Jake Evans, le héros que personne n'attendait, marque le premier but de sa carrière en prolongation


Jonathan Bernier
Partager
Parmi les choses que je ne pensais pas voir de mon vivant, un but de Jake Evans en prolongation venait pas mal en tête de liste. Après une conquête de la coupe Stanley des Maple Leafs de Toronto et le retour des Expos.
Je peux maintenant cocher la première. L’attaquant du Canadien a joué les héros en déjouant Akira Schmid avec un peu plus d’une minute à écouler à la prolongation pour procurer une victoire de 3 à 2 au Tricolore.
Une première en 407 matchs, séries éliminatoires incluses, pour l’Ontarien.
Du même coup, il a permis aux siens d’éviter de voir une autre avance détenue après 40 minutes de jeu se transformer en défaite. Ç’aurait été la sixième fois en 21 occasions.

Evans a également été au coeur du réveil de l’unité d’infériorité numérique, souvent malmenée au cours des derniers duels. Accompagnés de quelques personnages secondaires, Mike Matheson, Phillip Danault et lui ont aidé le Canadien à écouler trois punitions face à l’une des plus dangereuses attaques massives du circuit. Et ce, malgré le fait que les centres aient perdu chacune de leurs six mises en jeu pendant qu’ils évoluaient à court d’un homme.
Dobes, solide entre les poteaux
Par conséquent, il est de mise de lever notre chapeau à Jakub Dobes. On dit souvent que le gardien doit être le meilleur joueur de son équipe en infériorité numérique. C’est ce que le Tchèque a fait.
Il a résisté aux six tirs dirigés vers lui en pareilles circonstances. Coup sur coup, il a volé Mark Stone, collé à son demi-cercle, avec la jambière. Puis, il a réservé un sort similaire à Tomas Hertl, qui doit encore se demander comment il a raté une telle chance.
La recrue a repoussé 32 lancers pour enregistrer une sixième victoire à ses sept derniers départs. La différence, c’est que cette fois, il n’avait pas l’air tout croche devant son filet. On espère qu’il s’agit là d’un signe d’une progression et non d’une soirée durant laquelle il était en état de grâce.
Il n’y a que Pavel Dorofeyev qui a trouvé le moyen de le déjouer à deux reprises. Mais il a fallu un tir parfait et une déviation sublime pour y parvenir.
Aux trousses de Damphousse
Si le but d’Evans a de quoi surprendre, c’est qu’on croyait bien qu’on aurait droit à un autre but gagnant de Cole Caufield. Surtout en raison de la supériorité numérique à laquelle il restait 1 min 28 s lorsque la prolongation s’est mise en branle.
Ce n’est pas que les coéquipiers de l’Américain n’ont pas essayé de l’isoler pour lui refiler la rondelle. Ce sont plutôt les joueurs des Knights qui ont fait tout un travail pour couper les lignes de passe et bloquer des tirs.
On peut les comprendre d’avoir eu le numéro 13 à l’oeil. N’eût été de Schmid et d’un but refusé, Caufield aurait terminé la soirée avec quatre filets. Il a dû se contenter d’un seul, celui qui donnait les devants 2 à 1 aux Montréalais à mi-chemin du match.
Il a ainsi touché la cible dans une sixième partie de suite, un sommet personnel. Ce faisant, il a atteint le plateau des 30 buts pour une deuxième campagne d’affilée. La saison passée, il avait arrêté le compteur à 37. Plus que jamais, la marque des 40 filets est envisageable.
Vincent Damphousse, en 1993-1994, est le dernier à avoir atteint ce plateau dans l’uniforme tricolore. Il faut remonter à quatre ans plus tôt pour voir le dernier marqueur de 50 buts du CH (Stéphane Richer, 51).