a été question de l’un des plus grands lutteurs de l’histoire du Québec, Kevin Owens, dont la carrière est en pause en raison d’une blessure au cou.

«Ce serait très malheureux qu’il ne lutte plus parce que Kevin a accompli tellement. J’ai eu l’honneur et le privilège de me retrouver dans le ring avec lui. J’espère vraiment qu’il reviendra en action dans la WWE», encense-t-il.

Vous voyez, Mysterio est capable de sensibilité! À moins que ce ne soit le personnage? Je ne sais plus...

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