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Israël vise l’ensemble de la population libanaise, selon un expert

Cheyenne Ogoyard

2024-10-13T02:43:27Z

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La stratégie d’Israël ne serait pas de viser seulement le Hezbollah, mais l’ensemble de la population libanaise, croit un expert. 

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« C’est une stratégie typique des gens qui ont le pouvoir, des colonisateurs et des forces de guerre, de diviser pour régner. Donc, quand ils font des frappes, quand Israël fait des frappes sur le Liban, il essaye de diviser les Libanais en leur disant “C’est à cause du Hezbollah et débarrassez-vous d’eux”. Mais les Libanais voient bien que c’est tout le monde qui est visé », a analysé Rachad Antonius, professeur de sociologie à l’UQAM, expert du Moyen-Orient.

D’après le ministère de la Santé, au moins 15 personnes ont été tuées samedi dans trois villages qui ne sont pas, selon le gouvernement libanais, des fiefs du Hezbollah.

« Évidemment que, pas seulement depuis les frappes sur le Liban, mais depuis les frappes sur Gaza il y a un an, le gouvernement israélien prétend qu’il combat le Hamas, mais en réalité, ce qu’il veut, c’est qu’il veut faire fuir les civils palestiniens. La guerre est contre les Palestiniens », a-t-il continué.

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Selon le professeur associé, il en est de même vis-à-vis du Hezbollah et de la population libanaise. « La guerre est contre, pas seulement le Hezbollah au Liban, mais aussi la population libanaise pour qu’elle vide complètement le Sud, pour d’abord rendre les frappes difficiles, mais pour évidemment permettre aux citoyens israéliens de revenir dans le Nord sans être inquiétés par ces frappes-là », a ajouté M. Antonius.

Pour arriver à ces buts, le gouvernement israélien n’hésiterait pas à tuer des civils, selon lui, ce qui correspondrait à la définition d’un crime de guerre.

« Quand on tue des civils qui ne sont pas des combattants, ça relève de crime de guerre. Le gouvernement s’en est même pris aux forces de la Finul, qui est la force des Nations unies, qui est là pour un peu surveiller les frontières, pour être des témoins de ce qui se passe. Eh bien, on ne veut pas qu’il y ait des témoins, donc on les vise », a-t-il martelé.

L’armée israélienne affirme que les tirs qui ont atteint des Casques bleus n’étaient pas intentionnels et qu’ils tiraient plutôt vers une « menace ». M. Antonius se range plutôt du côté de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

« Je ne sais pas pourquoi on continue à donner une crédibilité quelconque aux déclarations du gouvernement israélien ou de l’armée israélienne. Eux, ils ont un but, c’est de mêler les cartes et de justifier, de légitimer cette guerre qui est absolument injuste et qui fait beaucoup de torts aux civils, beaucoup plus qu’aux forces politiques », a-t-il affirmé.

Toutefois, s’il est important d’être critique de tout le monde, M. Antonius estime que les déclarations du Hamas et du Hezbollah sont plus proches de la réalité que celles du gouvernement israélien.

« Tous les groupes, toutes les forces politiques en temps de guerre essayent de présenter les choses de la façon qui leur convient. Il faut être critique par principe de tout le monde, mais ce qu’on voit, à la suite d’une attitude critique, c’est que les déclarations du Hamas et du Hezbollah sont plus proches de la réalité que celles du gouvernement israélien, pour le moment », croit le professeur.

Ce conflit a fait des victimes des deux côtés de la frontière, dans la bande de Gaza, en Israël, en Cisjordanie, au Liban, et pourrait en faire en Iran, puisque frappe en riposte de l’armée israélienne est toujours attendue.

Voyez les explications dans la vidéo ci-dessus

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