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Incursion dans le laboratoire de développement du CH

Bryce Pickford, durant le camp des recrues du Canadien, en septembre 2025, à Brossard.
Bryce Pickford, durant le camp des recrues du Canadien, en septembre 2025, à Brossard. Photo JOËL LEMAY / Agence QMI
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-11-20T16:30:00Z

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Comment le CH prépare-t-il les espoirs qu’il vient de repêcher pour la Ligue nationale de hockey? À travers une discussion avec Bryce Pickford, choix de troisième tour (81e au total) en 2025, on a eu droit à une petite incursion dans le laboratoire de développement de l’organisation.

Dans la LNH extraparitaire d’aujourd’hui, il n’est plus suffisant de repêcher le bon joueur. Il faut aussi bien le développer.

C’est sur le plan du développement que le nouvel état-major du CH a probablement opéré le changement le plus important depuis la fin du règne de Marc Bergevin.

L’organisation ne sollicitait même pas les services d’un entraîneur d’habiletés et elle a embauché une sommité en la matière en Adam Nicholas. Scott Pellerin et Marie-Philip Poulin ont ensuite gonflé les rangs du département.

Quand un espoir est repêché par le CH, Nicholas lui conçoit un plan personnalisé, axé sur les forces qu’il doit impérativement mettre en valeur, mais aussi sur des aspects très techniques à améliorer.

Le travail commence dès le camp de perfectionnement, qui a traditionnellement lieu quelques jours à peine après le repêchage, début juillet, à Brossard.

Aucun hasard

Voici à quoi ressemble le plan, dans le cas de Pickord, défenseur droitier qui marque une tonne de buts dans la WHL.

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«Ils voulaient que je sois meilleur dans mon territoire. Ils voient mes habiletés offensives, explique Pickford, qui revendique 11 buts et 10 aides pour 21 points en 19 matchs cette saison avec les Tigers de Medicine Hat. Ils veulent que mes aptitudes défensives soient supérieures.»

Rien n’est laissé au hasard: il faut montrer à l’espoir concerné de quelle façon il peut apporter le correctif.

Pour Pickford, l’amélioration du jeu défensif est intimement liée à la mécanique du coup de patin.

«On a travaillé sur mes poussées arrière, mentionne le jeune homme. L’objectif, c’est de faire la transition vers le patinage à reculons sans croiser mes pieds.

«Ils ne veulent pas que je croise mes pieds, parce que ça me rend plus vulnérable contre l’attaquant adverse à un contre un.»

L’entraîneur de Pickford à Medicine Hat, Willie Desjardins, trouve d’ailleurs son défenseur nettement plus fluide que l’an dernier.

«C’est sa rapidité sur patins qui pouvait le mettre dans le trouble, souligne l’ancien entraîneur-chef des Canucks et des Kings. Je dois lui donner du crédit: il est bien plus rapide aujourd’hui. Je ne vois plus son jeu défensif comme un problème. Il affronte souvent les meilleurs joueurs de l’autre club.»

«Je me sens plus vite», corrobore le principal intéressé.

Séparer les hommes des enfants

Pickford a été ignoré lors de sa première année d’admissibilité au repêchage. Sa fulgurante progression, depuis, l’a mis sous le radar. C’est en continuant de peaufiner les outils dans son coffre, justement, qu’un espoir finit par faire mentir les experts.

Pour un choix de troisième tour comme lui, le travail ne fait que commencer. Même l’une de ses plus grandes qualités, son tir, peut être améliorée.

Des défenseurs qui ont rempli le filet dans le junior, on en trouve aux quatre coins du Canada. Contre les schémas défensifs et les gardiens de la LNH, votre arme de prédilection peut rapidement devenir inoffensive.

«Il devra continuer à travailler sur son lancer, note Desjardins. Son tir est lourd, bien sûr. Par contre, il est régulièrement bloqué en ce moment. Il faut trouver les couloirs, particulièrement quand les joueurs commencent à te surveiller étroitement.

«Il devra s’ajuster, mais il a du temps. Je suis certain qu’il y arrivera.»

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