Une mère de famille de 34 ans perd 160 lb et carbure aux triathlons: «Je croise des gens et ils ne me reconnaissent pas»


Stéphane Cadorette
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Le plus intimidant défi de sa vie, Alexandra Lemieux ne le vivra pas ce week-end au Ironman 70,3 de Mont-Tremblant. Elle l’a plutôt affronté il y a un peu plus de cinq ans, lorsqu’elle faisait osciller la balance à 330 lb et qu’elle a décidé que sa vie allait changer du tout au tout.
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C’est donc dire que, lorsqu’elle prendra le départ de la compétition de 113 km (1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course), aussi appelée demi-Ironman, la dame de 34 ans et mère de deux enfants aura vécu bien pire.
Pire, comme la peur que son corps de l’époque prenne totalement le contrôle de sa vie. Ou pire, la peur, comme elle le raconte elle-même, de devenir la maman «qui retarde le groupe».
«J’ai commencé le processus de vouloir prendre soin de moi à mes 29 ans, juste avant la pandémie. Il n’y avait aucun objectif sportif, je voulais simplement reprendre le contrôle de mon corps. J’avais deux jeunes enfants de 2 et 4 ans et je me voyais dans un corps qui me donnait l’impression de ne pas être le mien du tout», a-t-elle lancé.
Un long combat

Le plus beau dans l’histoire, c’est qu’Alexandra Lemieux a entrepris sa transformation sans opération ou autre technique drastique. La jeune maman emportée par les aléas du quotidien a repris le contrôle de son corps et, du même coup, de son existence, une bouchée saine à la fois. Lentement, mais sûrement, sans jamais brusquer les étapes.
«Après plusieurs mois, j’allais marcher 30 minutes sans interruption, et c’était mon Everest. En 2021, j’ai fait une première course de 10 km. Jamais personne n’aurait pu croire que je réussisse ça un jour. Je me suis rendu compte que les bienfaits n’étaient pas seulement sur mon corps, mais dans ma tête», a ajouté celle qui combat son anxiété généralisée par le sport.
L’appel du triathlon
Plus jeune, Alexandra Lemieux aimait la nage. Elle ne se serait toutefois jamais imaginée sur la ligne de départ d’un triathlon, elle qui n’était pas attirée par la course et qui peinait à garder son équilibre sur un vélo.
Pourtant, en 2023, elle a pris part à un premier triathlon de distance olympique (51,5 km) à Duchesnay.
L’an dernier, elle a récidivé en participant au premier Challenge CAP Québec.
«Je croise des gens qui ne m’ont pas vue depuis quelques années et ils ne me reconnaissent pas. Quand un entraînement se passe moins bien, je m’assois et je me dis qu’il y a cinq ans, aller marcher 15 minutes, c’était un fardeau.
«C’est incroyable. Et le message que je lance, c’est qu’on n’a pas idée de ce que l’être humain est capable de faire par lui-même sans utiliser d’artifices ou quoi que ce soit. Certains ont une bonne génétique, mais ma force, c’est que j’ai une bonne tête de pioche!» a rigolé l’athlète de Cap-Saint-Ignace.
Ce qui réjouit Alexandra Lemieux plus que tout au monde, c’est qu’aujourd’hui, sa fille et son fils veulent «faire comme maman» et demandent de participer à des triathlons pour enfants.
Elle a de quoi se réjouir de l’exemple qu’elle est devenue aux yeux de ceux qui comptent le plus dans sa vie.
«C’est un mode de vie qui s’est incrusté en moi et en ma famille. Il ne faut jamais perdre de vue qui tu as été avant. Ce n’est pas facile tous les jours, et parfois, le verre est plus à moitié vide qu’à moitié plein. L’important, c’est qu’il reste toujours de l’eau dedans», a-t-elle résumé avec sagesse.