J'ai été profondément touchée par Senua’s Saga: Hellblade 2


Kazzie Charbonneau
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La suite de Hellblade: Senua’s Sacrifice est enfin sortie sur Xbox Series X/S* et PC et j’ai eu la chance de la tester sur console. Intitulé Senua’s Saga: Hellblade 2, le jeu raconte une histoire de courage et de guérison qui charmera les fans d’aventures narratives.
Dans ce deuxième opus de la saga de Senua, la protagoniste du même nom est toujours hantée par ses traumatismes et subit toujours des psychoses, que le joueur traversera avec elle à l’aide d’un design audio extraordinaire. Si vous ne le saviez pas, le jeu vous suggère fortement dès le début de porter un bon casque d’écoute pour vraiment vivre l’expérience de Senua.
Les événements se déroulent peu de temps après ceux du jeu précédent, mais cette fois-ci, Senua est en Islande du 10e siècle et veut se venger des Vikings qui détruisent son peuple avec des sacrifices d’esclaves. Toujours marquée par la mort de son partenaire Dillion, Senua traine avec elle un deuil et une rage qui semblent insurmontables.

Ça, c’est la prémisse du début. Mais, la mission de Senua va changer de façon assez monumentale lorsqu’elle va croiser un ennemi juré. Je ne vous en dirai pas trop, mais le message avec lequel j’ai terminé le jeu, c’est que la guérison ne se fait pas par la vengeance. C’est assez simple comme message, mais la façon dont celui-ci est démontré vous aidera à sincèrement y croire. Vous allez ressentir la croissance de Senua, son courage et sa raison d’être. C’est puissant comme sentiment, et le jeu le transmet avec virtuosité.
Comme j’ai mentionné plus tôt, Hellblade 2 a un design sonore époustouflant. Presque tout au long de l’aventure, Senua entend des voix, qui se promèneront d’une oreille à l’autre dans votre casque d’écoute. Contrairement au jeu précédent toutefois, les voix constantes issues des psychoses de Senua sont plus encourageantes. Certes, elles expriment des doutes et insultent parfois la protagoniste, mais c’est plutôt rare. Les voix vont souvent accompagner Senua, qui se sent plus à l’aise et en confiance avec celles-ci.
Senua est aussi beaucoup moins seule cette fois-ci; elle se fera des amis, qui ne verront pas ses psychoses comme des obstacles à surmonter. Les psychoses de Senua font partie d’elle, et ne font pas d’elle une guerrière moins courageuse ou moins déterminée. Elle est une personne à part entière, et elle le sent enfin, malgré la voix de son père qui revient souvent pour tenter d’injecter des doutes. Elle est forte, et elle est capable de voir la lumière. On vit cette croissance avec elle, et c’est franchement émouvant. On voit aussi comment cette croissance va modifier son approche à la guérison, et c’est maintenant que je vais vous l’avouer: j’ai versé quelques larmes.

Les voix dans la tête de Senua imposent une expérience de jeu assez atypique. Soyez avertis: ça désoriente, et ce n’est pas pour tous les joueurs. Ça a été angoissant pour moi par moment, puisque j’ai aussi mes propres enjeux de santé mentale et mon anxiété à surveiller. Mais je sors de ce jeu avec de belles leçons inspirantes, alors l’expérience a été, à mon avis, bénéfique. Mais pensez-y bien avant d’acheter le jeu, ou regardez un petit Let’s Play sur YouTube ou Twitch avant de l’essayer vous-même.
Il faut que je mentionne les graphismes absolument incroyables du jeu, qui a été conçu dans Unreal Engine 5. L’Islande est déjà belle, mais le ciel, la mer, les rayons de soleil, la pluie et le vent rendent le jeu époustouflant. J’ai dû me contrôler pour ne pas prendre trop de photos du jeu, car celui-ci peut probablement se terminer facilement en 8 heures et j’ai passé 15 heures au total. Oupsie.

En lisant les paragraphes précédents, vous en déduirez probablement que j’ai adoré mon test avec Senua’s Saga: Hellblade 2, et vous auriez raison. Pour moi, c’était une expérience inoubliable, remplie de moments de rédemption et d’optimisme, dans un monde gris cruel et sanglant. Mais, si ces sujets vous intéressent, il y a un autre aspect qui pourrait en refroidir plus d’un, et c’est le gameplay.
Du gameplay, il n’y en a pas beaucoup dans Senua’s Saga: Hellblade 2. Joué à la troisième personne dans un monde très linéaire, le jeu vous propose quelques puzzles et un peu de combats, mais pas beaucoup, et pas souvent. La plupart du temps, l’histoire se raconte dans des cinématiques, ou dans la tête de votre personnage lorsque vous la faites avancer. Il n’y a pas de Quick Time Events, vous avez deux attaques (light ou heavy), un bouton pour esquiver et l’autre pour parer. Il y a une attaque spéciale (chargée) avec le miroir de Senua, mais ça s’arrête là. C’est très limité, et c’est certain que ça n’intéressera pas tout le monde.

Les seuls moments où Senua peut légèrement dévier de son chemin principal, c’est pour trouver des «Hidden Faces» et «Lorestangir». Ça ajoute quelques couches de «lore», mais ce n’est pas nécessaire et c’est plus pour les fans de «collectibles». La plupart du temps, ces petites scènes peuvent être trouvées en marchant sur un sentier qui se trouve à côté du chemin principal. Et puisque Senua n’a pas d’inventaire, vous ne collectionnez pas vraiment des objets, mais plutôt des informations.
Il n’y a pas de carte, non plus. L’écran cinématique donne un sentiment d’immersion comme dans un film plutôt qu’un jeu vidéo avec un HUD détaillé. En temps normal, ça pourrait désorienter, surtout dans un contexte où on entend constamment des voix, mais puisque le jeu est si linéaire, vous n’allez jamais vous perdre. Sauf quand c’est dans le script de vous perdre.

Cette rigidité est là tout au long. Ça demeure un jeu d’action-aventure, mais on est très loin d’un monde ouvert à explorer et des éléments RPG.
J’ai l’air de vous déconseiller Senua’s Saga: Hellblade 2, mais ce n’est pas du tout le cas. Je veux juste que vous partiez avec l’information nécessaire pour faire un choix de l’acheter ou de passer votre tour. Moi, j’ai adoré chaque seconde du jeu, même si je reconnais ses défauts. J’aurais joué au troisième jeu dès aujourd’hui s’il existait. Mais vous devez savoir un peu à quoi vous attendre, ou être prêt à vivre un jeu plus rigide et cinématographique.
La bonne nouvelle, c’est que le jeu sort sur Xbox Game Pass dès son lancement le 21 mai. Vous pouvez donc l’essayer si vous êtes abonnés!
*Cette critique a été réalisée sur Xbox Series X avec un code de jeu offert par Microsoft Canada.