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Jacob Fowler fumant à Laval: le Canadien ne doit pas répéter la même erreur qu’avec Cayden Primeau

Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-11-21T00:00:00Z

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Le gardien du Rocket de Laval Jacob Fowler ne fait pas grand-chose pour baisser les grandes attentes placées en lui, autant par l’organisation du Canadien que par ses partisans, et la situation des gardiens avec le grand club soulève une question: pourrait-il être promu dans la LNH plus rapidement que prévu?

En neuf départs jusqu’ici avec le Rocket, le gardien qui aura 21 ans le 24 novembre présente un dossier de six victoires et quatre défaites, une moyenne de buts alloués de 2,11 et un pourcentage d’arrêts qui s’élève à 0,921. Dimanche soir dernier, il a récolté son troisième jeu blanc de la saison.

Bref, ça va bien pour le choix de troisième ronde du CH en 2023. Mais, à quel point? Est-il vraiment en avance sur le trajet de développement typique d’un gardien de but de son statut?

Pour tenter de répondre à cette question, l’auteur de ces lignes a lâché un coup de fil à l’ancien journaliste du Journal de Québec Gilles Moffet. En plus d’avoir connu une brillante carrière dans les médias sportifs, Gilles est d’abord et avant tout un ancien gardien (il a joué dans la NCAA et professionnellement quelques années) et un passionné de ce poste. Jusqu’à 2023, vous pouviez lire ses chroniques sur les gardiens dans nos pages et il a aussi été à la tête du magazine Goalies World pendant de nombreuses années. Bref, des gardiens, il en a vu et analysés, dans sa carrière.

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Et, pour lui, un constat s’impose: il ne faut pas rappeler Jacob Fowler cette saison.

Pas de presse

Ne croyez pas que l’expert des gardiens y va de cette déclaration parce qu’il ne croit pas au potentiel du jeune Américain, bien au contraire.

Toutefois, l’expérience a appris à Gille Moffet une chose: la pire erreur à faire avec un jeune gardien de but, c’est de lui faire brûler des étapes.

«Qu’il fasse ses classes dans la Ligue américaine de hockey (LAH), nous lance-t-il. Qu’on le laisse tranquille en bas. Si on en venait à une situation d’urgence, on pourra penser à un rappel, mais, sinon, l’idéal est qu’il joue au moins toute cette saison en bas.»

Moffet donne l’exemple de Cayden Primeau à qui on a fait faire la navette de Laval vers Montréal beaucoup trop souvent à son goût, l’empêchant de véritablement se préparer à devenir un gardien régulier de la LNH.

«Ça peut prendre jusqu’à 150 matchs dans la Ligue américaine pour qu’un gardien soit vraiment prêt. Ils doivent apprendre à gérer toutes sortes de situations. Quand tu es le no 1 dans la LNH, la pression est sur toi. C’est sur toi qu’on va porter le blâme si ça va mal. Si l’équipe traverse une période creuse, c’est à toi de changer le momentum. Ça, ça ne s’apprend pas à l’école de hockey. C’est pour ça qu’avant de faire graduer un gardien comme Fowler, tu dois t’assurer qu’il a tout vécu ça dans les mineurs et qu’il est prêt à y faire face dans la LNH», explique-t-il.

Situation parfaite

Pour notre ancien collègue, la situation hiérarchique actuelle est parfaite pour le développement de Fowler.

«Ce que tu ne veux pas, c’est avoir un gars pris derrière un gardien de premier plan pendant trop longtemps. Un peu comme Cory Schneider à l’époque où il était pris derrière Roberto Luongo à Vancouver. À Montréal, l’équipe a deux gardiens de la LNH, mais qui ne sont pas indélogeables. Il pourra donc vivre tranquillement son développement et arriver quand il sera fin prêt.»

En novembre 2023, une recherche exhaustive nous avait permis de déterminer qu’en moyenne, les gardiens partants dans la LNH faisaient leur entrée dans le circuit à 22 ans, souvent comme auxiliaires, puis devenaient des partants établis aux alentours de 25 ans.

Fowler aura 22 ans en novembre de la saison prochaine.

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