Le chanteur Jacques Michel est décédé à 84 ans

Guillaume Picard
Partager
L’auteur-compositeur-interprète Jacques Michel, qui a mené une carrière de six décennies, est mort jeudi. Il avait 84 ans.
La nouvelle a été confirmée par son gérant, Vincent Martineau, en après-midi, par communiqué.
On a précisé que cette icône de la chanson québécoise était décédée au terme d’un combat de trois ans contre la maladie. Il s’est éteint entouré des siens, a-t-on spécifié.
• À lire aussi : Plusieurs réactions à la suite du décès de Jacques Michel

Le plus triste, c’est qu’en début d’année, sur Facebook, Jacques Michel était plein d’espoir malgré son état de santé. Il écrivait le 2 janvier dernier : « L’année qui vient de se terminer a été difficile, mais 2026 s’ouvre avec une éclaircie, et j’ai bon espoir que cela continue ainsi. Je vous remercie pour vos pensées, votre présence et tous les messages que vous m’avez envoyés. Votre soutien compte énormément pour moi ».
Les funérailles de l’artiste se tiendront dans la région de Québec, au début d’avril, les détails devant être communiqués au cours des prochaines semaines.
Un riche répertoire
L’interprète de chansons comme Un nouveau jour va se lever, Amène-toi chez nous et Pas besoin de frapper avait un riche répertoire comptant plus de 300 compositions. Pas besoin de frapper a été intronisée au Panthéon des auteurs et des compositeurs canadiens et lui a valu plusieurs prix de la SOCAN.
En tout, une trentaine de ses pièces a brillé dans les palmarès francophones, de 1965 à 2005.
L’artiste avait notamment remporté le Grand Prix du Festival de Spa, en Belgique, grâce à Amène-toi chez nous, puis le deuxième prix au Festival international de la chanson populaire de Tokyo grâce à Un nouveau jour va se lever. Les deux titres sont tirés de son album Citoyen d’Amérique, lancé en 1970.

Devenu veuf au milieu des années 1970, à la suite du décès de sa femme Claire, il lançait Migration, un album où sa profonde tristesse d’alors s’entend.
Suivent Le temps d’aimer (1977), qui comprend les succès Voyez-vous le temps qu’il fait et Rose chair de femme, puis Le cœur plus chaud (1978) et Passage (1980), sur lequel se trouvent Vodka-Cola et Salut Léon. Enfin, il revient avec Maudit que j’m’aime (1982), avec ses succès Soleil Soleil et Happy Song.
Sylvain Cossette avait redonné du souffle à Pas besoin de frapper en 2001 et Wilfred LeBouthillier avait fait de même en reprenant Amène-toi chez nous à Star Académie, édition qu’il avait gagnée en 2003. En 2019, Fred Pellerin chantait aussi Amène-toi chez nous.
En 2015, Jacques Michel avait fait un retour avec l’opus Un nouveau jour, participant aux FrancoFolies de Montréal et partant sur la route à la rencontre de ses admirateurs. Quatre ans plus tard, il proposait ses premières compositions originales en 35 ans sur l’album Tenir, son 17e en carrière, et la pandémie ne l’a pas arrêté, puisqu’il s’est produit une quarantaine de fois sous les projecteurs.

Infatigable, à 83 ans, il brillait en solo pour la première fois dans le spectacle Seul à seuls, mais avait dû cesser les représentations en raison de la maladie en juillet 2025. Son tout dernier spectacle aura eu lieu à l’Auberge de l’Île du Repos, à Péribonka, le 26 juillet de la même année.
Le Village de Nathalie et Sur la rue Tabaga
La télévision l’a aussi occupé. C’est avec Ève Déziel qu’il a conçu deux émissions jeunesse devenues des classiques : Le Village de Nathalie (1985-1989), avec Nathalie Simard, rendez-vous pour lequel il cosignait les scénarios et a composé une centaine de chansons, dont le générique d’ouverture, ainsi que Sur la rue Tabaga (1989-1995), une série éducative regorgeant de personnages colorés.
Parmi tous ses honneurs, Jacques Michel a été fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2007 et nommé Patriote de l’année pour l’Abitibi-Témiscamingue et le nord du Québec en 2018.
En 2020, il recevait le prix Sylvain-Lelièvre de la part de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ) pour l’ensemble de sa carrière et, au printemps 2025, le Rassemblement pour un Pays Souverain lui décernait le prix Napoléon-Aubin, soulignant son engagement envers le Québec, la langue française ainsi que les causes patriotique et indépendantiste.
Jacques Michel était un Abitibien d’origine. Né le 27 juin 1941, à Sainte-Agnès-de-Bellecombe, il résidait à l’île d’Orléans, près du majestueux fleuve Saint-Laurent, depuis trois décennies.
Du même auteur
• À lire aussi : VIDÉO | La 3e saison de « Si on s’aimait encore » ramène Émily Bégin et Guillaume Lemay-Thivierge
• À lire aussi : Xavier Dolan amorce le tournage de son premier film en près de 10 ans dès cet automne