«J’ai passé deux semaines à pleurer après l’accouchement» – Marianne St-Gelais


Mylène Richard
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Touchante et authentique, Marianne St-Gelais n’a jamais caché ses émotions. Quand la patineuse était heureuse, le monde entier en était témoin. Quand elle était déçue, elle ne se gênait pas pour l’avouer. À la retraite, elle continue de partager ses états d’âme, même dans les épreuves les plus difficiles.
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Aujourd’hui, la femme de 34 ans est plus heureuse que jamais, surtout qu’elle a donné naissance au petit Noé en mai dernier.
«On dirait qu’au départ je n’y croyais pas. Ça m’a pris trois semaines pour connecter avec mon fils. Ce n’est pas que je ne l’aimais pas, les mamans vont sûrement comprendre. Je savais que j’étais sa mère, mais il y a eu un petit retardement. La connexion ne s’est pas faite instantanément. Un moment donné, le lien s’est fait. J’ai passé deux semaines à pleurer après l’accouchement. C’était un trop plein d’émotions», relate humblement la triple médaillée d’argent olympique en entrevue au Journal.
Avortement et fausse couche
Ce bébé, St-Gelais l’attendait avec impatience après un avortement bouleversant en 2019 aux côtés de son ex-conjoint, et une fausse couche à l’été 2023 – elle a perdu des jumeaux à 12 semaines de grossesse – en compagnie de son amoureux Raphaël Maheux. En avril, elle s’était d’ailleurs confiée sur ces sujets au balado de Marie-Claude Barrette, Ouvre ton jeu.
«Je trouve ça important d’en parler. C’est un deuil, ça fait mal, ce n’est pas facile. C’est caché, on dirait qu’on se sent mal d’en parler. Je me suis dit que j’avais le droit d’avoir de la peine», partage-t-elle.
«Du moment que j’ai vu les deux barres sur le test de grossesse, je me projetais. Je me disais qu’ils allaient arriver en décembre, donc à Noël, on serait quatre, pas juste deux. Tout s’enclenche et on espère tant de choses. Alors quand ça n’arrive pas, c’est correct d’être triste, déçue et de ventiler», poursuit St-Gelais, de retour au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Dans les médias
Au terme de son congé de maternité, durant lequel elle prévoit faire quelques apparitions publiques, notamment lors de conférences, St-Gelais reprendra son micro à l’émission du matin sur les ondes de Rythme FM 98,3, en avril prochain.
«J’aime ça parler! Et ça me permet d’accompagner les gens de ma région et de les supporter à mon tour. C’est un match parfait», assure celle qui a été l’analyste des compétitions de courte piste à Radio-Canada.
Les JO, 24 heures sur 24
Marianne St-Gelais est encore une fan finie de sports et elle n’a rien raté des Jeux olympiques de Paris, avec un nouveau-né dans les bras.
«J’étais pluggée 24 heures sur 24 sur mon ordi!» lance-t-elle en riant.
Bien sûr, elle est, comme tout le monde, tombée sous le charme de la nageuse ontarienne Summer McIntosh, qui à 17 ans seulement a remporté quatre médailles, dont trois d’or, en plus de finir trois fois au pied du podium.
«Les filles au volleyball de plage [Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson, médaillées d’argent], je les ai adorées, soutient St-Gelais. Assis dans notre salon, on voulait frapper le ballon pour elles!»

Curiosité
L’ancienne patineuse de vitesse aime aussi «aller ailleurs et découvrir des athlètes».
«J’ai trouvé ça super intéressant de suivre l’escrimeuse canadienne Eleanor Harvey [bronze au fleuret individuel et quatrième place en équipe] parce que normalement on ne se rend pas aussi loin que ça. On ne voit jamais autant d’escrime à la télé», se désole-t-elle.
Celle ayant participé aux Jeux de Vancouver en 2010, de Sotchi en 2014 et de Pyeongchang en 2018 a également partagé la déception de l’équipe nationale de cyclisme sur piste, étant de tout cœur avec Kelsey Mitchell, qui n’a pu défendre son titre olympique, et Lauriane Genest, médaillée de bronze à Tokyo.

L’argent 12 ans plus tard
Et même si ce n’était pas une compétition, St-Gelais a adoré qu’on honore le sauteur canadien Derek Drouin à Paris. Douze ans plus tard, il a reçu sa médaille d’argent, alors que le champion à Londres, le Russe Ivan Ukhov a été pris pour dopage.
«Il méritait pleinement son moment de gloire. C’est l’une des belles histoires humaines qu’on a vue aux Jeux», mentionne St-Gelais.
