«IXE-13 et la course à l’uranium»: «C’est un projet où la tête, le cœur, l’actrice, la femme, tout était stimulé» – Julie Le Breton

Guillaume Picard
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Julie Le Breton campe une femme à la fois forte, faillible et traumatisée par la guerre dans la captivante série IXE-13 et la course à l’uranium de Club illico.
Animée par un profond désir de vengeance, Roxane Racicot est une experte du poignard. Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle a fait partie d’un commando chargé d’assassiner des généraux nazis dans la France occupée, à une époque où la participation des femmes était interdite pour de telles missions.
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Mais des femmes ont bel et bien intégré des commandos clandestins et les services secrets canadiens, un fait occulté dans les livres d’histoire et que l’auteur Gilles Desjardins (Les pays d’en haut, Mensonges) corrige dans sa fiction s’inspirant de l’esthétique des films noirs des années 1940.
Trahis par l’un de leurs acolytes, Roxane et sa bande formée de Jean Thibault, alias IXE-13 (Marc-André Grondin), Victor Laporte (Vincent Leclerc) et Marius Lamouche (Hugolin Chevrette) ont été capturés et torturés par la Gestapo.

Roxane a aussi été trahie par son mari, le chanteur de cabaret Roland Renaud (David Savard), alors elle porte beaucoup de choses dans sa besace, d’autant plus qu’elle est en choc post-traumatique et s’engourdit avec de la morphine. Heureusement, l’artiste de cabaret Denise Picard (Catherine Paquin-Béchard), qui bosse au Crystal Club opéré par l’espion Jean Thibault, l’aide à se sevrer.
Dans le Montréal de 1945, en plein Red Light, Roxane doit reprendre du service alors que les Russes cherchent de l’uranium enrichi dans la course à la bombe atomique, en même temps que des disciples d’Hitler bien de chez nous, lesquels sont commandés par le dangereux Rick Gallaher (Martin Dubreuil). L’ambition de ce dernier est de conquérir la planète, rien de moins. Ça donne droit à un beau chaos et à beaucoup de manœuvres de la part de la gang d’IXE-13, à un moment où la guerre froide prend son envol à Montréal.
«C’est un personnage rough and tough, qui a des failles, qui a des problèmes de consommation, qui est en choc post-traumatique, qui a essayé d’aimer et qui s’est fait briser le cœur, alors c’est sûr qu’elle est habitée par beaucoup de choses, donc pour moi c’était du bonbon de la jouer», a dit Julie Le Breton en entrevue avec l’Agence QMI.

La comédienne d’expérience ne pouvait pas dire non à une telle proposition. «Tout en dedans de moi disait: “allez, go, tu vas avoir du fun, tu vas grandir et tu as des choses à aller chercher là-dedans”. C’est un projet où la tête, le cœur, l’actrice, la femme, tout était stimulé.»
Roxane sera ébranlée d’ici la fin de la première saison. Ce jeudi, on ajoute d’ailleurs sur la plateforme les deux derniers épisodes, sur un total de huit.
«Elle devra remettre en cause la loyauté de proches ou se poser des questions sur ce qui s’est vraiment passé quand ils ont été torturés en France.»

«Plus on avance, plus ses bases viennent s’ébranler, mais inversement, elle reprend des forces au même moment. Elle arrête de consommer de la morphine, elle essaie d’avoir toute sa tête et d’être au service de Jean, qui est son meilleur ami. C’est comme un mouvement contraire qu’on devait intégrer au jeu», a précisé Julie Le Breton, qui ne cache pas son plaisir de «jouer des affaires dark».
Elle «se croise les doigts» pour que IXE-13 ait droit à un deuxième chapitre sur la plateforme de Vidéotron. En attendant, elle se repose avant d’enchaîner les projets, comme en 2023.
«J’en profite avant que le tsunami de travail frappe. Je fais de petits voyages, des chalets entre amis, des soupers, je vois des films. Je dirais bien que je fais du ski de fond, mais il n’y a pas de neige!»