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«J’ai appris qu’il était malade hier»: Serge Savard «estomaqué» par le décès de son ami et coéquipier Ken Dryden

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2025-09-06T15:18:42Z

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Pourtant très proche de Ken Dryden, qu’il a côtoyé régulièrement au cours des dernières années, Serge Savard ne savait rien de la maladie de son ami et coéquipier.

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C’est seulement vendredi que l’ancien capitaine du CH a appris que le célèbre numéro 29, avec qui il a remporté sept coupes Stanley, avait rendu l’âme après avoir combattu un cancer pendant environ deux ans. Seule la famille proche de Ken Dryden était au courant de sa maladie.

«J'ai appris hier de sa famille, de son épouse qui m'a appelé hier après-midi, qu’il avait ce cancer-là depuis deux ans et qu’il savait depuis quelque temps que ses jours étaient comptés. Il n'a pas voulu que personne ne le sache. Je suis estomaqué», a témoigné M. Savard à l’émission Salut Bonjour Week-end et sur les ondes de LCN.

«C'est un choc pour nous tous, tous les joueurs, ses anciens coéquipiers»

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Les deux hommes, qui se sont côtoyés quotidiennement pendant des années, étaient redevenus proches depuis quatre ou cinq ans.

«La dernière fois que j'ai passé quelques jours avec lui, c'était au cours de la Coupe des 4 nations qui étaient ici à Montréal, et il ne donnait aucun signe de malaise à ce moment-là», témoigne Serge Savard.

Les deux hommes ont collaboré à l’organisation des festivités du 50e anniversaire de la Série du siècle de 1972.

«On se parlait chaque semaine, on avait une réunion chaque semaine. Il est venu à mes tournois de golf ici, où j'ai rendu hommage à la Coupe Canada 72, aux quatre coupes Stanley d'affilée de 1976 à 1979. Alors, il était réellement présent ici», souligne l’ex-capitaine du Tricolore.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

«Un être extraordinaire»

Serge Savard ne tarit pas d’éloges envers son ex-coéquipier et son parcours atypique.

«C'est un gars qui a fait sa marque, c'est un être extraordinaire, là, qui a été un athlète extraordinaire, puis qui a été un être extraordinaire en dehors de la patinoire, qui a voulu faire une différence dans la vie de tout le monde», soutient le numéro 18.

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Ken Dryden s’est démarqué sur la scène sportive, dans l’aréna politique et même dans le domaine littéraire.

Selon Serge Savard, le livre The Game (La partie) écrit par Ken Dryden est «le meilleur livre sur le hockey qu’on a connu».

«C'est une grande perte pour le monde du hockey et le monde en général», affirme-t-il.

Photo d'archives
Photo d'archives

Ce dernier souligne également que Ken Dryden, un anglophone, a véritablement embrassé la société québécoise et sa culture.

«Dès ses débuts, s'il y en a un qui a fait des efforts ici pour s'intégrer dans notre communauté et après la première année avec le club canadien, il était capable de faire des entrevues en français et c'est tout en son honneur», clame l’ex-capitaine du Canadien.

Un joueur «extra-terrestre»

À son arrivée avec le Canadien de Montréal en 1971, Ken Dryden n’avait vraiment pas le profil classique d’un joueur de hockey, souligne M. Savard.

«Il arrivait de l'Université Cornell [...] puis nous, à cette époque-là, on avait un choix à faire: est-ce qu'on continue nos études ou on arrête, puis on se lance dans le hockey? Les deux ne marchaient pas ensemble», relate le célèbre défenseur du CH.

JMTL
JMTL

«On n'était pas habitués de voir des gars qui arrivaient directement de l'université avec leurs livres en dessous du bras. C'était comme un extra-terrestre qui arrivait dans notre vestiaire. Puis on le regardait, puis on disait: "Je ne suis pas sûr qu'il va réussir"», ajoute-t-il.

Par ailleurs, la cause environnementale préoccupait déjà Ken Dryden il y a plusieurs décennies, mentionne M. Savard.

«C'est un gars qui était réellement en avant de son temps. Puis on le regardait, puis on disait, il arrive d'où, ce gars-là? Mais c'était quelqu'un de spécial qui avait une éducation supérieure à tous nous autres à cette époque-là. Alors, c'est un gars que j'ai beaucoup admiré», résume-t-il.

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