«J’ai eu des discussions avec Jeff et Kent» - Mesar

Kevin Dubé
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Filip Mesar avait deux choix, lorsque le Canadien de Montréal a pris la décision de le retourner dans les rangs juniors pour une autre saison, en octobre dernier: s’apitoyer sur son sort ou se retrousser les manches. Il a choisi l’option numéro deux.
Pourtant, après une première année à se familiariser avec le hockey nord-américain, avec les Rangers de Kitchener dans la Ligue de l’Ontario (OHL), Mesar et le CH avaient établi un plan ensemble en vue de la saison en cours et ce plan n’incluait pas de retourner junior. Au contraire, lors du dernier camp de développement de l’équipe, l’attaquant slovaque avait mentionné: «quand le Rocket m’a renvoyé aux Rangers de Kitchener au mois d’octobre [2022], j’ai parlé avec les dirigeants du Canadien et ils m’ont dit que j’étais pour jouer à Kitchener pour une seule saison. Ils veulent me voir à Laval cette année. Mon agent avait le même discours.»
Or, les choses ne se sont pas déroulées exactement comme le plan l’indiquait. Après un camp d’entrainement difficile, Mesar a débuté l’année avec le Rocket mais n’y a joué que deux des quatre premiers matchs, étant laissé de côté lors des deux autres.

Le 15 octobre, le CH a pris la décision que le plan ne tenait plus et a retourné Mesar à Kitchener.
Une décision qui n’a pas été prise unilatéralement par Kent Hughes et Jeff Gorton, toutefois.
«J’avais eu des discussions avec Jeff et Kent sur le fait que je voulais jouer des matchs. Ils avaient aussi la vision que je devais jouer des minutes sur les deux premiers trios d’une équipe et sur l’avantage numérique et c’est pourquoi ils m’ont retourné junior», a expliqué l’attaquant slovaque lors d’un entretien avec Le Journal.
Dominant
Mesar a pris le taureau par les cornes dès son renvoi. En 13 matchs à Kitchener, il a inscrit un impressionnant total de 24 points.
Talk about an NHL-calibre release 🤩@CanadiensMTL first-round pick Filip Mešár restores Kitchener's three-goal lead with a textbook snipe!@OHLRangers | #GoHabsGo pic.twitter.com/TXYKYpGFN6
— Ontario Hockey League (@OHLHockey) November 22, 2023
«Je ne l’ai pas pris comme une déception de revenir junior, mais plutôt comme une motivation. En arrivant ici, je voulais prouver que je suis trop fort pour cette ligue. C’est vraiment ce qui me motive.»
Ce feu dans les yeux de Mesar, son entraineur-chef Jussi Ahokas a été en mesure de le remarquer dès son arrivée.
«Il veut être le meilleur à chaque soir. Quand il est revenu avec nous, il voulait démontrer qu’il fait partie des meilleurs joueurs junior et il a tous les outils pour le faire.»
En contact avec Paul Byron
Même si Mesar est à Kitchener, le Canadien n’est jamais bien loin. L’attaquant s’entretient une fois par semaine avec Paul Byron, qui agit à titre de consultant au développement depuis qu’il a annoncé sa retraite, en septembre dernier.

Le directeur du développement du CH, Rob Ramage, a aussi passé quelques jours à Kitchener récemment.
«On a eu de bonnes discussions et on se parle aussi au téléphone régulièrement, mentionne l’entraineur-chef Ahokas, en parlant de Ramage. Nous sommes sur la même longueur d’onde en ce qui a trait à ce que Filip doit améliorer.»
Et, de quoi s’agit-il?
«Mon jeu sans la rondelle», assure sans hésiter l’attaquant slovaque. Pour Ahokas, il y a du progrès dans cette facette de son jeu.
«Filip a le coup de patin et les habiletés offensives. Maintenant, il doit continuer de travailler sur son jeu défensif et sans la rondelle. Quand il l’aura amélioré, il aura tous les outils pour jouer chez les professionnels.»
Pas dérangé par les attentes

Être un choix de première ronde du Canadien vient avec les énormes attentes d'un marché fort exigeant.
Dans le cas de Mesar, ces attentes se sont transformées en critiques au cours des derniers mois, et les partisans du Canadien se plaisent à rappeler que, deux rangs après la sélection de Mesar au 26e rang en 2022, les Sabres avaient jeté leur dévolu sur l’attaquant Jiri Kulich qui marque des buts à profusion depuis deux ans dans la Ligue américaine de hockey.
«C’est un bon joueur. C’est plus un marqueur et moi je suis davantage un fabricant de jeu», estime Mesar.
Certains ont même déjà commencé à parler de Mesar comme d’un choix de première ronde raté de la part du CH.
Ces comparaisons et critiques, l’attaquant slovaque tente de s’en tenir loin. Même qu’il estime avoir bénéficié d’un bouclier à toutes ces attentes, un gros à part ça, du nom de Juraj Slafkovsky.
«Je pense que ç'a été plus facile pour moi puisque j’ai été repêché avec Slaf et toute l’attention était sur lui. De mon côté, tout ce que j’essaie de faire, c’est me concentrer sur mon jeu et ne pas trop m’attarder aux attentes ou à l’attention médiatique.»
En contact avec Slaf
Malgré son horaire chargé avec les Rangers, Mesar se fait un devoir de regarder les matchs du Canadien dès qu’il le peut.
Évidemment, son attention est souvent portée sur son bon ami Slafkovsky.
«On se parle beaucoup, lui et moi. Je trouve qu’il fait bien ça. Je pense qu’il a connu un lent départ cette saison mais les choses se replacent. Ce sera un bon joueur dans la LNH, il va s’améliorer d’année en année.»
