Tous les résultats
Publicité

Influence politique inouïe: faut-il l’appeler «président Musk»?

Photo AFP

AFP

2024-12-19T17:21:02Z

Partager

Faut-il l’appeler «président Musk» comme le font déjà certains adversaires de Donald Trump? La bataille du moment autour du budget américain confirme en tout cas l’influence politique inouïe du multimilliardaire sur la présidence Trump, avant même qu’elle ne débute.

• À lire aussi: Veto de Trump et de Musk: les États-Unis proches de la paralysie budgétaire

• À lire aussi: Trump se prononce contre un accord au Congrès devant éviter une paralysie budgétaire

Mercredi 18 décembre. Il est un peu plus de 4 h heures du matin quand l’hyperactif patron de Tesla et de SpaceX assassine, dans le réseau social X dont il est propriétaire, un accord budgétaire tout juste conclu par le Congrès afin d’éviter une paralysie imminente des services de l’État fédéral, communément nommée «shutdown».

AFP
AFP

«Cette loi ne doit pas passer», écrit le multimilliardaire de 53 ans. Il lance une avalanche de messages contre ce texte pourtant soutenu par des élus républicains, rappelant furieusement la manière dont Donald Trump utilisait la plateforme du temps où elle portait encore le nom de Twitter, pendant son premier mandat.

Publicité

Elon Musk, chargé par Donald Trump d’une mission extragouvernementale de dérégulation et de réduction des dépenses publiques, se déchaîne contre un texte «criminel» et «fou», qu’il faut «tuer».

Flatterie

Certains députés républicains se mettent très vite dans sa roue, n’hésitant pas à le flatter ouvertement: «Cela fait cinq ans que j’attends un changement profond de dynamique. Nous y voilà», écrit par exemple l’élu de Caroline du Nord Dan Bishop dans X, en commentaire d’une publication de l’homme le plus riche du monde.

D’autres parlementaires de la droite dure, plus tard, iront jusqu’à demander qu’il soit élu à la tête de la Chambre des représentants.

Il a fallu attendre mercredi après-midi pour que Donald Trump s’exprime à ce sujet, via un communiqué.

AFP
AFP

Le républicain de 78 ans dénonce un projet de loi «ridicule et extraordinairement onéreux» et exige que le Congrès reparte de zéro. Voilà la première puissance mondiale menacée d’un «shutdown» à Noël.

«La voix du peuple a été entendue. C’était un bon jour pour l’Amérique», s’est réjoui Elon Musk, que ses détracteurs présentent comme une personnalité instable et mégalomane. Il a ensuite partagé le message d’un compte X essentiellement consacré à chanter ses louanges, le montrant photographié sur fond de drapeau américain, et avec ce commentaire: «Vox populi. Vox dei [La voix du peuple, la voix de Dieu]».

Publicité

Le camp démocrate s’est empressé de dépeindre un Donald Trump sous influence.

«Dingue»

Le sénateur Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, parle dans X du «président Musk». «Les républicains suivent ses ordres. C’est dingue», commente l’élu démocrate Don Beyer. «Au moins, on sait qui est aux commandes», ironise un autre parlementaire démocrate, Jim McGovern.

Le stratège David Axelrod pointe, pour sa part, des contradictions dans les revendications d’Elon Musk et de Donald Trump. «Il faut qu’ils se voient et décident qui est président», persifle-t-il, à CNN.

L’ascension politique fulgurante du multimilliardaire, originaire d’Afrique du Sud et naturalisé américain, défie toutes les comparaisons historiques.

Jamais encore l’on n’avait vu aux États-Unis un entrepreneur prendre aussi vite et aussi ouvertement une telle envergure, sans jamais avoir occupé de mandat électoral.

Elon Musk a été omniprésent pendant la campagne, il est incontournable pendant la période de transition. Il semble avoir posé ses valises à Mar-a-Lago, la résidence de Floride où Donald Trump prépare son arrivée au pouvoir le 20 janvier.

Musk et Bezos

Selon la presse, Elon Musk a par exemple participé mercredi soir à un dîner du futur président avec le patron d’Amazon, Jeff Bezos, qui est l’un de ses rivaux dans le domaine spatial.

Elon Musk n’a pas été fait ministre, au sens juridique du terme, mais sa mission de réforme de l’État fédéral fait dire à ses adversaires qu’il pourrait mettre ce poste au service de ses intérêts industriels. Le multimilliardaire s’appuie en effet sur des contrats publics, pour son entreprise spatiale SpaceX notamment.

«Elon Musk a dépensé beaucoup moins d’argent pour acheter le gouvernement des États-Unis que pour acheter Twitter», assène dans le réseau social Bluesky l’activiste George Conway, l’un des rares représentants du camp conservateur ouvertement hostiles à Donald Trump.

Le controversé milliardaire est devenu le plus grand donateur politique de l’histoire américaine récente avec plus de 270 millions de dollars versés au bénéfice des républicains avant les élections de novembre.

Il avait acquis Twitter en 2022 pour 44 milliards de dollars.

Publicité
Publicité