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Les arts paralysés: il quitte la scène pour travailler dans la construction

Étienne Joly: de guitariste et directeur musical à travailleur de la construction

Photo portrait de Sandra Godin

Sandra Godin

2020-12-05T06:00:00Z

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Le guitariste Étienne Joly, qui détient un baccalauréat en interprétation musicale, écume les scènes du Québec depuis qu’il a 18 ans. «Je n’ai jamais eu de plan B. C’est là que ça me sert d’être manuel un peu», confie-t-il. 

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Spectacle du chanteur Matt Lang
Spectacle du chanteur Matt Lang Photo d'archives

Étienne Joly avait une année 2020 chargée. Après avoir fait la tournée avec 2 Frères, il est devenu directeur musical pour Matt Lang, et travaillait sur le nouveau spectacle de Brigitte Boisjoli. Le 12 mars, jour où l’annulation des spectacles a été annoncée, il devait s’envoler à Londres pour jouer avec Matt Lang. 

En avril, voyant que les spectacles n’allaient pas reprendre de sitôt, Étienne Joly est retourné sur les bancs d’école pour faire un cours de santé et sécurité sur les chantiers de construction, pour obtenir ses cartes de fils d’entrepreneur. Ça lui permet de travailler pour son père, propriétaire d’une compagnie de ferblanterie. 

«Être dans l’attente, c’était un peu stressant, même si je suis un gars positif dans la vie, commente-t-il à l’autre bout du fil. À mon avis, tant qu’il n’y aura pas de vaccin, je ne pense pas que ça va recommencer à la normale. Je ne prévois pas faire de musique avant un bout.»

Un baume

Outre quelques concerts dans une formule cinéparc cet été, Étienne Joly confie qu’il n’a presque pas touché à sa guitare de l’été. Ce qu’il trouve le plus difficile, en ce moment, «c’est de perdre ma gang, dit-il. Je m’ennuie de mon mode de vie normal, je m’ennuie de la réalité.» 

Petit baume sur sa nouvelle réalité : le spectacle de Matt Lang, sur lequel il a travaillé «jour et nuit», a récolté une nomination à l’ADISQ comme Spectacle anglophone de l’année. 

«C’est venu mettre un plaster sur le bobo. Ç’a été difficile pour le moral, pour tout le monde. Mais ça nous démontre que notre travail n’est pas oublié.»

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