«J’aimerais m’excuser à tous les Canadiens!»: les tarifs de 25% font vivement réagir les Américains
Certains ont honte du comportement de leur président à l’égard du Canada

Olivier Faucher
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PLATTSBURGH | Des Américains sont embarrassés de leur président, car ils craignent de voir les nouveaux tarifs contre le Canada faire mal à leur portefeuille, mais d’autres les perçoivent comme un sacrifice qui en vaudra la peine.
«J’aimerais m’excuser à tous les Canadiens!»
C’est ce que lance spontanément Greg Lester en serrant la main du représentant du Journal, lorsqu’interpellé à propos des tarifs de 25% sur les produits canadiens et mexicains étant finalement entrés en vigueur mardi à minuit.

La colère des Canadiens devant l’attitude du président Donald Trump face à leur pays depuis le début de son mandat ne passe pas inaperçue ici, à Plattsburgh, dans l’État de New York.
«J’aime mon pays et je suis fier d’être Américain, mais j’ai honte de mon président», poursuit M. Lester, croisé après avoir fait ses courses chez Walmart.
Seulement 28% des Américains appuyaient l’idée d’imposer des tarifs contre le Canada, alors que 41% s’y opposaient, dans un sondage publié la semaine dernière par Public First.
Encore de l’inflation
Charline Lapham qualifie pour sa part les mesures tarifaires de «ridicules».
«Je ne crois pas du tout à ça. Ça va faire mal à tellement de gens de tellement de façons. Il faut juste laisser les choses comme elles étaient», dit l’Américaine de 65 ans.
Elle s’inquiète surtout de l’impact sur les prix en tant que consommatrice déjà frappée par l’inflation. De nombreux experts avertissent depuis des mois que beaucoup de choses, notamment à l’épicerie, pourraient coûter plus cher.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
«Ça va probablement empirer les prix avant que ça ne s’améliore. En ce moment, tu ne peux pas sortir du magasin avant de dépenser facilement 100$ sur un sac d’épicerie! Il n’y a pas longtemps, ça coûtait peut-être la moitié de ça», déplore-t-elle.
Un pro-Trump achète plus local
Derek Côté, 36 ans, ne voit pas les choses de la même façon. L’homme de 36 ans dit accepter les éventuelles hausses de prix, qu’il voit comme un sacrifice pour la prospérité des États-Unis à long terme.
«Je crois que ça va ramener des compagnies et des usines ici. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais plus graduellement», dit le résident de Plattsburgh.

Cela fait écho au message de Donald Trump, pour qui il a voté en novembre dernier. Le président demande à toutes les entreprises de revenir produire en sol américain pour éviter les tarifs.
«Je ne crois pas que ça va me faire mal, mais plutôt me forcer à regarder plus et comparer les prix, sacrifier des choses qui ne sont pas essentielles, ajoute Derek Côté. Ça t’incite à dépenser ton argent plus localement et ça soutient l’économie à l’intérieur du pays.»
Le boycottage inquiète
De son côté, Greg Lester ne croit pas du tout à cette rhétorique et se dit très inquiet du mouvement de boycottage des produits américains que cela a créé au Canada.
«Ma fille et sa femme vivent à Québec et elles ne magasinent que des produits canadiens et mexicains».
Il souligne aussi l’impact des annulations de voyages sur sa région. «Sans que les Canadiens viennent traverser la frontière, qu’allons-nous faire?», demande-t-il.