James Letcher fils : «un joueur très spécial» chez les Alouettes


Benoît Rioux
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Le retour avec les Alouettes du receveur de passes Austin Mack, cette semaine, et la performance inspirée du quart-arrière Davis Alexander, vendredi dernier en Saskatchewan, auront pratiquement fait oublier la course de 128 verges de James Letcher fils pour le touché à la suite d’un placement raté.
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Les Roughriders menaient alors 17 à 13, avec 12 minutes à écouler au quatrième quart. Au lieu d’accentuer l’avance à sept points, la formation de la Saskatchewan s’est plutôt retrouvée avec un déficit de trois points à combler. Nul doute que le jeu fut crucial dans la victoire de 27 à 24 contre les Roughriders.
«On en avait plus que besoin, c’est un jeu qui donne un boost à une équipe et ça me donne aussi un boost personnellement, a commenté Letcher fils, en entrevue avec Le Journal. Ça m’excite pour la suite de la saison.»
Profiter des blocs
Pour donner une idée, 128 verges, c’est 117 mètres. Et puisqu’il y a des obstacles en mouvement à franchir avant d’atteindre la zone des buts, soit des joueurs adverses, on peut dire que Letcher fils n’a rien à envier au récent vainqueur du 110 mètres haies aux Jeux olympiques de Paris, l’Américain Grant Holloway.
«Les gars ont bien bloqué devant moi et je n’ai eu qu’à en profiter pour atteindre la zone des buts», a souligné humblement l’athlète de 25 ans originaire de Kansas City, qui aurait très bien pu se contenter de poser un genou au sol et concéder un simple aux Roughriders.
En partant en cavale et en effectuant quelques détours obligés, Letcher fils a plutôt parcouru un total d’environ 150 mètres sur la séquence, pas toujours en ligne droite, en plus ou moins 18 secondes.
Comme un jeu vidéo
En revoyant ce fameux retour, on pourrait d’ailleurs se croire dans un jeu vidéo, d’où le surnom «human joystick» attribué à l’Américain par le coordonnateur des unités spéciales, Byron Archambault.
«On a été en mesure de générer une bonne poussée à l’intérieur d’abord avec les joueurs de la ligne défensive, mais sur les extrémités, il faut préparer le retour potentiel, a analysé Archambault. Sur ce jeu-là, tous les gars ont su donner un avantage à notre retourneur.»
Pendant que Letcher fils déployait sa vitesse, les Kabion Ento, Dionté Ruffin et Bryce Cosby ont notamment réalisé des blocs afin de permettre à leur coéquipier de trouver de l’espace.
Confiance mutuelle
Tout en insistant sur le travail d’équipe, Archambault reconnaît néanmoins les grandes qualités de Letcher fils, dont son agilité, au moment de retourner le ballon.
«On met l’emphase sur le besoin d’être prêt jusqu’au coup de sifflet, a approfondi Archambault. Il faut préparer le retour aveuglément à tous les jeux en prenant pour acquis que le placement va être raté. Ensuite, il y a quand même le retourneur qui doit naviguer à travers ces blocs-là. Letcher, ça reste quelqu’un de très spécial.»
«Byron me fait confiance comme je lui fais confiance, a conclu le numéro 89, qui ne fait que 5 pi 8 po. Il se sert de mes aptitudes pour m’aider à avoir du succès. La confiance est la base de tout.»
