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J’ai trouvé mon job de rêve

AFP
Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2024-08-03T19:53:02Z

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C’est ma première visite au Stade de France. J’y suis pour l’athlétisme.

Tout y est superbe, fonctionnel, dégagé. Le vieux Parc des Princes, où je suis si souvent allé pour du soccer, avait fait son temps.

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Au soccer ou au hockey, la foule se manifeste de manière saccadée, brusque, tantôt silencieuse, puis lâchant cris ou huées.

À l’athlétisme, pendant une course de fond, quand un athlète lance son kick final et commence à avaler ses adversaires l’un après l’autre, le son de la foule fait penser au grondement d’un volcan, à un train qui approche. Fabuleux.

C’est peut-être à l’athlétisme que l’on voit les plus stupéfiants écarts de niveau entre compétiteurs.

Au 100 mètres, le Jamaïcain Kishane Thompson, meilleur temps mondial cette année (9,77), a remporté sa série de qualifications en forçant si peu qu’il aurait pu pousser un panier d’épicerie devant lui.

L’Américain Noah Lyles, classé numéro un au monde, aurait pu texter sa mère pour qu’elle prépare son souper favori tellement son 100 mètres fut facile.

À l’autre extrême, le sympathique Tongien Maleselo Fukofuka a donné tout ce qu’il avait pour finir en 12,11, un temps qui serait battu par des dizaines de cégépiens et par plusieurs filles.

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Réalisez-vous ce que cela représente comme écart deux secondes sur 100 mètres?

À la perche, le Suédois Armand Duplantis, recordmandu monde et champion olympique, commençait son concours au moment où la majorité de ses rivaux étaient déjà en congé forcé.

Parents

Au lancer du disque, un compétiteur lance l’engin. Le juge mesure la distance, puis place le disque dans une petite voiture téléguidée qui le ramène vers la zone de lancer.

Vous avez donc deux modèles réduits, le vide et le rempli, qui vont et viennent. Je veux ce job.

J’aime les noms originaux, comme ceux des joueurs de la NFL. Je donne une note parfaite aux parents du sprinteur Oblique Séville.

Oups, le temps passe, je dois filer à la boxe. Merde, Piaf commence à chanter. Et tout le stade entonne. Maudits Français! Je craque, je reste, juste deux minutes de plus.

*****

SOURIRE

Vous devriez voir le sourire des bénévoles, des agents de sécurité et des policiers quand vous prenez le temps de leur dire: «Merci pour tout ce que vous faites, c’est très apprécié». Un policier a cru un moment que je me foutais de sa gueule avant de voir que j’étais sincère. Sans eux...

RISIBLE

Voici le début d’un article de La Presse Canadienne sur l’équipe canadienne de soccer féminin: «Le coup de massue de la déduction de six points au classement aurait été un arrêt de mort pour beaucoup d’équipes, mais le Canada a relevé le défi avec brio et a réussi à s’assurer une place en quarts de finale contre l’Allemagne, samedi, à Marseille». Une agence de presse nord-coréenne n’aurait pas fait mieux.

PROGRESSION

Je trouve le saut à la perche d’une élégance folle. En 1976, lors des Jeux de Montréal, le médaillé d’or avait franchi 5,50 m. Cette année, il fallait franchir 5,80 m uniquement pour se qualifier pour la finale. Stupéfiante progression. Évidemment, les techniques de fabrication des perches y sont pour beaucoup.

LÉGENDE VIVANTE

La grandeur se construit dans la durée. La France est maintenant amoureuse du nageur Léon Marchand, quadruple médaillé d’or à ces Jeux. Mais le plus grand athlète français vivant est, de loin, le judoka Teddy Riner, médaillé d’or en 2012, 2016, 2024, et j’en laisse de côté. Vous comprenez pourquoi il fut le dernier à porter la flamme?

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