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Investir dans les jeunes, c’est investir dans le Québec

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Rudy Humbert, économiste et président-directeur général du Réseau des Carrefours jeunesse-emploi du Québec

2025-10-21T04:00:00Z

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Le rapport indépendant de KPMG le confirme: les carrefours jeunesse-emploi (CJE) sont parmi les investissements les plus rentables que le Québec puisse faire. Chaque dollar investi rapporte plusieurs fois sa valeur, pour les jeunes, pour l’État et pour notre économie.

Et au-delà des chiffres, une question fondamentale se pose: dans un monde en mutation rapide, voulons-nous bâtir une société qui mise sur ses jeunes ou une économie qui les laisse de côté?

Car le contexte est clair: hausse dramatique du chômage des jeunes, guerre commerciale mondiale, révolution de l’intelligence artificielle qui bouleverse l’emploi et rigueur budgétaire accrue où chaque dollar public doit prouver son efficacité. Or, les CJE démontrent que l’investissement social peut être à la fois humain et économiquement rentable.

Démonstrations de rentabilité sociale et économique

1. Soutenir la diplomation

Chaque année, environ 11 000 jeunes décrochent. Un accompagnement vers le diplôme change tout:

  • +270 000$ de rémunération par jeune sur sa vie active;
  • +150 000$ de recettes fiscales pour l’État.

À l’échelle d’une cohorte: 3 milliards pour les jeunes et 1,7 milliard pour les finances publiques.

2. Accéder à un emploi de qualité

Quelque 15 000 jeunes occupent un emploi à temps partiel involontaire. Les CJE les aident à obtenir un emploi stable:

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  • +126 800$ de revenus par jeune sur cinq ans;
  • +34 300$ de recettes fiscales additionnelles pour l’État.

Soit 1,9 milliard pour les jeunes et 0,5 milliard pour l’État.

3. Réinsérer les jeunes prestataires de l’aide sociale

Parmi les 56 330 jeunes bénéficiaires de l’aide sociale, réduire de moitié la durée moyenne des prestations entraîne:

  • +87 000$ de revenus par jeune;
  • +50 000$ pour l’État.

Au total: 4,9 milliards pour les jeunes et 2,8 milliards pour les finances publiques.

Ces trois cas démontrent un potentiel de plus de 14 milliards de dollars de richesse collective.

Le coût de l’inaction

Chaque jeune laissé à lui-même représente plus de 100 000$ en productivité et en recettes fiscales perdues. Chaque cohorte oubliée coûte des milliards au Québec. Pendant ce temps, les CJE offrent un rendement social et fiscal exceptionnel: pour chaque dollar public investi, la société québécoise en récupère plusieurs, en revenus, en inclusion et en stabilité.

Dans une époque de rigueur budgétaire, voici un modèle d’efficacité publique: un réseau qui crée de la richesse humaine et économique, tout en allégeant la pression sur les finances de l’État. C’est ce que devrait minimalement être l’État du XXIe siècle: un État qui investit intelligemment pour éviter de payer plus cher demain.

Investir dans les CJE, ce n’est pas subventionner des programmes. C’est choisir de donner une chance à chaque jeune, de soutenir la transition professionnelle à l’ère de l’IA et de bâtir un Québec plus fort, plus juste et plus confiant.

Ancrés dans toutes nos communautés, les CJE incarnent une approche moderne de l’action publique: proximité, pertinence, impact. Ils sont le cœur battant d’un projet collectif: une jeunesse outillée, un territoire dynamique, une société résiliente.

Le coût de l’inaction se mesure en milliards. Mais ce qu’on perd vraiment, c’est la confiance, le talent et la fierté d’une génération.

Le Québec peut-il se permettre de négliger sa jeunesse dans un monde qui change à cette vitesse? L’histoire nous jugera non pas sur ce que nous aurons économisé, mais sur ce que nous aurons choisi de construire.

Photo fournie par RCJEQ
Photo fournie par RCJEQ

Rudy Humbert

Économiste et président-directeur général

Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ)

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