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J’ai confronté un élu qui a amené le hockey à Vegas

«Vous savez qu’on aurait peut-être eu une équipe à Québec si vous n’aviez pas été là? Pouvez-vous au moins vous excuser, s’il vous plaît?»

Photo Jean-Nicolas Blanchet
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-11-28T05:00:00Z

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LAS VEGAS | «Vous savez qu’on aurait peut-être eu une équipe à Québec si vous n’aviez pas été là? Pouvez-vous au moins vous excuser, s’il vous plaît?»

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Voilà ce que j’ai lancé à James Gibson dans son bureau de Vegas, il y a quelques semaines, lorsque j’étais de passage dans ce bout de pays.

M. Gibson n’a pas besoin de présentation à Vegas. Il est déjà un des politiciens qui aura marqué l’histoire de la ville du vice. Il a fait ses trois mandats comme maire de 1997 à 2009 dans la région. Depuis, il a été élu commissaire dans le comté de Clark, dont fait partie Las Vegas. Il fait partie de ceux qui gèrent le tourisme, l’eau, la police et le transport, en plus d’avoir longtemps été impliqué dans la lutte pour la réglementation des casinos.

Depuis qu’il est élu, la population de la région de Vegas a triplé et l’économie a explosé. Voilà pourquoi il n’a pas trop de misère à se faire élire.

Il a aussi été au cœur de l’arrivée des Golden Knights (LNH), des Raiders (NFL) et bientôt des A’s (MLB).

Je l’ai rencontré dans son bureau de comté, situé à quelques pas des Las Vegas North Premium Outlets.

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De la jalousie

Dans le courriel que je lui avais envoyé pour le rencontrer, j’avais signalé que j’allais l’écœurer un peu sur le fait qu’à Québec, on était jaloux. Ça ne le dérangeait pas, au contraire.

Bref, le sympathique élu a bien ri quand je lui ai demandé s’il pouvait au moins s’excuser pour les gens de Québec.

«Écoute, le succès qu’on a avec le hockey, je pense que personne n’aurait pu le prédire [...] Cette équipe a réussi à faire des choses que personne ne croyait possibles», me lance celui qui est natif de la région.

Photo AFP
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Spécifiquement sur Québec ou d’autres villes qui auraient voulu avoir une équipe, M. Gibson m’enfonce le couteau bien comme il faut.

«On n’a jamais pensé à la compétition. Nous, on n’avait pas besoin d’une équipe de hockey. Tout allait déjà très, très bien. On n’est jamais sorti pour dire qu’on voulait une équipe. C’est plus elle qui est venue à nous», poursuit-il.

Mais lui-même l’admet: «J’avais des doutes. On n’apprend pas à patiner ici. Il y avait seulement une patinoire.»

Ils en mangent du hockey

Quelques années plus tard. Il y a six glaces. Et un centre avec deux autres patinoires est en construction. Le hockey mineur est lancé. Il y a même une équipe qui vient au tournoi pee-wee.

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«Je ne serais pas étonné qu’on ait bientôt un Harper, mais pour le hockey.»

Il parle de Bryce Harper, un des meilleurs joueurs du baseball majeur, qui est originaire de Vegas.

«Je te le jure, le hockey, maintenant, c’est très sérieux. Ce sport nous a vraiment agrippés, on a appris à l’adorer [...] Moi, je n’étais pas un fan. Maintenant, au bureau, on a un pool de hockey.»

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Et il insiste, les Golden Knights, c’est l’équipe favorite à Vegas, «par une très grande marge».

On salue les Raiders, qui perdent encore tout le temps, au passage.

«Le plus gros événement à Vegas, si les Golden Knights jouent, c’est eux. Peu importe tout ce qu’il peut y avoir ce soir-là», me lance-t-il avant de se raviser en admettant qu’un spectacle de Beyonce peut rivaliser.

Gagner, ce n’est pas tout

Il attribue deux causes à la popularité du hockey à Vegas.

D’abord, ils gagnent. «La direction de l’équipe réussit toujours à garder une bonne chimie dans l’équipe. Donc même s’il y a toujours beaucoup de changements, on a appris à ne rien dire parce qu’à la fin, ils gagnent», lance-t-il.

Il dit avoir tout de même été déçu quand Marc-André Fleury est parti. «C’était notre gars. On irait se battre les poings nus pour lui. On ne comprenait pas trop. Même chose pour Jonathan Marchessault.»

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Ça sonne quand même canadien comme commentaire. Le hockey commence effectivement à leur rentrer dans le sang.

Mais avant de gagner, les Golden Knights ont surtout réussi à s’implanter dans la communauté quand elle en avait besoin, selon le commissaire Gibson.

Si vous vous rappelez bien, cinq jours avant le match inaugural, le 1er octobre 2017, un homme de 64 ans, Stephen Paddock, ouvrait le feu depuis un hôtel sur une foule durant un festival en plein cœur de Vegas. Soixante personnes ont été tuées, 413 ont été blessées. Paddock avait tiré plus de 1000 balles.

Photo AFP
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L’organisation en a fait beaucoup pour aider la communauté et amener du réconfort. C’était comme si l’équipe faisait déjà partie intégrante de la place et ç’a permis d’amplifier, selon M. Gibson, un sentiment d’appartenance rapidement.

C’est pourquoi les gens de Vegas se sont rangés rapidement derrière l’équipe, à son avis. «Je pensais qu’il allait y avoir une barrière. Les gens qui habitent ici viennent souvent d’ailleurs et sont déjà attachés à une autre équipe. Mais je crois que la façon dont l’équipe s’est implantée ici a permis de briser la relation que plusieurs amateurs avaient avec leur ancienne équipe.»

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