«J’ai vu des voitures exploser»: des Québécois à Puerto Vallarta horrifiés de voir le cartel brûler la ville
Plusieurs sont sous le choc parce que la ville a la réputation d’être sécuritaire

Olivier Faucher
Partager
Des Québécois en vacances à Puerto Vallarta vivent dans la peur et la stupéfaction depuis que le cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) a fait un violent coup d’éclat dans la ville touristique, samedi. Depuis, ils sont témoins de coups de feu et de multiples incendies qui mettent la ville à feu et à sang.
• À lire aussi : EN DIRECT | Routes bloquées, véhicules incendiés et vols annulés : la présidente du Mexique appelle au calme
• À lire aussi : Explosion de violence au Mexique : la station balnéaire de Puerto Vallarta devenue « une ville fantôme », témoignent des Québécois sur place
Aux premières loges d’un barrage de feu
Claude Guérin et Guy L’Italien ont vu une scène terrifiante se dérouler sous leurs yeux depuis le balcon de leur condo, dimanche matin. Des hommes en motocyclette ont mis le feu à plusieurs véhicules sur la route et dans une station-service à quelques dizaines de mètres d’eux.
« J’ai entendu un coup de feu et une femme qui hurlait. J’ai vu des voitures distancées les unes des autres exploser. Il y a eu quelques minutes de sidération en regardant ça », raconte M. Guérin.
Il croit que les hors-la-loi ont sévi à cet endroit parce qu’il s’agit de « l’entrée de la ville » de Puerto Vallarta.

Ne pouvant évacuer les lieux, le couple de Québécois a passé la journée dans l’angoisse, craignant l’explosion d’un camion-citerne tout près des incendies, tout en étant coincé dans un nuage de fumée noire.
« C’est très toxique en ce moment. L’air n’est pas respirable », a confié Claude Guérin.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Le sentiment de sécurité ébranlé
René Pichette était assis dans un café lorsqu’il a vu de la fumée noire et des employés lui dire de partir et rentrer chez lui.
« On a vu un véhicule incendié par un gars en motocyclette avec un cocktail Molotov », a-t-il raconté.
Le Montréalais n’a pas été rassuré par la réponse des autorités face à la situation, dénonçant l’absence d’un « plan d’urgence ».
« On n’a pas entendu les pompiers et les policiers pantoute. On a vu des citoyens arroser eux-mêmes les véhicules en feu », a-t-il témoigné.

M. Pichette se questionnait déjà hier sur la sécurité de la ville et sur la possibilité d’y revenir.
« Du jour au lendemain, que cette ville sécuritaire devienne comme ça avec de la violence, on pense ne pas revenir. »

Du jamais-vu en 28 ans
C’est le 28e hiver que Mario Ostiguy passe à Puerto Vallarta. « Je n’avais jamais vu ça », lance sans détour l’homme originaire de Granby, qui a vu d’imposantes colonnes de fumée depuis son appartement.

« C’est une ville propre et sécuritaire. De voir une chose comme ça, c’est un pensez-y-bien et ça fait peur à beaucoup de gens », a-t-il fait valoir.

Son impression selon laquelle le cartel se tiendrait loin des zones touristiques a été ébranlée.
« D’après moi, les autorités vont essayer de calmer les gens. La ville vit à 100 % du tourisme ici », soutient-il.
« On est dans l’inconnu »
Anne-Marie Picard s’est dite très inquiète lorsque jointe par Le Journal dimanche.
« Les rues sont bloquées, on n’a pas le droit de passer. J’ai vu des voyageurs avec leur valise passer par la plage pour ne pas passer par les rues », a-t-elle témoigné.

La courtière immobilière qui doit revenir le 1er mars de son voyage de deux mois angoisse particulièrement en pensant aux prochains jours.
« On est dans l’inconnu. On se cache dans notre condo. Qu’est-ce qu’ils vont faire, le cartel ? Est-ce qu’ils vont continuer toute la semaine ? » a-t-elle exprimé.