Inspirés par Copenhague, les maires veulent un fonds national pour les logements sociaux

Karine Gagnon
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COPENHAGUE | Inspirés par le modèle de Copenhague, les maires de Québec et de Laval demandent au gouvernement du Québec d’étudier la possibilité de créer, grâce au Fonds des générations, un fonds national comme solution à la crise des logements sociaux. Une idée qui a du potentiel.
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Pour leur dernière journée au Danemark, Bruno Marchand et Stéphane Boyer sont ressortis gonflés à bloc d’une présentation de l’Agence KAB, qui gère le plus grand parc immobilier de logements sociaux au Danemark.
Les pays nordiques ne sont pas avant-gardistes qu’en matière de transport. Ils le sont aussi pour leurs solutions innovatrices en matière de logement social. Comme le Québec, le Danemark traverse une crise du logement, et ne prétend pas avoir trouvé toutes les solutions, loin de là.
Mais l’idée d’un fonds national qui contient 18,3 milliards de couronnes danoises (un peu plus de 3,6 milliards canadiens), et qui permet de rénover les logements là-bas, a grandement inspiré MM. Marchand et Boyer.
Solution pérenne
Au Québec, ça ne pourrait pas être la seule solution, mais ça pourrait être celle qui permettrait de «transformer une solution intérimaire et à court terme», analyse le maire de Québec. Ce pourrait effectivement être une bonne manière d’éviter d’attendre la crise pour réagir.
«Est-ce que c’est obligé d’être ça? C’est au gouvernement à en décider [...], a convenu M. Marchand. Mais un fonds permettrait à moyen et à long terme d’offrir aux municipalités l’occasion d’acheter des terrains, de monter des nouveaux bâtiments, de rénover des vieux bâtiments ou d’acheter des bâtiments existants pour les mettre en logements sociaux et abordables pour venir répondre à la crise qui est existante au Québec.»
Plus d’investissements
Le modèle danois, précisons-le, est complètement différent de celui du Québec, et les maires le reconnaissent. Un Danois sur cinq vit dans un logement social. Ces logements ne sont pas offerts qu’aux gens dans le besoin, qui ne représentent que 25% des habitants de ces logements, ont expliqué John Olson, grand patron de KAB, et le consultant spécial Peter Pervez Abbas.
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Puis, le gouvernement investit énormément dans les logements sociaux comparativement au Québec. Dans le cas de Copenhague, on y construit chaque année 2000 nouveaux logements dans le grand Copenhague, qui compte 1,5 million d’habitants. Le fonds, quant à lui, est financé par les locataires.
Au Québec, où le gouvernement investit très peu en la matière, la crise est partout, avec une augmentation des coûts en prime. Les besoins sont criants, et une pénurie de logements sociaux s’annonce. Le gouvernement ne peut plus faire la sourde oreille, ce qu’il a pourtant fait avec son dernier budget.
À Québec, le maire demandait les fonds pour construire au moins 2500 unités sur cinq ans, «un minimum», a-t-il insisté. À Laval, l’ambition est de construire 1000 logements sociaux en trois ans.
Le gouvernement a plutôt annoncé, pour l’ensemble du Québec, 5500 logements sociaux, dont seulement 1500 nouveaux.
Fonds des générations
Il reste à voir comment on pourrait financer ce fonds national, si le gouvernement accepte de l’étudier. Les maires Marchand et Boyer proposent d’analyser la possibilité d’utiliser les intérêts du Fonds des générations, qui permettraient d’aller chercher 4 milliards pour les trois prochaines années.
Les maires estiment qu’il pourrait être acceptable de procéder ainsi notamment parce que l’accès au logement et à la propriété représente un enjeu pour les jeunes. Pour le maire de Laval, «on ne peut pas abdiquer sur les prochaines générations et dire à nos enfants de laisser tomber ce rêve-là d’avoir un logement décent».
M. Boyer fait aussi remarquer que la CAQ ne veut pas augmenter les impôts, et que cette solution s’inscrit en ligne droite avec cette philosophie du gouvernement. Il s’agit effectivement d’une piste à explorer.
L’idée de piger dans ce fonds a par ailleurs été très critiquée lorsque le gouvernement s’en est servi pour réaliser sa promesse de baisser les impôts des Québécois. Mais pour une cause aussi noble que celle des logements sociaux, cela paraît beaucoup plus acceptable.
Le gouvernement n’a pas l’habitude d’écouter les idées qui viennent des élus d’autres paliers ou des autres partis. Il aurait l’occasion de faire preuve de bonne foi en démontrant une ouverture.