Nous vivons depuis toujours dans un univers énigmatique en expansion. Alors, être témoin de son exploration et avoir accès à une pleine compréhension scientifique de ses premiers âges, c’est ce que bon nombre de profanes et de savants souhaitent ardemment.
Dans de nombreux esprits, l’impact produit par la toute première série d’images scientifiques, détaillées et en couleur, d’un minuscule point de notre univers dévoilées récemment par le télescope spatial James Webb vient d’accentuer ce désir...
Les experts disent que les dimensions de cette portion du ciel captée par ce télescope correspondent à celles d’un grain de sable que nous tenons entre deux doigts au bout de notre bras tendu.
Ces images nous révèlent des milliers de galaxies et même une, primordiale, la plus éloignée jamais observée. Elles ont été formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années.
Questions existentielles
Depuis la nuit des temps, face à l’immensité mystérieuse et infinie qui nous entoure et nous enveloppe, l’humanité se pose les mêmes questions : quelles sont la composition et l’histoire réelle des galaxies de cet univers ? Où sommes-nous dans l’univers ? Que sommes-nous objectivement dans cet univers ? Sommes-nous seuls dans cet univers ? Etc.
Les astronomes, concepteurs et architectes du télescope James Webb et de ses multiples projets d’exploration viennent de poser une magnifique pierre à l’édifice de la démystification de notre univers.
Par leur génie, leur passion et leur travail colossal, ils contribuent ainsi, fort probablement, à l’élaboration d’un ensemble d’hypothèses scientifiquement éclairées qui, un jour, grâce aux chercheurs, finiront par répondre rationnellement à certaines de ces questions existentielles...
Ils méritent nos hommages.
On est parti de loin
L’intérêt pour la compréhension de notre univers ne date pas d’hier. Il faut se référer à nos livres d’histoire de l’astronomie et partir du temps où l’être humain usait de mythes, de légendes et de religions pour interpréter le ciel, puis se rendre jusqu’à l’époque de ceux qui ont ouvert les chemins scientifiques et inspiré des générations, d’un siècle à l’autre jusqu’à nos jours...
Des siècles avant le légendaire Albert Einstein, il y eut notamment l’astronome polonais Nicolas Copernic (1473-1543) qui élabora et défendit la théorie de l’héliocentrisme selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse ; ce qui était contraire au credo dominant de son époque. Sans le savoir, il venait de semer le trouble dans le jardin de la génération suivante.
Galilée (1564-1642), considéré comme le fondateur de la physique, a malheureusement été condamné en 1633 par les juges romains de l’Inquisition pour avoir soutenu la thèse de Nicolas Copernic. C’était contraire à l’opinion officielle des autorités politiques et religieuses de son époque.
Cependant, la posture de l’Église catholique romaine dans sa doctrine scientifique a ostensiblement fluctué au siècle dernier. Et c’est seulement en 1992 que le pape Jean-Paul II a formellement et définitivement réhabilité Galilée.
Le chemin qui mena à la science a longtemps été pavé d’embûches. Mais on est ailleurs... On ne badine plus avec la science.
