J’ai passé 1h à faire du parkour à Montréal et j’ai beaucoup souffert


Jean-Michel Clermont-Goulet
Partager
«Parkoooooooooooooooour!» Je ne pensais jamais écrire ça, mais je suis allé passer une heure dans un nouveau centre d’entraînement de Montréal pour m’initier à la discipline du parkour. Alerte au divulgâcheur: j’ai passé un mauvais quart d’heure, même si j’ai eu (un peu) beaucoup de fun.
• À lire aussi: J’ai passé 1h au canal de Lachine avec un pêcheur à l’aimant
• À lire aussi: J’ai essayé d’apprendre l’italien en 5 semaines avec Duolingo
Le premier défi de la journée: trouver ACTN3 (ça ne prononce actène) à l’intérieur du complexe Le 5600, situé à l’angle des rues Dickson et Hochelaga, dans l’est de Montréal. Après quelques minutes à tourner en rond, j’y arrive. Je rencontre Patrick Salomon, le patron de la place. Il m’accueille après avoir survécu à un groupe de 90 jeunes en semaine de relâche.
L’endroit a de quoi impressionner et intimider. D’un côté, il y a l’espace dédié au parkour et de l’autre l’imposante structure de Ninja Warrior de deux étages.
C’est le temps de m’élancer!
1, 2, 3... parkour!
Commençons par le début: c’est quoi, au juste, le parkour? Grosso modo, il s’agit d’une discipline sportive intérieure et extérieure consistant à franchir des obstacles (murs, rampes et barres) en se déplaçant. Il peut être pratiqué à l'intérieur ou à l'extérieur, dans des milieux urbains ou en nature.

«Peu importe le poids d’une personne, si tu es capable de supporter et soulever ton poids, tu n’auras aucun problème», me dit le bon Patrick, pour me rassurer.
Il est bien là le problème. J’ai beau m’entrainer depuis près de deux ans, je suis incapable de soulever mes 250 lb. Genre, même pas proche. Mais quand même c’est pas ça qui va m’arrêter.

Patrick me jumèle à coach Mikhail, ou «Mike» pour les intimes. On s’étire. Tout va bien, jusqu’à ce que je doive m’asseoir au sol et me relever d’un coup sans mettre les mains sur le tapis...
Mike m’apprend ensuite à sauter. Je suis «quand même pas pire», m’assure-t-il. On enchaine avec le saut sur une structure et le chevauchement d’obstacles. Je m’étonne moi-même. Je ne suis pas si empoté!

Puis, arrive le temps de tenir en équilibre sur un poteau de métal. La seule manière d’y arriver: tenir la main de Mike, un peu comme un enfant qui fait ses premiers pas.
Mike veut finalement que je me laisse tomber dans le vide de trois hauteurs différentes pour conclure la séance en beauté. J’accepte, mais je choke au dernier niveau!
Un peu plus haut, un peu plus loin
Avant de terminer, Patrick me propose d’essayer les «warped walls», des murs inclinés utilisés dans les compétitions de Ninja Warrior. Il y en a un de 12 pieds, un de 14 et demi (selon les normes NW) et un de 18 pieds, le plus haut au Canada, se félicite Patrick.
J’essaie le 12 pieds. Je réussis à atteindre le haut du mur, sans toutefois être capable de me soulever. C’est mieux que rien. Je tente alors ma chance au 18 pieds. Ça se passe moins bien: je me rends à peine au milieu du mur.
It’s a wrap pour moi. J’en peux plus!

1, 2, 3, anti-inflammatoires!
Avant de m’embarquer dans ce projet, je n’avais aucune attente. La seule chose que je connaissais du parkour, c’était les Yamakazi, les films français Taxi et une mythique scène de la version américaine de The Office.
Ce que je retiens de ma première expérience de parkour, c’est à quel point c’est épuisant de se garrocher avec finesse partout comme ça. Tout ce que j’ai envie de faire: caler une grosse tasse Stanley (sans plomb) remplie d’eau.
Et dans les 72 heures qui ont suivi ma courte expérience, mes cuisses et moi-même avons souffert le martyre. Comme on dit en bon Québécois, j’étais raqué!
Mais ça a valu la peine! Donnez-moi quelques mois pour récupérer et je retourne au ACTN3 essayer le Ninja Warriors.