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«Indéfendable» et «Les Armes»: Un retour au jeu au Québec pour l’actrice Amber Goldfarb

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-02-26T11:00:00Z

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Voyageant entre les projets francophones et anglophones à travers le Canada depuis des années, Amber Goldfarb a interprété de multiples rôles marquants. De retour sur nos écrans québécois, nous avons pu la voir dans Indéfendable ainsi que Les Armes.

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Amber, parle-moi de ton apparition dans Les Armes comme directrice de la CIA.

J’ai eu beaucoup de plaisir à interpréter ce genre de rôle. On a tourné dans un avion privé et il faisait très beau. C’était une belle expérience. Je n’ai fait qu’une brève apparition et, pour le moment, je n’ai pas de plans de revenir, mais j’aimerais bien.

Tu as également joué une avocate dans Indéfendable. Comment était cette expérience ?

C’était la première fois que j’avais la chance d’interpréter une avocate et j’avais toujours voulu le faire. J’ai été vraiment impressionnée par l’écriture, l’efficacité sur le plateau et le respect entre les équipes. J’ai travaillé avec un ami dont la mère est juge pour bien porter le texte, avoir la bonne prononciation et comprendre le sens de ce que je disais. L’autrice, Izabel Chevrier, était sur le plateau pour nous guider et nous expliquer s’il y avait quelque chose qui fonctionnait moins bien.

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Ce rôle marquait pour toi un retour sur un plateau québécois depuis Les moments parfaits. Quelle a été ta réaction ?

J’aime tellement tourner ici. Je trouve qu’il y a vraiment un esprit de collaboration et moins de hiérarchie que sur les projets américains. Je me sens chez moi à Montréal. J’ai ma famille et le fait de tourner là où nous habitons me permet d’avoir un bel équilibre avec ma vie familiale, d’être là pour les dodos, les soupers, etc. C’est très important pour moi. Le fait de pouvoir être présente pour ma famille tout en faisant des projets stimulants, j’en suis vraiment reconnaissante.

Comment conjugues-tu tes déplacements pour le travail et ta vie familiale ?

J’étais à six mois post-partum de mon premier enfant quand je jouais dans Law & Order Toronto : Criminal Intent. J’allaitais toujours et parfois, ma famille n’était pas présente pendant les tournages. Je me souviens d’un moment où je n’avais pas tiré assez de lait pour mon bébé et j’ai dû l’envoyer par la poste avec de la glace sèche ! J’ai toujours eu des plateaux conciliants avec ma situation. J’étais même enceinte pendant la deuxième saison des Moments parfaits et on s’est toujours arrangés pour que ça fonctionne. Je n’ai jamais senti que j’étais un fardeau pour eux.

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Comment va la vie familiale à quatre ?

J’ai mes deux garçons qui me comblent. La parentalité est remplie de petits défis et ça demande beaucoup de patience, mais c’est toujours suivi de moments d’amour et de tendresse. Mon bébé de quinze mois peut me donner une tape au visage et un gros bisou dans la même minute ! Ça résume assez bien mon quotidien. (rires) Je me trouve extrêmement chanceuse.

As-tu toujours voulu être maman ?

J’ai eu une phase où je n’étais vraiment pas certaine. Je pense que j’avais peur que ma carrière soit affectée par le fait d’avoir des enfants, mais j’ai commencé à voir plein de comédiennes autour de moi qui avaient de belles carrières et une famille, et ça m’a montré que c’était faisable. Mon conjoint et moi voulions nous marier avant de fonder une famille, mais la pandémie a reporté notre projet trois fois, ce qui a décalé le projet de parentalité du même coup. Je crois maintenant que la famille est complète. J’ai peut-être un petit doute pour un troisième, mais je ne suis pas sûre, c’est encore trop tôt pour le dire.

Parle-moi de ton mari, Jess. Votre rencontre est digne d’un film !

Nous sommes ensemble depuis 9 ans, mais nous nous sommes rencontrés pour la première fois il y a 15 ans. Il travaillait dans une banque à l’époque et je l’avais rencontré pour une marge de crédit. La banque ne pouvait rien faire pour moi, mais il m’avait donné sa carte au cas où les choses changeraient. Dès que je l’ai vu, je savais que c’était lui ! J’en ai parlé à ma colocataire de l’époque et il s’est avéré qu’elle le connaissait ! J’ai appris qu’il était en couple et il m’a refusée. Sept ans plus tard, je suis chez le dentiste. Il me dit qu’il est bon pour matcher des gens ensemble et... qui me propose-t-il ? Jess ! Je l’ai retrouvé sur Facebook et je lui ai dit que je ne pourrais pas accepter un non pour une deuxième fois. Il est un excellent papa et ça me touche de le voir porter cette tendresse pour ses enfants. Ça lui fait plaisir d’être présent et il est essentiel à notre équilibre familial.

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Tu as joué dans une série américaine, Sex/Life, où il y avait beaucoup de nudité. Est-ce que ton rapport à ton corps a changé avec la maternité ?

Lorsque je terminais la deuxième saison de cette série, j’étais enceinte, mais c’était trop tôt pour le dire. Je me souviens d’avoir joué une scène très vulnérable et ça ajoutait vraiment à ce que je ressentais à ce moment de ma vie : être là, devant l’équipe, nue et enceinte, sans pouvoir en parler à personne. Ce sont de très beaux projets, mais très confrontants. Je suis heureuse de l’avoir fait avant d’avoir mes enfants puisque je n’ai plus le même corps. J’aime voir une diversité à l’écran, c’est important, mais c’est très vulnérabilisant et je ne pense pas que je le referais présentement. Quand on a des enfants, on réfléchit davantage. J’ai fait beaucoup de projets avec du sexe et de la violence. J’aimerais aussi faire des projets que je pourrais leur montrer et qu’ils puissent comprendre mon travail.

Tu as des origines argentines et irlandaises. À quoi ressemblent ces influences dans ta vie ?

Mon père était d’origine irlandaise, mais sa famille est au Québec depuis trois générations. Ma mère vient de l’Argentine, mais sa mère venait d’Espagne et son père de l’Europe de l’Est. Tous les deux ont voulu être comédiens à un moment dans leur vie. Maintenant, ma mère travaille pour un organisme communautaire venant en aide aux femmes en situation d’itinérance. Mon père est malheureusement décédé, mais il a exercé plusieurs métiers. Ils se sont séparés quand j’avais six ans, mais ils avaient une bonne relation. Mon père venait toujours aux grands soupers de famille. J’ai une sœur et un demi-frère.

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Est-ce que c’est important pour toi de transmettre tes origines à tes enfants ?

Mon conjoint est séfarade, c’est-à-dire qu’il est marocain juif. On veut transmettre cette partie de notre héritage à nos enfants. On est déjà chanceux de vivre dans une culture tellement variée en habitant dans une ville multiculturelle, mais en ce moment, le taux d’antisémitisme est très élevé, donc j’ai aussi peur pour le futur de mes enfants. Je veux leur transmettre ces origines si riches, mais en même temps je veux les protéger. Il y a beaucoup de noirceur dans le monde en ce moment. Moi, je veux simplement partager l’amour et l’unité entre les gens.

Tu es aussi beaucoup dans l’univers des jeux vidéo...

C’est un domaine très populaire et toujours en expansion, donc c’est formidable pour moi. J’ai commencé à y travailler il y a plus de 10 ans. J’ai tellement de plaisir à le faire puisque je peux jouer toutes sortes de personnages et je ne me sens pas limitée. Je ne fais pas seulement les voix, mais aussi la capture de mouvements. C’est comme un mariage entre le cinéma et le théâtre. J’enseigne et je donne aussi des ateliers dans le milieu. J’espère que le domaine restera en plein essor malgré le développement rapide de l’intelligence artificielle.

Ton premier film, Wushu Warrior, a été tourné en Chine. Quelle a été cette expérience ?

J’ai eu énormément de chance d’avoir un premier projet comme celui-ci, qui m’a amenée à l’étranger. La culture est très différente et j’ai compris que je tenais beaucoup de choses pour acquises. J’avais 19 ans et je n’avais jamais voyagé aussi loin. Ça m’a ouvert l’esprit et j’ai beaucoup apprécié la culture et la nourriture, même si c’était très exigeant. Ils travaillent énormément, parfois jusqu’à 16 heures par jour. Nous avons dû mettre certaines limites. C’est grâce à ce projet que j’ai percé en français, puisque le réalisateur était Alain DesRochers et, à notre retour, il m’a proposé un rôle dans Musée Éden. Je lui en suis très reconnaissante.

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