Iran, commerce, tech: ce qui préoccupe Pékin avant le sommet Xi-Trump

AFP
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Xi Jinping aborde en position de force sa rencontre jeudi avec un Donald Trump fragilisé par la guerre en Iran, mais les répercussions économiques du conflit, la situation intérieure en Chine et les différends commerciaux nuancent cet avantage.
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La domination du géant asiatique dans le secteur des terres rares, des métaux indispensables à l’industrie moderne, offre au président chinois une carte maîtresse pour arracher des concessions au milliardaire républicain, à Pékin du 13 au 15 mai.
« La Chine arrive à ce sommet avec de réels atouts. Mais aussi avec un réel sentiment d’urgence », affirme Han Lin, directeur Chine du cabinet de conseil américain The Asia Group.
Voici les principales préoccupations de Pékin :
- Guerre au Moyen-Orient -
Grâce à ses réserves de pétrole et à la diversification de ses approvisionnements, la Chine est relativement épargnée pour l’instant par la crise énergétique qui frappe l’Asie.
Mais les prix du gaz ont grimpé dans le pays en avril et les industriels s’inquiètent d’une hausse des coûts de production du plastique, fabriqué à partir de pétrole.
Et si les chiffres du commerce extérieur étaient meilleurs qu’attendu le mois dernier, cette embellie était surtout le fait de l’envolée du prix du pétrole (qui a gonflé la valeur des importations) et des puces électroniques (qui a augmenté celle des exportations et des importations), a écrit Julian Evans-Pritchard, expert à Capital Economics.
Surtout, la Chine souffrirait économiquement si la guerre au Moyen-Orient s’éternisait.
« Une hausse des prix du pétrole suffisante pour ralentir significativement la demande mondiale pèserait sur l’activité chinoise », a écrit la semaine dernière Leah Fahy, de Capital Economics.
Le partenariat entre Pékin et Téhéran constitue aussi une possible source de tensions.
Donald Trump pourrait pousser Xi Jinping à exiger de l’Iran des concessions face aux États-Unis. Mais se plier à cette exigence américaine et « user de cette influence risquerait d’entamer la confiance que la Chine a soigneusement construite » auprès de Téhéran, souligne Han Lin.
- Droits de douane -
La dernière rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump en octobre avait débouché sur une trêve commerciale, certes fragile, mais qui a permis de réduire drastiquement le niveau des droits de douane punitifs mutuels.
La Chine s’est tournée vers d’autres partenaires commerciaux afin d’atténuer les effets immédiats de la guerre commerciale.
Mais le gouvernement craint les conséquences à long terme du conflit commercial sur l’attractivité du pays en tant que base manufacturière.
Pékin a publié en avril de nouvelles réglementations visant à empêcher les entreprises de retirer la Chine de leurs chaînes d’approvisionnement. Une riposte à certains gouvernements occidentaux qui cherchent à réduire leur dépendance à ses usines.
- Restrictions sur les technologies -
Washington multiplie les mesures pour entraver le développement du secteur chinois des technologies, dans un contexte de rivalité des deux puissances dans l’intelligence artificielle (IA).
Les entreprises chinoises n’ont pas le droit d’acheter les puces IA les plus avancées de l’américain Nvidia, en raison d’une réglementation américaine prise au nom de la protection de la sécurité nationale.
Par conséquent, Pékin a dû accélérer le développement de ses propres semi-conducteurs.
Dans ce contexte, la Chine pourrait utiliser les terres rares afin d’obtenir de Donald Trump « un allègement des droits de douane ou un gel de certains contrôles à l’exportation », a écrit dans une note Ting Lu, économiste chez Nomura.
- Ralentissement économique -
Les discussions Xi-Trump se dérouleront dans un contexte de demande intérieure atone en Chine.
Le géant asiatique peine à redresser la barre économique depuis la pandémie de Covid-19. En cause notamment : une crise de la dette dans l’immobilier et une consommation plus faible qu’auparavant.
« La crise du secteur immobilier a réduit le patrimoine des ménages et le chômage des jeunes reste bloqué à un niveau élevé », souligne Han Lin, de The Asia Group.
Les hauts dirigeants chinois ont récemment reconnu que l’économie faisait face à « certaines difficultés et défis » et ont appelé à une plus grande autonomie nationale dans les technologies stratégiques et les chaînes industrielles.
« Ce n’est donc pas sans appréhension que Pékin aborde ces négociations », résume M. Lin à propos des discussions de cette semaine.