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J.C. Tremblay: le célèbre frère méconnu

Marc de Foy et Raynald Tremblay au lancement du livre sur Jean-Claude Tremblay.
Marc de Foy et Raynald Tremblay au lancement du livre sur Jean-Claude Tremblay. Photo Ben Pelosse
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-09-25T15:26:45Z

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Raynald Tremblay est le portrait en peinture de son défunt frère Jean-Claude. La ressemblance est frappante. Même visage, même moustache, même accent du Saguenay. Et vous devriez lui voir la grosseur des mains.

«Elles m’ont servi contre les frères Hanson! lance-t-il d’une vive voix.

«Les trois! ajoute-t-il. Je me suis battu contre eux, l’un après l’autre. Je pense que j’avais coupé l’un d’eux à la lèvre avec mon bâton.

«C’est là que tout avait commencé.»

Au temps de Slap Shot

Raynald était fait fort et il l’est encore. Il le fallait bien pour jouer dans la Ligue nord-américaine dans les années 1970.

«C’était la ligue de Slap Shot», rappelle-t-il.

Tout comme son frère aîné, Raynald jouait à la position de défenseur et portait le numéro 3. Il n’était pas bagarreur comme son grand ami Alan Globensky, dont il a fait connaissance avec les Nordiques du Maine. Mais il devait se défendre certains soirs.

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DE L'HOMME
PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DE L'HOMME

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Après une carrière de cinq ans dans ce qu’il appelle les rangs semi-professionnels, il a vécu 38 ans à Portland, ville la plus peuplée du Maine qui est bien connue des Québécois. Il y était entrepreneur en peinture.

Fratrie de huit enfants

Raynald et sa sœur Line apprécient que le journaliste et auteur Mikaël Lalancette ait rédigé une biographie de leur célèbre frérot. Ils ne l’ont pas connu comme ils l’auraient aimé en raison de l’écart d’âge qui les séparait. Les deux étaient enfants lorsque Jean-Claude a commencé à voyager pour le hockey. Il était de 14 ans l’aîné de Raynald et de 16 ans celui de Line.

Quand on lui demande quel est le meilleur souvenir qu’elle conserve de «Jaycee», Line répond instinctivement: «Il n’a pas été apprécié à sa juste valeur!»

Le sujet revient toujours sur le tapis lorsqu’il est question de Tremblay. Ses plus fidèles admirateurs estiment qu’il devrait avoir une place au Panthéon du hockey. Le trophée Conn-Smythe décerné au joueur le plus utile à son équipe dans les séries lui est passé sous le nez à trois reprises.

«Mais, en 1966, l’année où il était en avant de tout le monde, un club de supporteurs de Montréal lui avait fait cadeau d’une Mustang», se console Raynald.

Construite par Ford en 1965, cette voiture avait vite gagné en popularité. On en voyait partout à l’époque yéyé.

Raynald et Line sont membres d’une fratrie de huit enfants, six garçons et deux filles. Dans leur jeunesse, ils prenaient place devant la télévision pour assister à la messe du samedi soir à la télévision. lls voyaient Jean-Claude jouer dans la grande ville et dans l’historique Forum de Montréal, faire une passe savante à Jean Béliveau ou déjouer Johnny Bower avec un lobe lancé du centre de la patinoire, que René Lecavalier surnommait «son lancer tire-bouchon» en raison des bonds capricieux que faisait la rondelle.

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«Quand il venait nous voir à la maison, il m’amenait des rondelles du Canadien et des vieux patins que les joueurs ne portaient plus», raconte Raynald.

«J’avais choisi ceux de John Ferguson.»

Toujours sur la palette

Présent au lancement du livre avant le match d’hier soir au Centre Bell, Serge Savard garde un bon souvenir de Tremblay, aux côtés duquel il a disputé ses cinq premières saisons avec le Canadien. Contrairement aux gens qui ont bien connu Tremblay, il ne l’a jamais vu comme un homme bourru.

«J’étais assis entre Jean-Claude et Jacques Laperrière dans le vestiaire à mes débuts avec le Canadien, indique-t-il.

«“Lappyne parlait pas. Quand il le faisait, ça durait 10 jours, puis il redevenait silencieux. Jean-Claude était tout un passeur!»

À ses débuts avec le Canadien, Guy Lafleur avait demandé à Tremblay pourquoi il ne lui refilait pas la rondelle.

«Mets son bâton sur la glace et tu la recevras», lui avait-il répondu du ton de quelqu’un qui n’acceptait pas la critique.

«Et la passe était toujours sur la palette», de dire Savard.

Espérons que la biographie de Tremblay contribuera à le faire connaître davantage à ceux qui ne l’ont pas vu jouer.

Car le gars était tout un joueur de hockey!

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