Jacques Lemaire voit Patrick Roy comme l’homme de la situation

Marc de Foy
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Lou Lamoriello et Jacques Lemaire forment le duo de gestionnaires le plus âgé de la Ligue nationale de hockey. À 81 ans bien sonnés, Lamoriello est de trois ans l’aîné de Lemaire à qui il confie des assignations spéciales pour le compte des Islanders de New York.
Samedi, Lamoriello a communiqué avec Lemaire pour lui parler de Patrick Roy. Mais sa décision était déjà prise. Roy allait devenir son troisième entraîneur-chef à sa sixième saison comme directeur général de l’équipe new-yorkaise.
Lamoriello est d’une grande loyauté envers les employés qu’il apprécie. Et ceux-ci se sentent redevables de lui quand il leur demande des services. Lemaire a fait trois séjours derrière le banc des Devils du New Jersey sous la direction de Lamoriello.
Même si Lamoriello ne l’a pas vraiment consulté pour le choix de Roy, Lemaire se réjouit de l’arrivée de Roy chez les Islanders.
«Je suis très fier de voir Patrick avec notre organisation!», lance Lemaire au téléphone, depuis sa résidence de Floride.
«Patrick est un meneur, il a du caractère. Je l’ai à peine dirigé avec le Canadien (une période de jeu lors de la saison 1984-1985). Je ne l’ai pas beaucoup côtoyé à cette époque, mais je sais quel type d’homme il est.»
«C’est un gagnant né qui veut toujours gagner. Il a connu du succès à ses débuts derrière le banc de l’Avalanche du Colorado et il a mené les Remparts de Québec à la coupe Memorial la saison dernière. Il est en plein l’entraîneur dont les Islanders ont besoin à ce moment-ci.»
Manque de régularité
Lemaire y va d’un exemple.
«Tu ne peux pas vaincre une bonne équipe comme les Maple Leafs de Toronto pour ensuite t’incliner devant une formation plus faible», dit-il.
Ce à quoi Lemaire fait référence s’est produit souvent chez les Islanders cette saison. Le chapitre le plus récent remonte à la semaine dernière.
Vainqueurs des Leafs 4 à 3 en prolongation, les Islanders ont baissé pavillon le match suivant devant les Predators de Nashville par la marque de 3 à 1. La formation new-yorkaise a ensuite subi une cinglante défaite de 5 à 0 contre le Wild du Minnesota.
La glissade s’est poursuivie avec des revers de 4 à 2 contre les Jets de Winnipeg et de 4 à 3 en prolongation contre les Blackhawks de Chicago, qui sont privés des services de Connor Bédard. Ce revers s’est avéré le chant du cygne pour Lane Lambert.
«C’est une chose de dire que ça prend ci et ça pour gagner, mais c’est un avantage quand tu l’as déjà fait», continue Lemaire.
«Patrick va faire des Islanders une équipe plus compétitive.»
Les vétérans au banc des accusés
Sans nommer personne, Lemaire souligne que les vétérans des Islanders, les joueurs de 27, 28 ans et plus comme il les identifie, ne livrent pas la marchandise.
Au début de la saison, les Islanders affichaient une moyenne d’âge de 29,2 ans, ce qui les plaçait au sixième rang parmi les formations les plus vieilles de la LNH. Les Penguins de Pittsburgh étaient l’équipe la plus âgée avec une moyenne d’âge de 30,2 ans.
«Patrick est capable de rallier les troupes et de créer une unité dans le vestiaire», affirme Lemaire.
«C’est quelqu’un qui prend les choses en main. C’est évident que nos joueurs vont le respecter, compte tenu de sa feuille de route.»
Les séries commencent
Le DG des Islanders a vu neiger. Il a vu des entraîneurs de toutes sortes au cours de sa longue carrière. Il va faire avec le tempérament de Roy.
«Chacun a sa personnalité», a-t-il dit au site The Athletic.
«Ce que je sais, c’est qu’il possède les capacités pour diriger une équipe. C’est un entraîneur dans l’âme. Il est fougueux, il adore le jeu et je pense que c’est génial.»
Fidèle à lui-même, Roy est allé droit au but.
«Les séries éliminatoires commencent pour notre équipe», a-t-il commenté.
«Quand vous avez trois ou quatre équipes à rattraper devant la vôtre, vous ne jouez pas comme s’il s’agissait de la saison régulière. C’est l’approche qu’on doit avoir à compter de maintenant.»