3e lien: Jackie Smith accuse Savard et Marchand de mollesse
La sortie de lundi de sept experts sur le 3e lien a suscité plusieurs réactions


Taïeb Moalla
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Au lendemain d’une virulente sortie de sept experts de l’Université Laval (UL) opposés à un troisième lien autoroutier, la cheffe de Transition Québec, Jackie Smith, a accusé Marie-Josée Savard et Bruno Marchand de faire preuve d’électoralisme et de mollesse en refusant de se positionner clairement sur ce mégaprojet.
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«On sait c’est quoi le projet. Ils disent qu’on n’a pas assez d’informations! Est-ce qu’ils habitent à Québec ces gens-là? On parle du 3e lien depuis au moins quatre ans. Ils n’ont pas le courage de se prononcer sur un projet qui va dénaturer complètement la Ville de Québec», a tonné Mme Smith, mardi midi, lors d’un point de presse consacré justement au tunnel Québec-Lévis.
Selon elle, «c’est déplorable que deux candidats à la mairie ne prennent pas au sérieux l’impact négatif du gaspillage de fonds publics et l’impact environnemental désastreux de ce projet-là. Ils restent flous, mous et électoralistes».
Dans l’édition de lundi du Journal, des spécialistes de l’UL ont affirmé que le gouvernement Legault fait carrément fi de la science en promettant un troisième lien entre Québec et Lévis et en répétant «des faussetés» à ce sujet. D’après leurs recherches et leurs analyses, le mégaprojet ne pourra en aucun cas régler le problème de la congestion routière, puisque l’ajout de voies autoroutières ne fait que créer de la demande induite et augmenter le trafic.
Réactions en série
Mardi, les deux candidats qui mènent la course, selon les sondages, sont restés campés sur leurs positions respectives.
Marie-Josée Savard, cheffe d’Équipe Savard, a soutenu ne pas avoir pris connaissance de la lettre ouverte des experts. Elle croit néanmoins que tous les projets doivent être fondés sur la science.
Le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand, a affirmé que c’est au gouvernement du Québec de démontrer que son projet peut être vert. «Le gouvernement du Québec a un projet. À lui d'en faire la démonstration. Une démonstration scientifique, notamment sur la question environnementale», a-t-il réitéré.
Référendum
Pour Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec, «il faut qu’il y ait un débat sérieux sur le 3e lien tout comme on doit l’avoir sur le tramway. C’est pour ça que je mets de l’avant un référendum», a-t-il laissé tomber.
Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, a choisi mardi de ne pas répondre aux questions des journalistes. Durant la campagne électorale, il a toutefois affirmé à plusieurs reprises son soutien au 3e lien.
– Avec la collaboration de Stéphanie Martin et de Dominique Lelièvre
Avec la collaboration de Stéphanie Martin et de Dominique Lelièvre
Ce qu’ils ont dit
- «Il y a un espèce d’entêtement à ne pas vouloir voir clair de la part du gouvernement. Je ne suis pas sûr que c’est de la mauvaise foi. Je pense qu’ils ne mesurent pas l’énormité de leur bêtise», Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil région de l’environnement (CRE) – Capitale Nationale.
- «Dans ce dossier-là, on a toujours essayé de démontrer qu’il n’y avait aucune science derrière le projet de 3e lien. Ce projet-là n’a juste pas de sens. Il tient beaucoup plus du dogme et de l’électoralisme que de la science», Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.
- «L’évaluation environnementale d’un projet, ce n’est pas que l’émission de Gaz à effet de serre (GES). Ultimement, il y a la demande induite due à l’étalement urbain. Ça a été démontré scientifiquement», François Pepin, président de Trajectoire Québec.