Jakub Dobes a épaté tout le monde... même Gilles


Benoît Rioux
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À tout seigneur tout honneur, l’entraîneur-chef Martin St-Louis a immédiatement salué le travail du gardien Jakub Dobes, dans le vestiaire, après la victoire du Canadien dans le septième match contre le Lightning, dimanche soir, à Tampa. Le capitaine Nick Suzuki convenait pour sa part que le CH n’aurait pas gagné la série sans lui.
Dobes, 24 ans, a ébloui tout le monde en n’accordant que 15 buts en sept matchs, dont quatre ayant nécessité une prolongation, face au Lightning, pour une moyenne de buts alloués de 2,03 et un taux d’efficacité de 0,923.
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Au-delà des statistiques ou de ses qualités techniques devant son filet, c’est le niveau de concentration présenté par Dobes au moment où ça comptait le plus qui impressionne.
« On le découvre encore, convient Gilles Moffet, ancien collègue au Journal et grand spécialiste des gardiens. On ne connaissait pas son plafond avant cette série contre le Lightning. Maintenant, on en a une idée. La question devient de savoir s’il peut maintenir ça sur une longue période. »
Une force de caractère
M. Moffet se dit lui-même épaté par le gardien tchèque. Pourtant, en mars dernier, celui qui a publié le magazine Goalie’s World, de 1996 à 2011, faisait partie des rares qui, plutôt que de s’emballer outre mesure avec le jeune Jacob Fowler, plaidaient pour que Dobes obtienne sa chance.
« On ne peut jamais prédire qu’un gardien connaîtra une série aussi exceptionnelle, dit-il. J’étais quand même confiant pour Dobes. À mes yeux, le CH n’avait aucun complexe avec Dobes contre [Andrei] Vasilevskiy. »
« Il n’y a jamais eu un écart de trois buts pendant les matchs [contre le Lightning], rappelle par ailleurs M. Moffet. C’est là où, avec sa concentration, Dobes m’impressionne le plus. Sa performance durant la série est digne d’un gagnant du trophée Conn-Smythe. Ce qu’on peut maintenant comprendre, c’est qu’il a confiance en ses moyens et qu’il a une force de caractère. Il n’a pas l’air nerveux, il adore le défi. »

Une dose d’émotion
Le lien est facile à établir entre Dobes, une recrue, et les exploits de Ken Dryden, lors de la conquête de 1971, ou ceux de Patrick Roy, en 1986. S’il est encore tôt pour tracer de telles comparaisons, M. Moffet voit un je-ne-sais-quoi dans l’attitude de Dobes. Un je-ne-sais-quoi que, selon lui, même Carey Price n’a pas toujours démontré, « sauf peut-être pendant les séries de 2021 ».
« J’aime la petite dose d’émotion qu’il apporte », résume le spécialiste, laissant glisser le nom de Ron Hextall, qui se montrait toujours combatif devant le filet des Flyers de Philadelphie à l’époque.
Hextall était aussi une recrue, en 1987, quand il avait mené les Flyers jusqu’en finale de la Coupe Stanley contre les Oilers d’Edmonton. Malgré une défaite en sept matchs dans l’ultime confrontation, le gardien avait été nommé le joueur par excellence des séries éliminatoires.
« Plus tu joues, mieux tu joues »
Encore une fois, il est beaucoup trop tôt pour croire qu’un tel scénario attend Dobes et le Canadien dans les prochaines semaines.
« Un fait demeure avec les gardiens : plus tu joues, mieux tu joues et c’est particulièrement vrai avec Dobes », laisse néanmoins tomber M. Moffet, notant que le gardien du Canadien contrôle mieux les retours.
La prochaine étape demeure toutefois l’affrontement contre le gardien Alex Lyon et les Sabres, en deuxième ronde, à compter de mercredi, à Buffalo.
« Les Sabres sont gros et ils sont forts, mais devant le filet, l’avantage va au Canadien, tranche M. Moffet. Parmi tous les gardiens de la LNH ces jours-ci, si j’avais à en choisir un, j’opterais pour Dobes. Après cette série contre le Lightning, il n’y a plus rien qui peut me surprendre de lui. »